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Taxe sur le GNR, loi Egalim... Ce qu'il faut retenir des annonces de Gabriel Attal pour les agriculteurs

Le Premier ministre était ce vendredi en Haute-Garonne pour faire des annonces afin de répondre à la colère des agriculteurs.

Confronté à sa première crise depuis sa nomination, Gabriel Attal s'est déplacé ce vendredi 26 janvier en Haute-Garonne, dans une exploitation bovine conventionnelle de la petite commune de Montastruc-de-Salies, où il a échangé avec une quarantaine d'agriculteurs pour répondre à leur colère. Le Premier ministre a également échangé avec plusieurs syndicats toute la semaine, avant de faire plusieurs annonces en réponse à leurs revendications.

"Vous avez voulu envoyer un message. Je suis venu vous dire que le message, on l'a reçu cinq sur cinq, que je vous ai entendus", a-t-il affirmé devant les agriculteurs, ajoutant avoir "décidé de mettre agriculture au-dessus de tout".

• "Préférer acheter français"

Le Premier ministre a défendu une vision avec un "cap clair", celui de "notre indépendance agricole et de notre souveraineté, afin de "dépendre moins des autres et plus de nous-même" pour notre alimentation. "Deux mots d'ordre: d'abord protéger notre héritage et notre identité" et "dire à tous les Français qui le peuvent de préférer acheter français". Attal a donc demandé à "tous les responsables de la commande publique de se joindre à cet effort", les cantines de l'Etat notamment.

Le Premier ministre souhaite avoir "un rapport précis sur l'état de notre souveraineté alimentaire" d'ici le salon de l'Agriculture, fin février.

"Je ne comprends pas celles et ceux qui opposent la défense de nos agriculteurs et la défense de l'environnement", a-t-il également déclaré. Les "premières victimes de la dégradation de notre environnement" sont les agriculteurs, a-t-il souligné, citant par exemple les conséquences du gel.

• "Un mois de la simplification"

Pour garantir la "liberté d'entreprendre", le Premier ministre a défendu une "simplification drastique des procédures" et des "normes lorsqu'elles ne font pas sens". "On va lancer ces trois prochaines semaines (...) un mois de la simplification", a-t-il déclaré.

Les préfets vont réunir les représentants de la profession "pour voir ce qu'on peut simplifier". En attendant, Gabriel Attal a annoncé 10 mesures de simplification immédiate, par décret.

Sur les projets de retenue d'eau, le Premier ministre a promis d'"accélérer les procédures quand il y a des recours": "on va supprimer un échelon de juridiction". Il a aussi annoncé la création d'une "présomption d'urgence pour que le juge se prononce en moins de 10 mois sur les recours".

Concernant les contrôles menés par les agents de l'Office français de la Biodiversité (OFB), le Premier ministre a annoncé que l'établissement public sera placé sous la tutelle du préfet. Il souhaite diminuer la "pression" engendrée par les contrôles: "faut-il vraiment venir armer lorsqu'on vient contrôler une haie?", a-t-il demandé. Le chef du gouvernement veut aussi mettre en place "le contrôle unique pour les exploitants": pas plus d'un passage pour un contrôle administratif sur une exploitation dans l'année.

• Sanctions et fin de la "trajectoire de hausse sur le GNR"

Concernant les lois Egalim, qui visent à protéger le revenus des agriculteurs dans le cadre des négociations avec les industriels et les supermarchés, il a promis de les "faire respecter partout": renforcer les contrôles, mettre une "pression maximale" dans les négociations commerciales et prononciation de "trois sanctions très lourdes" contre des entreprises qui ne respectent pas la loi sont les pistes évoquées pour ce faire.

Le ministre a également constaté que la réforme de la taxe sur le gazole non routier (GNR) ne "passe pas". Parmi les multiples revendications des agriculteurs, qui manifestent et bloquent des routes depuis une semaine, la fin de l'avantage fiscal sur le GNR est centrale. Le gouvernement a en effet acté dans le dernier budget une hausse de taxe d'un peu moins de 3 centimes par an jusqu'en 2030. "On va arrêter avec cette trajectoire de hausse sur le GNR", a promis le Premier ministre. Il a également promis une "remise à la pompe" de l'exonération: "d'ici à l'été, quand vous serez livré de votre carburant, la déduction sera faite immédiatement"

Des aides d'urgence versées plus rapidement

Gabriel Attal a également promis que le versement des aides d'urgence sera effectué plus rapidement. L'aide pour les éleveurs touchés par la maladie hémorragique épizootique (MHE) pourra être versée "à partir de février". Il a évoqué un "budget de 50 millions d'euros" et annoncé une "augmentation du taux d'indemnisation à 90%" pour les éleveurs touchés par cette maladie qui affaiblit les vaches, apparue en septembre dans les élevages du sud-ouest. Le gouvernement avait fixé la semaine dernière à 80% l'indemnisation de la valeur des vaches mortes et des frais vétérinaires.

Attal a annoncé un doublement du fonds d'urgence pour les agriculteurs en Bretagne, très touchés par la tempête Ciaran fin 2023 et une aide d'urgence de 50 millions d'euros pour la filière bio. Les cultivateurs et éleveurs de ce secteur ont vu leurs revenus s'effriter ces deux dernières années avec le déclin de la demande de ces produits. Le gouvernement s'était déjà engagé en 2023 à verser 94 millions d'euros à ce secteur en difficultés.

Gabriel Attal a aussi assuré que la France "s'oppose" à la signature de l'accord commercial entre l'UE et le Mercosur.

Ces annonces interviennent alors que les agriculteurs font monter la pression sur l'exécutif: l'accès à Paris était perturbé vendredi, et des autoroutes toujours bloquées. Des opérations escargot sont organisées partout, en Bretagne, en Aquitaine, en Rhône-Alpes. A Narbonne, un bâtiment de la Mutualité sociale agricole (MSA), évacué par précaution jeudi, a été incendié vendredi en marge d'une manifestation d'agriculteurs.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Crise agricole : Gabriel Attal annonce "dix mesures de simplification immédiates"