En stoppant Nord Stream 1, la Russie veut “infliger un maximum de dégâts” à l’Europe

LISI NIESNER / REUTERS

“Contrairement à ce qui avait été annoncé, aucun gaz ne transitera par le gazoduc Nord Stream 1 à partir de ce samedi [3 septembre]”, écrit la Süddeutsche Zeitung dans son direct. Comme de nombreux médias européens, le quotidien allemand suit de près le bras de fer opposant la Russie et l’Europe en matière d’énergie, dans le cadre de la guerre en Ukraine.

Car depuis trois jours, Moscou avait interrompu l’activité du gazoduc reliant la Sibérie à l’Allemagne, évoquant des travaux de maintenance, et coupé dans le même temps l’approvisionnement de gaz au groupe français Engie. Ces décisions avaient fait dire au journal argentin Página 12 que “la guerre de l’énergie [avait] commencé”. Cette fois, confirme The Guardian, ça ne fait plus de doute : cette guerre “a brusquement éclaté”.

“Chantage évident”

Quelques heures après le sommet du G7, qui a abouti vendredi 2 septembre au plafonnement du prix du pétrole russe, Vladimir Poutine a donc contre-attaqué en suspendant indéfiniment l’activité de Nord Stream 1 : une annonce “vue en Occident comme un chantage évident”, précise le journal britannique.

D’autant que le motif des fuites d’huile, invoqué par les autorités russes pour justifier l’arrêt du gazoduc, ne tient pas la route : “en tant que fabricant de turbines, nous pouvons affirmer qu’une telle constatation ne constitue pas une raison technique pour arrêter les opérations”, a déclaré le fabricant Siemens Energy dans un communiqué.

Depuis que Moscou a commencé à fermer le robinet du gaz au début de l’été, les pays européens ont mis en place des solutions d’urgence pour diversifier leurs sources d’approvisionnement et recharger les stocks de gaz en prévision de l’hiver. À l’issue du Conseil de défense sur la crise énergétique qui s’est tenu vendredi 2 septembre, la France assure avoir rempli ses stocks de gaz à 92 %. Même réaction outre-Quiévrain, rapporte Le Soir, où le ministère de l’Énergie veut rassurer, déclarant que “l’échec du redémarrage du gazoduc Nord Stream 1 n’aura pas d’impact sur l’approvisionnement de la Belgique”.

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