Comment trois expats se sont mis à fabriquer de la bière au Nigeria

Photo David Iloba/Pexels/CC

Un Anglais, un Irlandais et un Écossais entrent dans un bar. L’histoire pourrait commencer comme une blague, note The Times, à Londres. Pourtant, Andrew Seward, 36 ans, James Turley, 35 ans, et Kevin Conroy, 37 ans, sont les très sérieux fondateurs et propriétaires d’une marque de bière qu’ils ont lancée en 2017 au Nigeria. Un vrai pari pour ces expatriés, dans un pays réputé pour sa corruption et sa lourdeur administrative et où les grandes marques de bière se disputaient déjà les parts du marché. Leur marque s’appelle “Bature Brewery” – le mot haoussa bature signifie “personne blanche”, précise le quotidien britannique –, tandis qu’une de leurs bières a été baptisée “Black Gold” (“Or noir”), en référence au pétrole dont le Nigeria tire des revenus considérables, et une autre “Nepa” pour “Naija [Nigeria] Electric Pale Ale”, un clin d’œil à l’ancienne et très décriée compagnie d’électricité Nepa (National Electric Power Authority).

“Il existe des solutions à tous les problèmes”, explique Conroy au Times. Par exemple, “l’agrandissement de leur brasserie en plein air, à Lagos, a dû être reporté cette année car une tonne de meubles est restée coincée dans le port de la ville pendant des mois”. Les trois associés ont également dû transporter clandestinement des sacs de malt de 25 kilos dans leurs valises avant de trouver une astuce pour pouvoir les faire livrer par Amazon. Quant à la corruption, il n’y a qu’une solution : payer, beaucoup et souvent. Le fait d’avoir embauché un directeur nigérian – “un prince yoruba”, précise The Times –, ouvre également des portes.

Aujourd’hui, les trois Britanniques emploient 50 salariés, presque tous nigérians, et ils sont sur le point de lever des fonds, avec une valorisation de leur entreprise à près de 10 millions de dollars. “Leur objectif ultime est de s’étendre dans les pays voisins et de prendre 1 % du marché de la bière, évalué à 6,5 milliards de dollars au Nigeria. Un marché en plein essor et qui, comme dans le reste de l’Afrique, a augmenté d’environ 10 % chaque année en deux décennies”, s’enthousiasme The Times.

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