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Vie de freelance ou vie salariée, laquelle est la plus belle ?

VIE DE BUREAU - Je suis une artiste, et j’ai fait des études scientifiques. J’avais des bonnes notes à l’école. J’ai suivi un parcours traditionnel, fait une grande école, et armée d’un diplôme d’ingénieur, j’ai commencé à travailler en entreprise à l’âge de 22 ans, en service achats.

Je croyais que ma vie était déjà toute tracée. C’est un peu triste de croire ça à 22 ans, et heureusement, la vie m’a prouvé que rien n’était écrit. Parfois, à coups de pied aux fesses. J’ai démissionné, j’ai vécu à l’étranger, j’ai dû rebondir professionnellement, je me suis adaptée, j’ai été licenciée, j’ai déprimé, je me suis reconvertie. Et c’est la voie artistique que j’aimais depuis toujours que j’ai empruntée enfin. J’ai eu mes premiers clients. J’ai publié un album graphique qui a été sur les étagères des librairies. J’ai créé un blog qui a été lu des dizaines de milliers de fois. Au début on me disait « qu’est-ce que tu fous ? » Et puis après on m’a dit « c’est génial ce que tu fais »

Sur le papier, être freelance, c’est la belle vie. Ça ne donne pas envie de retourner au salariat. Et c’est facile d’opposer les deux situations, avec plein de « pour » d’un côté, plein de « contre » de l’autre.

Mais en réalité, comme la vie n’a encore pas cessé de me l’apprendre, rien n’est jamais tout rose.

Voici quelques situations dans lesquelles le salariat et le freelancing se sont révélés différents, et dans certains cas, je n’ai pas encore réussi à déterminer quel système était le meilleur !

Les réunions

Bon, soyons franche, une des choses que ne regrette VRAIMENT pas de mon temps en entreprise, ce sont les réunions à rallonge ! Et leurs indissociables Power Points, remplis de listes à puces et de dessins génériques avec des bonhommes blancs à têtes rondes et des flèches dans tous les sens… Depuis que je suis à mon compte, plus de Power Point,  mais parfois, il faut bien avouer que j’aimerais bien pouvoir m’asseoir avec une personne compétente pour m’aider à répondre à mes questions existentielles. Car à l’évidence, je ne suis pas toujours cette personne…

Les horaires de travail

Je ne vous refais pas la blague de la personne qui quitte le bureau à 18 heures et à qui on fait la blague : « tu as pris ton après-midi ? ». En France, partir tard est une tradition, le présentéisme toujours latent, même si les temps changent. En freelance, on apprend à gérer soi-même son emploi du temps. Grisant ? Oui, quand on n’a pas de comptes à rendre (je fais la sieste quand je veux, et ça peut être productif car je déchire après). Non, quand on doit toujours soi-même se motiver (personne pour me botter les fesses si je suis encore en pyjama à 11 heures du matin et que je suis en retard dans mon boulot).

La hiérarchie

La hiérarchie et les collègues, c’est un peu quitte ou double. Soit ça se passe bien, et c’est hyper enrichissant, soit ça se passe mal et c’est l’enfer sur terre. En freelance, on n’a plus ce problème. On n’a plus de collègues… et ils nous manquent, désespérément. Alors on construit des communautés, on va en coworking, on se recrée des microcosmes,  pour se dire que c’est un peu comme dans une entreprise, mais sans boss et sans horaires…

Les congés

Avec l’avènement d’internet, la porosité entre la vie perso et la vie pro s’est accentuée. On embarque son ordi portable chez soi, on a une messagerie professionnelle accessible depuis sont téléphone. Difficile parfois pour un salarié de partir totalement en vacances. Mais en même temps, on a cinq semaines de congé par an - du luxe, en comparaison avec d’autres pays. Quand on est à son compte, on peut décider quoi faire de son temps,  mais ce n’est pas facile de s’autoriser à ne pas travailler quand il y a toujours quelque  chose à développer ou quand la trésorerie ne se remplit pas autant qu’il faudrait.

Le salaire 

Il y a plein de raison de travailler : faire marcher son cerveau, développer des collaborations, avoir une reconnaissance et une place dans la société… Et bien sûr, la raison qui semble la plus évidente même si elle n’est pas forcément la plus importante : gagner sa vie ! Le bon côté du salariat, c’est une certaine - même si pas éternelle - sécurité financière. En bref, un salaire à la fin du mois qui qu’il arrive. En freelance, c’est une autre affaire. On peut avoir de bonnes périodes, mieux gagner sa vie qu’en tant que salarié, et même avoir des perspectives de croissance plus grande. On peut difficilement tripler son salaire en entreprise, par contre, on peut le faire quand on est à son compte. Mais on peut aussi avoir de mauvaises périodes avec très peu de revenus, et cette précarité n’est pas toujours facile à gérer.

En fin de compte…

Je ne sais toujours pas ce que la vie me réserve, mais ce qui est sûr, c’est que ma carrière professionnelle promet d’être encore longue - de plus en plus longue, vu la réforme qui se prépare ! Je reviendrai peut-être un jour au salariat. Mais cette fois, ce sera en connaissance de cause.

Le bilan aujourd’hui, c’est qu’il n’y a pas de situation parfaite, et que, faire quelque chose que l’on aime, quelle que soit la forme sous laquelle on le met en œuvre, c’est presque un bonheur qui se paie avec de la persévérance et du travail sur le long terme. Les questions qu’on se pose tant sur la durée d’une carrière ne cachent-elles pas aussi les interrogations sur le sens de notre travail et ses modalités au sein des entreprises ? Il est peut-être temps de changer notre rapport au travail !

Le travail de Caroline Gaujour est à retrouver sur son site.

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