JO 2024: Tony Estanguet répond à la polémique sur l'épreuve de surf à Tahiti

Tony Estanguet, quelle est votre réponse aux inquiétudes concernant l'épreuve de surf des JO 2024 qui doit se tenir à Tahiti ?

J’entends ces remarques et ces inquiétudes. On regrette tous ce test qui s’est mal déroulé la semaine dernière. Je reviens sur ce qui nous anime depuis le début sur ce dossier : quand la Polynésie française a déposé un dossier de candidature pour organiser les compétitions de surf pour les Jeux olympiques, on a été séduit par la qualité de cette vague mythique. Chaque année, une compétition qui fait référence est organisée au même endroit. Elle utilise une tour pour les juges. Le point de départ de toute cette histoire, c’est la fameuse tour des juges. Elle est non conforme pour des raisons de sécurité. Le gouvernement polynésien a donc souhaité trouver une solution pour remplacer cette tour. On ne veut pas transiger sur la sécurité. On ne mettra personne en danger. C’est le point de départ de toute cette histoire. Une solution doit être trouvée.

Cette solution n’a toujours pas été trouvée ?

Une première solution avait été trouvée. Un premier test a été entrepris par l’entreprise retenue pour effectuer les travaux de cette nouvelle tour. Ce test ne s’est pas bien déroulé. Des coraux ont été endommagés et on le regrette profondément. Les travaux ont été immédiatement arrêtés. Avec le gouvernement polynésien, on essaie aujourd’hui de trouver de nouvelles solutions techniques pour réaliser ces travaux tout en respectant l’environnement. Je fais vraiment toute confiance au gouvernement polynésien, au président qui est lui-même mobilisé pour être à l’écoute et essayer de trouver la meilleure option. En tant qu’organisateurs, on se doit d’adapter notre organisation pour trouver cette solution avec eux.

L’épreuve de surf aura donc bien lieu à Tahiti ?

J’ai entendu les villes qui souhaitent candidater (Lacanau, la Torche, ndlr) au cas où il y aurait un échec sur le site de Teahupo'o. Ce que je veux dire aujourd’hui, en tant que partenaire avec le gouvernement polynésien, c’est que j’ai envie de mettre toute mon énergie pour accompagner le gouvernement polynésien pour trouver les meilleures solutions pour réaliser ces compétitions de surf à Tahiti comme on l’a souhaité collectivement. Quand il y a des difficultés et des obstacles, on se sert les coudes et on essaie de trouver des solutions. On a suffisamment anticipé les choses pour avoir encore un peu de temps devant nous afin d’adapter le projet. On a déjà beaucoup adapté le projet ces derniers mois. On a encore un peu de temps pour trouver une autre solution technique qui va nous permettre de réaliser cette infrastructure tout en respectant l’environnement. C’est la priorité qu’on partage tous.

Une autre solution est en train d’être définie pour permettre la création et l'homologation de cette tour ?

J’ai vraiment toute confiance dans les autorités locales, le gouvernement polynésien, l’entreprise qui imagine sur place des adaptations pour que cette barge puisse accéder au site sans dégrader les coraux. On souhaite que les travaux soient réalisés dans les meilleures conditions. On doit accompagner cette nouvelle solution, lui laisser sa chance. Il y a une expertise réelle sur le terrain. Aujourd’hui, Paris 2024 est en soutien de cette démarche de trouver une nouvelle solution.

Sur place, une partie de la communauté des surfeurs dit ne pas être écoutée. Quelle est votre réponse ?

Sur ce dossier, depuis plusieurs années, il y a eu de nombreux échanges et régulièrement de nombreuses réunions publiques. On a partagé beaucoup de documents, en toute transparence. On a partagé ce dossier de candidature qui a été déposé par le territoire. Il y a ce partenariat, très fort localement, avec les élus locaux, le gouvernement, la communauté sportive. J’ai eu beaucoup de contacts ces derniers jours, y compris avec les acteurs locaux. Il y a quand même un dialogue. On est dans cet esprit, on est à l’écoute, encore une fois on entend les inquiétudes et ces préoccupations qui sont légitimes. Plus que tout, on veut préserver cet endroit, le valoriser, faire en sorte que la Polynésie française puisse briller à l’occasion de ces Jeux et être mise en avant avec fierté. C’est cet équilibre qu’il faut réussir à construire ensemble et continuer dans un esprit de dialogue.

La balle est dans le camp de la Polynésie ?

Ce qui est sûr, c’est que sur la conduite des travaux, ce sont les autorités locales et l’entreprise locale qui conduisent ces travaux. Paris 2024 est en soutien. On travaille main dans la main pour adapter en permanence le projet, trouver des solutions ensemble pour réussir ensemble. J’ai vraiment toute confiance. Dans tous mes échanges avec le président de la Polynésie française, la ministre des Sports et les autorités locales, je sens la volonté de trouver des solutions. Il y a une vraie expertise et une vraie envie de trouver des solutions ensemble pour respecter l’environnement et satisfaire les besoins de cette compétition. Ce qui se joue aussi, c’est l’avenir du surf. A partir du moment où cette tour des juges ne peut plus être utilisée, il faut trouver une solution pour garantir la pérennité des compétitions de surf au-delà des Jeux olympiques.

La conclusion c’est qu’il n’y a pas de plan B ?

Aujourd’hui, on met toute notre énergie pour réussir ce défi ensemble. C’est vraiment notre objectif priorité. En tant qu’ancien athlète, j’aime avoir des objectifs clairs. L’objectif est de travailler en partenariat et être à l’écoute de ce qui se dit localement pour trouver ensemble la meilleure solution. Ce n’est pas simple, le dossier est compliqué mais je suis serein. Collectivement, on va trouver une solution pour organiser ces compétitions de surf à Teahupo'o.

Article original publié sur RMC Sport