JO 2024: quel avenir pour l'épreuve de surf à Tahiti?

Un raté, mais pas de plan B. La ministre des Sports et des Jeux olympiques Amélie Oudéa-Castéra est revenue sur l'échec du test organisé le 1er décembre sur le site olympique de surf de Teahupo'o en Polynésie, estimant qu'il n'avait pas "été bien préparé". La ministre a toutefois écarté l'idée d'un rapatriement de l'épreuve vers un site métropolitain, estimant qu'il n'y avait "pas de plan B".

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Un test "mal organisé"

Lors de ces essais techniques du 1er décembre, organisés en présence d'associations de défense de l'environnement, une barge prévue pour l'installation d'une nouvelle tour des juges avait endommagé le corail du site, ravivant la polémique sur l'impossibilité de la tenue de l'épreuve olympique dans des conditions respectueuses de la faune et la flore locale. À l’issue de ce test, le gouvernement polynésien a décidé de suspendre les travaux sur le site. Une décision saluée ce mercredi par la fédération internationale de surf (ISA).

Interrogée par quelques journalistes en marge d'une conférence de presse sur la remise d'un rapport sur le sport français, la ministre a reconnu l'échec mais s'est voulue confiante. "Il y a eu un test qui n'a manifestement pas été bien préparé et n'a pas pu être bien conduit et a malheureusement abîmé des bouts de corail, c'est évidemment tout à fait regrettable".

"Il faut que le prochain test soit minutieusement préparé", a-t-elle ajouté.

Des "plans B" dans les starting-blocks

Depuis l'échec de ce test et la suspension des travaux de la nouvelle tour des juges, plusieurs villes qui s'étaient portées candidates face au site polynésien se sont déclarées prêtes à reprendre le flambeau en cas de défection de Tahiti.

"On a continué à travailler tranquillement et aujourd'hui si on fait appel à nous, on sera bien sûr heureux d'accueillir les épreuves de surf des JO", a ainsi déclaré le maire de Lacanau, en Gironde, Laurent Peyrondet. Même son de cloche du côté de Stéphane Le Doaré, président de la communauté de communes du Pays Bigouden Sud, en charge du site de La Torche dans le Finistère. "Si on nous sollicite, on ne dira pas non", a-t-il affirmé. Enfin un député d'un des sites candidats suit de près la situation.

Mais du côté du gouvernement, l'heure est encore au plan A. L'idée est donc toujours de maintenir l'épreuve olympique sur le site de Teahupo'o, comme l'a réaffirmé Amélie Oudéa-Castéra ce jeudi. "Il n'y a pas de plan B. On est sur ce chemin qui est vraiment le bon d'avoir une nouvelle tour des juges redimensionnée", et qui correspond à des "demandes qu'avaient faites les locaux", a-t-elle lancé.

"Je les ai entendus", a ainsi tenu à rassurer le patron de Paris 2024 Tony Estanguet ce jeudi sur TF1.

Dans l'entourage de la ministre, on ne veut surtout pas que ces prises de paroles d'élus locaux métropolitains soient comprises comme le signe d'un début de revirement des organisateurs. Le président du Comité d'organisation des JO Tony Estanguet dit les avoir "entendues" et se montre, lui aussi, confiant en vue d'une solution à Tahiti.

Teahupo'o ou la façade atlantique

Selon l'entourage, les mairies n'ont d'ailleurs pas à craindre un déplacement de l'épreuve vers un site "sorti du chapeau" puisque même en cas de catastrophe naturelle qui détériorerait de manière irréparable le site de Teahupo'o, les organisateurs seraient contractuellement tenus de déplacer l'épreuve sur l'un des sites présélectionnés, soit La Torche, Lacanau ou les Landes. Ils n'auraient même pas la possibilité de changer de plage à Tahiti.

Toutefois, dans l'entourage de la ministre, on comprend la réaction des associations après l'échec du test du 1er décembre. L'ambition était de protéger au maximum le corail, en forant peu et pas trop profond et le fait que le corail ait été endommagé par une barge est jugé regrettable et "pas sérieux". Il s'agit donc de reprogrammer un test "mieux organisé" avant le vrai test event prévu en mars prochain.

"Les pourparlers s'intensifient au niveau local et nous aurons dans le courant de la semaine prochaine un échange avec les autorités polynésiennes pour essayer de bien se caler sur tout ce processus", a d'ailleurs déclaré Amélie Oudéa-Castéra ce jeudi.

Une position défendue aussi par Tony Estanguet sur TF1 ce jeudi. "On ne veut pas transiger sur la sécurité. On ne mettra personne en danger. (...) Avec le gouvernement polynésien, on essaie de trouver des solutions techniques pour effectuer les travaux", estime-t-il.

Le projet de construction d'une nouvelle tour de juges sur le site de Teahupo'o en remplacement de l'existante, jugée pas aux normes, n'en finit plus de créer la polémique en raison de son impact environnemental. Mi-novembre, les organisateurs et le gouvernement polynésien avaient revu leur copie avec un projet de tour allégée afin de "limiter au maximum les atteintes à l'environnement". Une solution que le test du 1er décembre est venu remettre en péril.

Article original publié sur RMC Sport