Trump, Biden, Pence... Pourquoi retrouve-t-on tant de documents classifiés ?

(FILES) In this file photo taken on November 19, 2020 then-US Vice President Mike Pence speaks during a White House Coronavirus Task Force press briefing in the James S. Brady Briefing Room of the White House. - A lawyer for Mike Pence discovered documents marked as classified at the former US vice president's home last week and turned them over to the FBI, a top lawmaker said on January 24, 2023. Pence
BRENDAN SMIALOWSKI / AFP (FILES) In this file photo taken on November 19, 2020 then-US Vice President Mike Pence speaks during a White House Coronavirus Task Force press briefing in the James S. Brady Briefing Room of the White House. - A lawyer for Mike Pence discovered documents marked as classified at the former US vice president's home last week and turned them over to the FBI, a top lawmaker said on January 24, 2023. Pence "reached out today about classified documents found at his home in Indiana," Republican House oversight committee chairman James Comer said in a statement, adding that the potential 2024 presidential hopeful had agreed to "fully cooperate" with any congressional investigation. (Photo by Brendan Smialowski / AFP)
Donald Trump et Mike Pence au Kennedy Space Center, de Cape Canaveral le 30 mai 2020  (AP Photo/Alex Brandon)
via Associated Press Donald Trump et Mike Pence au Kennedy Space Center, de Cape Canaveral le 30 mai 2020 (AP Photo/Alex Brandon)

ETATS-UNIS - N’y aurait-il pas un problème au sein des Archives nationales américaines ? Mardi 24 janvier, un élu du Congrès a révélé que des documents classifiés avaient été découverts au domicile de l’ancien vice-président Républicain Mike Pence, dans l’Indiana. Une affaire qui fait tâche et interroge sur la sécurité au sommet de l’État, alors que les présidents Joe Biden et Donald Trump sont eux-mêmes sous le coup d’une enquête pour avoir conservé des documents classifiés lors de leurs précédents mandats.

Mi-janvier, le ministre américain de la Justice, Merrick Garland, a diligenté un procureur spécial pour enquêter sur la présence de plusieurs lots de documents classifiés datant de la présidence Obama au domicile et dans un institut du président Biden. Du pain béni pour les Républicains, qui étaient jusque-là embarrassés par l’ouverture d’une enquête similaire à l’encontre de l’ancien président Trump, qui avait formellement refusé de rendre des cartons entiers d’archives à l’issue de son mandat, en 2020.

À la différence de Donald Trump, qui avait vu sa résidence de Mar-a-Lago en Floride perquisitionnée par le FBI en août 2020, Mike Pence a choisi comme Joe Biden de jouer la carte de la coopération avec la justice en confiant les documents en sa possession. La multiplication de ces découvertes pose toutefois question sur la circulation des informations sensibles mais aussi leur sécurité. .

Aux États-Unis, une loi de 1978 oblige les présidents et vice-présidents américains à transmettre l’ensemble de leurs e-mails, lettres et documents de travail aux Archives nationales. Une autre loi, sur l’espionnage, interdit de conserver des documents classés confidentiels dans des lieux non autorisés et non sécurisés.

« Des trous dans la raquette »

Des « législations strictes », qui n’apparaissent pourtant « pas suffisamment contrôlées et laissent des trous dans la raquette », selon la politologue spécialiste des États-Unis Nicole Bacharan, jointe par Le HuffPost. « Tout doit être conservé, même un e-mail ou un post-it. Mais visiblement il y a de la pagaille et des documents qui restent là où ils ne devraient pas être », estime l’auteure de La plus grande de toute (Éditions Stock).

Ces erreurs sont abondamment moquées à la télévision américaine. « Est-ce que tout le monde se voit remettre une boîte d’archives lorsqu’il quitte la Maison Blanche ? Du style, “Merci d’être venu, voici des secrets d’États ?” », a ironisé mardi soir le célèbre présentateur James Corden lors de son Late Late Show.

Visiblement embarrassés, certains élus Républicains ont tenté de désamorcer la situation. « Peut-être qu’on surclassifie certaines choses ? Cela pourrait faire partie du problème », a estimé le sénateur républicain Lindsey Graham sur Fox News. Des propos « un peu confus », selon Nicole Bacharan, qui rappelle qu’il « faut séparer les archives des documents classifiés ».

« Les simples archives sont d’abord étudiées, rangées, puis rendues accessibles aux chercheurs à partir d’un certain délai choisi par l’administration. Les documents classifiés, eux, sont marqués du sceau du secret et séparés en trois degrés : confidentiel, secret et top secret », explique la politologue. « Cela ne veut toutefois pas dire que Mike Pence ou Joe Biden ont mis en danger la sécurité nationale », nuance-t-elle, en rappelant que la coopération des deux personnalités politique avec la justice laisse penser que les documents « ont plutôt été oubliés dans un placard ».

« Les Archives devraient être davantage présentes »

Nicole Bacharan rappelle également que Joe Biden, alors vice-président de Barack Obama, mais aussi Mike Pence, ont quitté leurs administrations respectives dans la précipitation. « Le premier face à la pagaille provoquée par la victoire surprise de Donald Trump à la présidentielle, le second face au chaos provoqué par son refus de reconnaître sa défaite en 2020. »

Des circonstances atténuantes, qui n’excusent pas tout. « Les Archives nationales devraient être davantage présentes lors du changement d’administration et inspecter chaque carton, qui plus est lorsque le nouveau président n’est pas du même bord politique », juge Nicole Bacharan. La « période de transition » prévue à cet effet « ne devrait pas se faire dans la précipitation », considère la spécialiste de la politique américaine.

Mike Pence fera-t-il lui aussi l’objet d’une enquête menée par un procureur spécial ? « Le niveau de classification des documents en sa possession − qui est encore inconnu − et l’avis des Archives nationales, puis du ministre de la Justice sera déterminant », selon la politologue. Le fait qu’il n’occupe pas de mandat, pourrait toutefois « jouer en sa faveur ».

Si l’affaire fait figure de porte d’échappatoire pour Joe Biden, l’ancien vice-président Républicain, qui ambitionne de se présenter à la présidentielle de 2024, se serait en tout cas bien passé de cette polémique. Lui qui, face au très populaire sénateur Ron de Santis et à l’ex-président Donald Trump, est déjà bien loin de faire figure de favori.

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