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JO d’hiver 2030: "Comme Paris sans la Tour Eiffel", l’incompréhension de Val d’Isère, rayé de la carte des sites

"La dernière semaine, ça a été un peu l’ascenseur émotionnel. On a appris le mercredi que la France rentrait en discussion pour la candidature des Jeux et, 48 heures après, on apprend que Val d’Isère est rayé de la carte". À l’image de la présidente du Club des Sports de Val d’Isère Ingrid Jacquemod, la station accuse le coup après s’être rapidement vue priver le droit d’accueillir des épreuves des JO d’hiver 2030.

Le maire de la commune, Patrick Martin, compare cette olympiade sans Val d’Isère à "Paris sans la Tour Eiffel, ou un match (de rugby) à Londres en dehors de Twickenham. Ça se fait, mais ça a beaucoup moins de saveur". Néanmoins, il ne veut pas perdre espoir: "J’ai des arguments à faire valoir, du passé et du futur, qui font que je pense que Val d’Isère doit recevoir des épreuves en 2030 sur la face du Bellevarde".

"On a tout ce qu’il faut sur place pour mener ça et pas d’installation importante à financer"

"Val d’Isère a d’abord cette culture de la compétition depuis plus de 70 ans: organisation de course, 190 Coupes du monde - je ne suis pas certain que quelqu’un puisse se prévaloir d’autant d’organisations, des installations qui sont pérennes, insiste-t-il. On parle de Jeux durables, il y a peu de construction, la face de Bellevarde est déjà là. On a tout ce qu’il faut sur place pour mener ça et pas d’installation importante à financer".

Peu après avoir appris que les Alpes françaises devraient selon toute vraisemblance organiser les Jeux olympiques d’hiver en 2030, une carte provisoire des sites avait été dévoilée. Mais deux jours plus tard, Val d’Isère, initialement cité pour accueillir les épreuves de slalom hommes et femmes de ski alpin, avait été retiré de la carte, tout comme Isola 2000 concernant la tenue du skicross et du snowboardcross.

Le maire a écrit à Oudéa-Castéra, Macron et au CIO

"Il y a un peu un côté choquant dans la rapidité de la décision, sans vraiment avoir cette période de discussion, regrette Jacquemod. Ce qui est très triste aussi, pour moi c’est la partie décisionnelle, étant en pleine préparation du critérium à un jour des courses (Val d’Isère accueillera ce week-end la Coupe du monde de ski alpin). Quand on voit le travail qui est déployé et toutes ces années qui sont consacrées à faire grandir les compétitions de ski alpin dans notre station..."

Le maire de Val d’Isère apprend également avoir écrit aux pouvoirs politiques. "Le premier courrier, je l’ai réservé aux deux présidents (de la région), Muselier et Wauquiez, explique-t-il. Après, à la ministre des Sports, qui est la ministre de tutelle, à la Première ministre et au président de la République". Il confie aussi avoir contacté le CIO, via "son directeur M. de Kepper pour essayer de le rencontrer". Martin affirme qu’on lui a annoncé "qu’il y avait 90% de chances que ça ne se fasse pas à Val d’Isère. (…) Même si c’est 99%, je continue à me battre".

Article original publié sur RMC Sport