Ukraine : dix « salles de torture » découvertes après le départ des Russes à Kharkiv

BALAKLIIA, KHARKIV OBLAST, SEPTEMBER 15: An abandoned Russian military tank is seen after Russian Forces withdrew from Balakliia as Russia-Ukraine war continues on September 15, 2022 in Balakliia, Kharkiv Oblast, Russia. (Photo by Metin Aktas/Anadolu Agency via Getty Images)
Anadolu Agency / Anadolu Agency via Getty Images BALAKLIIA, KHARKIV OBLAST, SEPTEMBER 15: An abandoned Russian military tank is seen after Russian Forces withdrew from Balakliia as Russia-Ukraine war continues on September 15, 2022 in Balakliia, Kharkiv Oblast, Russia. (Photo by Metin Aktas/Anadolu Agency via Getty Images)

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(Photo prise à Balakliia, près de Kharkiv, un tank de l’armée russe abandonné)

UKRAINE - L’horreur, à nouveau. Le chef de la police ukrainienne, Igor Klymenko, a annoncé la découverte de dix « salles de torture » dans des localités reprises aux Russes dans la région de Kharkiv, y compris deux d’entre elles dans la ville de Balakliïa, ce vendredi 16 septembre.

Par ailleurs, des journalistes de l’AFP présents ce vendredi à Izioum, ville récemment reprise aux forces russes, ont vu des centaines de tombes dans une forêt avoisinante, où ont été enterrés les corps de civils et militaires morts pendant les combats et l’occupation.

Selon les autorités locales, 443 tombes ont été découvertes au total sur ce site avec notamment une fosse contenant les corps de 17 soldats ukrainiens. Deux hommes en tenues blanches y creusaient vendredi le fond dans le sol sablonneux, près d’une croix avec l’inscription : « armée ukrainienne, 17 personnes. Izioum, de la morgue ».

Selon Oleg Kotenko, responsable gouvernemental pour la recherche des personnes disparues, ces tombes ont été creusées pendant les combats lors de la prise de la ville par les forces russes en mars et durant l’occupation russe, qui a pris fin la semaine passée. Certaines tombes pourraient renfermer plusieurs corps.

Beaucoup de personnes « mortes de faim »

« Les tombes qui ne portent pas de noms sont celles de gens (trouvés) dans la rue », a précisé Oleg Kotenko, selon lequel « il y a beaucoup de personnes qui sont mortes de faim ». « Cette partie de la ville était isolée, sans ravitaillement. Les gens étaient bloqués, rien ne marchait ».

« Il y a aussi d’autres cimetières dans la ville mais nous n’y sommes pas allés. Donc on ne sait pas quelle est la situation » dans son ensemble, a-t-il ajouté.

Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a immédiatement indiqué vouloir envoyer « sous peu » une équipe à Izioum pour « déterminer les circonstances de la mort de ces personnes ».

« Terreur, violence, torture et meurtres de masse »

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’était rendu à Izioum mercredi pour sa première visite dans cette région frontalière de la Russie dans le nord-est du pays depuis le départ des forces russes, chassées à la faveur d’une contre-offensive lancée début septembre sur plusieurs fronts.

Le conseiller de la présidence Mykhaïlo Podoliak a assuré vendredi sur Twitter que ces tombes ne sont « qu’un seul des sites d’enterrements massifs découverts près d’Izioum », où « pendant des mois, la terreur, la violence, la torture et les meurtres de masse ont régné en maître ».

L’AFP s’était déjà rendue à Izioum, ville de quelque 50.000 habitants avant la guerre, peu après le départ des forces russes dans la nuit de samedi à dimanche. Les destructions y étaient importantes avec des maisons et bâtiments administratifs dévastés par les combats et des carcasses de blindés jonchant les routes.

Volodymyr Zelensky a comparé jeudi la découverte à celle faite à Boutcha, ville de la périphérie de Kiev, où les cadavres de civils froidement exécutés avaient été découverts après le départ fin mars des forces russes. Moscou a nié avoir commis ces exactions.

Sur le front vendredi, 12 personnes ont été blessées dans des bombardements russes « massifs » dans des zones récemment reprises aux Russes dans la région de Kharkiv, et quatre personnes supplémentaires dans la ville même de Kharkiv, selon les autorités régionales.

« Combats de positions »

Dans celle de Dnipropetrovsk, dans le centre-est du pays, une personne a été blessée dans des bombardements qui ont visé les villes de Nikopol et de Kryvyï Rig, la cité natale de M. Zelensky où les forces russes ont endommagé dans une frappe des infrastructures hydrauliques mercredi, provoquant une crue de la rivière Ingoulets et des inondations.

Dans l’Est, des « combats de positions » se déroulaient dans la région de Lougansk, tandis que dans celle de Donetsk, des bombardements russes, notamment sur Bakhmout, ont fait cinq morts et six blessés, selon la présidence ukrainienne.

Sur le front sud, où les forces ukrainiennes rencontrent plus de résistance qu’à Kharkiv, la « situation demeure difficile » mais les forces ukrainiennes continuent de bombarder les ponts utilisés par les forces de Moscou, selon la même source.

Après l’invasion déclenchée le 24 février, les Occidentaux ont pris une série de sanctions à l’encontre de la Russie tout en fournissant des armes à Kiev, un soutien crucial, pour lequel Washington a validé jeudi un nouveau volet de jusqu’à 600 millions de dollars.

En visite à Kiev, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a elle promis jeudi que l’UE sera aux côtés de l’Ukraine « aussi longtemps qu’il le faudra », plaidant ensuite à la télévision en faveur d’une comparution du président russe Vladimir Poutine devant la justice internationale.

Ce dernier a rencontré jeudi le président chinois Xi Jinping en Ouzbékistan, en marge d’un sommet régional où il a salué vendredi les « nouveaux centres de pouvoir » en train d’émerger dans le monde face à l’Occident.

À voir également sur Le HuffPost : Volodymyr Zelensky appelle les patrons français à reconstruire l’Ukraine

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