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Troupes, menace nucléaire, "sursaut"... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Emmanuel Macron sur l'Ukraine

Propos controversés, crainte d'une escalade, menace de Vladimir Poutine... Emmanuel Macron était attendu ce jeudi 14 mars lors de son entretien télévisé aux JT de TF1 et France 2.

Au cours de ces 30 minutes d'interview - qui sonnent comme le début d'une campagne du camp présidentiel aux européennes axée sur le conflit en Ukraine - le chef de l'État a justifié ses récentes prises de parole et le besoin d'envoi d'aide à l'armée de Volodymyr Zelensky.

• Un "objectif": la Russie ne doit pas gagner

Dès le début de l'interview, Emmanuel Macron a assumé ses propos sur l'éventuel envoi de troupes occidentales en Ukraine, même si "on n'est pas dans cette situation aujourd'hui".

"Nous avons un objectif: la Russie ne peut pas et ne doit pas gagner cette guerre", a-t-il assuré.

Il a ajouté: "Si nous décidons d’être faibles face à quelqu’un qui n’a pas de limites, nous décidons la défaite" dans cette guerre qui "est sur le sol européen" et qui est "existentielle pour notre Europe et pour la France".

Toutefois, "jamais nous ne mènerons d'offensive, jamais nous ne prendrons l'initiative".

• Le régime du Kremlin s'est "profondément durci"

Le président de la République a justifié le maintien de l'aide en Ukraine par un "durcissement" du régime de Vladimir Poutine, en pleine élection présidentielle cette semaine.

"Le régime du Kremlin s'est profondément durci ces derniers mois", s'est inquiété Emmanuel Macron.

Selon lui, Moscou - qui est "un adversaire" - "multiplie les attaques", notamment les cyberattaques. Il a également mentionné la récente mort en prison de l'opposant politique Alexeï Navalny et assuré que le Kremlin "décidait de tuer les opposants politiques".

• La sécurité des Français "se joue" en Ukraine

Alors que 61% des Français jugent que Vladimir Poutine est une menace réelle pour la sécurité de la France, d'après un sondage de l'institut Elabe pour BFMTV, Emmanuel Macron a assuré qu'une victoire russe en Ukraine "changerait" la vie des Français.

"Si la Russie venait à gagner, la vie des Français changerait. Nous n’aurions plus de sécurité en Europe. Qui peut penser que Poutine s'arrêterait là? La sécurité de l'Europe se joue là-bas", a-t-il averti.

Il a poursuivi: "Si la Russie gagne cette guerre, la crédibilité de l'Europe sera réduite à zéro."

• Face à la menace nucléaire, "nous sommes prêts"

Alors que le président russe mentionne régulièrement la menace nucléaire face aux Occidentaux, Emmanuel Macron s'est montré serein. Selon lui, les Français sont "protégés" par la force nucléaire.

"Nous sommes prêts, a-t-il rassuré. Nous avons une doctrine qui est établie. Le nucléaire n’est pas un instrument de déstabilisation."

Vladimir Poutine suit une "dérive répressive et autoritaire qui a fait le choix d’être une puissance de déstabilisation".

• Un "sursaut" en 2024?

Face au "durcissement" du régime de Vladimir Poutine, Emmanuel Macron espère que "ce début d'année 2024" soit "pour nous celui du sursaut".

C'est pourquoi il se rendra dans les prochaines semaines en Ukraine. Ce voyage, qui a été repoussé plusieurs fois, a pour "utilité de mettre en œuvre un sursaut". Le chef de l'État l'abordera une nouvelle fois ce vendredi lors d'un déplacement à Berlin, en Allemagne.

• L'industrie, pas "adaptée" à la guerre

Interrogé sur la "modeste" production journalière d'obus en France, Emmanuel Macron a reconnu que "nous n'avons pas une industrie de défense adaptée à une guerre de haute intensité territoriale qui n'est dans aucun de nos pronostics".

Selon lui, actuellement sur le front, "quand la Russie tire 10 obus, on lui répond avec un".

Alors que le besoin d'aide est constant en Ukraine, le président de la République "n'exclut pas" des emprunts européens pour continuer à aide l'armée de Volodymyr Zelensky.

• Un "désaccord profond" avec LFI et le RN

Mardi, l’Assemblée nationale a voté en faveur de l’accord de sécurité bilatérale signé quelques semaines auparavant par Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky, à l’exception du Rassemblement national qui s’est abstenu et la France insoumise qui a voté contre.

Même s’il est "respectueux du pluralisme politique", le président a exprimé son "désaccord profond" avec les deux partis.

"Choisir de s’abstenir ou voter contre ce n’est pas choisir la paix mais choisir la défaite", a-t-il affirmé. "Ils font le choix de l'abandon de souveraineté parce qu'ils font le choix dès maintenant de dire: Nous, nous avons des limites."

• Pour une trêve à Gaza et la libération des otages

Même si le thème de l'interview était le soutien de la France en Ukraine, la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza a été évoquée.

Le président a rappelé la "condamnation implacable" de la France aux attaques du Hamas du 7 octobre 2023 en Israël tout en rappelant à Israël sa "responsabilité" de "respecter le droit humanitaire et le droit international" à Gaza.

Comme déclaré précédemment, le chef de l'État a insisté sur l'appel de Paris à une trêve "dès le mois d'octobre" et demandé "une réponse politique aux droits des Palestiniens à avoir un État".

Concernant les trois otages français disparus ou encore détenus dans le territoire palestinien pilonné par l'armée israélienne, Emmanuel Macron a indiqué que "les discussions sont en cours", sans donner plus de détails.

Article original publié sur BFMTV.com