La Suisse veut faciliter l’abattage des loups, à la “surprise totale” de leurs défenseurs

Photo Arnd Wiegmann/REUTERS

“Le loup pourra-t-il être tiré encore plus facilement en Suisse ? s’interroge Le Temps. C’est en tout cas le souhait du Conseil fédéral [l’organe exécutif de la Confédération helvétique].” À la “surprise totale” des associations de protection de la nature, ce dernier vient d’ouvrir une procédure de consultation pour réviser l’ordonnance suisse sur la chasse, qui encadre notamment le tir du loup.

D’après le quotidien suisse, l’objectif est clair : “Baisser la pression que fait peser le prédateur sur l’économie alpestre [dès 2023].”

Revenu en Suisse en 1995 depuis la région italienne des Abruzzes, l’animal est de plus en plus présent dans le petit État alpin. Le journal de Genève précise :

“À l’heure actuelle, notre pays compte au moins 180 individus et 20 meutes, selon les chiffres de la Confédération.”

Et la cohabitation avec l’homme et ses activités “n’est pas au beau fixe” – particulièrement du côté des éleveurs, inquiets pour leurs troupeaux.

Des critères plus souples

Face à cette situation “hautement émotionnelle”, le gouvernement suisse “a estimé qu’il fallait agir plus rapidement [que le Parlement, qui planche déjà sur le sujet]”. Pour “apaiser la situation dans les zones concernées”, il propose d’autoriser l’abattage par les cantons, sans l’assentiment de l’Office fédéral de l’environnement, des animaux de meute constituant “un grave danger pour l’homme”. Et notamment de ceux qui “s’approchent régulièrement de zones habitées de leur propre initiative”.

Si le projet est adopté, les loups isolés ayant gravement blessé ou tué au moins huit animaux de rente pourront quant à eux être abattus, “y compris sur le territoire d’une meute”. Même les jeunes loups seront concernés par la mesure, “pour autant que la population de loups soit assurée dans la région”.

Saluée par l’Association romande pour la régulation des grands prédateurs, la proposition du Conseil fédéral est en revanche critiquée par d’autres ONG, comme le World Wildlife Fund (WWF), qui considère que “la législation actuelle permet déjà de tirer ces prédateurs et, dès lors, de résoudre les cas conflictuels de cohabitation”. Dans les pages du Temps, Marie-Thérèse Sangra, secrétaire régionale de la section valaisanne de l’association de protection de l’environnement, ajoute :

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