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Violences sexuelles faites aux enfants: nouvelles missions et nouvelle direction pour la Ciivise

Le gouvernement a annoncé ce lundi 11 décembre que la Ciivise, commission notamment chargée de lutter contre l'inceste, poursuivrait son travail avec de nouvelles missions (dont mineurs victimes de prostitution ou de pédocriminalité en ligne), avec un nouveau binôme à sa tête, actant le départ du juge Edouard Durand.

"Après trois ans de travail (...), il est essentiel de maintenir l'élan créé contre les violences sexuelles subies par les enfants", a commenté la secrétaire d'État à l'Enfance Charlotte Caubel, dans une déclaration.

La Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) sera désormais présidée par l'ex-rugbyman et responsable associatif Sébastien Boueilh.

"Je m'engage à assurer une continuité et à entrer dans une phase opérationnelle", a-t-il indiqué.

Il mènera cette mission aux côtés d'une vice-présidente, l'experte judiciaire Caroline Rey-Salmon.

160.000 enfants chaque année

Les associations plaidaient en faveur du maintien du juge pour enfants Edouard Durand, apprécié notamment pour son indépendance et son franc-parler. Son aura médiatique et la mise en cause répétée des dysfonctionnements du traitement judiciaire des violences sexuelles agaçaient, selon des observateurs. Interrogé par l'AFP, il dit regretter la décision du gouvernement de mettre fin à sa mission.

Il avait pris la tête de la commission, aux côtés de la responsable associative Nathalie Mathieu, lors de sa création en mars 2021, dans le sillage de l'onde de choc provoquée par le livre "la Familia Grande", de Camille Kouchner, dans lequel l'autrice accuse son beau-père, le politologue Olivier Duhamel, de viols sur son frère jumeau.

En l'espace de deux ans, la commission a recueilli près de 30.000 témoignages et rendu au gouvernement un rapport de 82 recommandations pour lutter contre ce "crime de masse" qui touche, selon elle, 160.000 enfants chaque année.

L'enjeu reste "de lutter contre l'invisibilisation de la parole des victimes", selon le juge Durand.

Nouvelle feuille de route

Pendant un temps, l'exécutif a entretenu le flou sur le devenir de cette commission, à la grande inquiétude des associations qui souhaitaient qu'elle continue. Il avait finalement promis mi-novembre de la maintenir avec une nouvelle feuille de route.

A présent, la Ciivise se penchera également sur la prise en charge des mineurs victimes de prostitution ou de pédocriminalité en ligne, la prise en charge des auteurs de violences sexuelles sur mineurs et la formation des professionnels au contact des enfants "aux gestes les plus protecteurs", détaille un communiqué du gouvernement.

Pour Anne Clerc, déléguée générale de l'association Face à l'inceste, "on ne peut que saluer le maintien" de la commission. Toutefois, "il faut voir ce qui sera accompli, nous serons attentifs à la mise en oeuvre des préconisations". Elle estime qu'il faudrait également mettre en place une "évaluation des politiques publiques" en matière de lutte contre les violences faites aux enfants.

Pour l'heure, l'exécutif a mis en oeuvre une des préconisations de la Ciivise, la première grande campagne de sensibilisation sur l'inceste lancée mi-septembre. D'autres sont en cours.

Article original publié sur BFMTV.com