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UEFA: secoué par des tensions internes, Aleksander Ceferin fragilisé?

Jeudi matin, le départ de Zvonimir Boban de l’UEFA a créé une petite secousse. Ce proche d’Aleksander Ceferin n’a pas digéré une manœuvre du président de l’UEFA. Ce dernier souhaite faire voter un amendement lors du prochain congrès à Paris pour lui permettre de briguer un nouveau mandat, lors du congrès de l’instance en 2027. En clair, Ceferin pourrait rester président de l’UEFA jusqu’en 2031, au lieu de 2027. La proposition supprime aussi l'âge limite de 70 ans pour être élu ou réélu au Comex de l'UEFA, une des idées mise en avant par Ceferin en 2017 qui voulait rompre avec un "système vieux et corrompu".

Ceferin cristallise les tensions

Dans l’entourage du président de l’UEFA on laisse entendre qu’avec ce départ, Zvonimir Boban joue sa carte personnelle. Notamment dans l'optique des prochaines éléctions. Des membres de l’UEFA ont poussé pour que le directeur du football ne démissionne pas. Dans son communiqué, l’ancien joueur de l’AC Milan a avancé des raisons morales. "Être complice de cela ce serait aller contre tous les principes et les valeurs que j'ai toujours défendus", explique-t-il. Des mots forts qui ne passent pas chez certains proches de l'avocat slovène. D’autres membres de l’UEFA sont plus nuancés sur ce départ. Ils estiment "que ça montre un problème plus profond de démocratie" au sein de l’instance depuis plusieurs mois.

Face à la Super League, l’UEFA doit rester forte. Pourtant depuis quelques semaines les tensions sont nombreuses au sein de l’instance et fragilisent le président Ceferin. Certains salariés parlent d’un président "totalement déconnecté" des petites mains. "Il a été élu sur un programme d’action contre des anciennes méthodes et finalement on revient au point de départ", complète un familier du siège de Nyon qui met en avant que Ceferin "pense beaucoup" à son avenir. Un dirigeant d’un club anglais met en avant le manque de "consultation". Cette idée complète la relation entre certains cadres de l’instance et Ceferin décrite comme "froide" ou "coupée".

Des idées cristallisent aussi des tensions comme le système suisse de la prochaine Ligue des Champions ou encore certaines modalités du fair-play financier. Touché, secoué mais loin d’être coulé. Aleksander Ceferin possède encore de nombreux soutiens en Europe, notamment des fédérations puissantes. Il garde aussi, pour le moment, le soutien de l’ECA, puissant syndicat des clubs européens présidé par Nasser Al-Khelaifi. Depuis 2016, le Slovène n’a jamais été remis en question et a toujours trouvé les bons soutiens, au bon moment. Côté FIFA, avec qui les relations sont fraîches ou glaciales, cette situation de doute n'inquiète pas.

Le congrès du 8 février à Paris est forcément très attendu. En particulier par plusieurs membres de l’UEFA. Selon nos informations, plusieurs fédérations réfléchissent actuellement à leur stratégie à adopter lors de ce congrès parisien, qui au début devait être une simple formalité pour le président Ceferin. Et qui finalement pourrait être plus difficile à vivre, à quelques mois de l’Euro 2024 en Allemagne. Comme expliqué sur notre site, la validation d’un changement de statut doit être votée par une majorité des deux tiers des membres de l'instance. Sur les 55 membres, la fronde n’est, pour le moment, pas assez forte pour connaître un véritable revirement en février. Mais le score sera bien évidement scruté par les responsables de l’instance européenne et pourrait se transformer en référendum "pour" ou "contre" Ceferin.

Article original publié sur RMC Sport