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La défense niçoise impressionne les observateurs et acteurs de la Ligue 1

Deuxième après 14 journées de Ligue 1, l’OGC Nice réalise un début de championnat quasi inespéré. Seul Nantes, le week-end dernier (1-0), a réussi à prendre le dessus au tableau d’affichage sur des Aiglons bien difficiles à mettre en cage.

Le Gym n’a encaissé que cinq buts, ce qu’il se fait de mieux dans les cinq grands championnats européens devant l’Inter Milan qui en compte sept en autant de rencontres en Serie A.

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Plus qu’une défense, une organisation

José Cobos se souvient: "Nous aussi en 2001, on a été meilleure défense d'Europe mais à la différence d’aujourd'hui, le match d'après on avait perdu 3-0 ou 4-0 à Bordeaux." L’emblématique capitaine du Gym (192 apparitions) savoure les bonnes performances de son club, notamment quand il voit les attaquants comme Gaetan Laborde ou Terem Moffi faire des efforts pour récupérer le ballon. Lui, défenseur dans l’âme, l’admet: "Ça donne des forces aux joueurs derrière. À Nice, il n'y a aucun problème avec les attaquants même si parfois il n’y a pas beaucoup d’occasions. On sait qu’ils travaillent pour l'équipe et il faut aussi les féliciter."

Une compacité expliquée par l’ancien axial Nicolas Gillet, champion de France en 2001 avec Nantes: "Si ça défend moins bien devant vous, le porteur de balle peut avoir trois solutions différentes. Quand ça défend bien, il se peut qu'il n'ait plus qu'une seule solution. Forcément dans la lecture pour les défenseurs, c'est plus facile d'intervenir. C'est la même chose pour le gardien."

À l’école italienne

Troisième équipe de Ligue 1 à réaliser le plus de passes par match (461), Nice est celle qui en revanche fait le moins de passes longues (19). Une façon de minimiser les prises de risque en cas de perte de balle.

"On connaît la rigueur des entraîneurs italiens. Je m’en rappelle j’en ai eu, glisse Cobos. Au départ c'est assez usant mais on comprend très vite aussi le devoir tactique des défenseurs avant tout."

Une patience offensive pronée par Francesco Farioli et jugée logique par Gillet: "Quand on attaque moins bien, on se met en danger dans des situations qui ne sont pas faites pour perdre la possession. C’est le cas quand un gars dribble alors qu'il ne doit pas, des passes faites dans des mauvaises zones... Quand c'est cohérent avec le jeu, les pertes de balles sont vite rattrapées. Les gens sont déjà en place pour intervenir."

Prudence est mère de sûreté pour les Aiglons. Un adage qui convient parfaitement à l’ancien défenseur et entraîneur Rolland Courbis. Désormais consultant pour RMC Sport, celui qui était l'entraîneur de Bordeaux au moment de réaliser le record de matchs sans prendre de but Gaetan Huard en 1992-1993 se rémémore: "J’essayais toujours d’être solide. La beauté du football c’est de marquer des buts, mais savoir ne pas en prendre fait partie aussi des obligations d’une équipe. Si tout le monde savait faire ce que Nice fait, tout le monde le ferait!"

Une équipe solide mais avec l’étiquette d’ennuyeuse

Avec 14 buts marqués et 5 encaissés, Nice est l’équipe de Ligue 1 qui offre le moins de buts à ceux qui regardent ses matchs. Une apathie et un manque de réalisme offensif qui n'inquiètent pas 'Coach Courbis': "Je pense qu’ils vont s’améliorer sur le plan offensif. Terem Moffi et Gaetan Laborde vont s’arranger pour être plus complémentaires et efficaces, Jérémie Boga je pense qu’il est encore loin de son meilleur niveau…"

La marge de progression existe en effet pour cette équipe qui a déjà montré par séquence qu’elle était capable de grandes choses: "Sur les 14 premiers matchs, j’en ai vu de très haut niveau. À Paris par exemple (NDLR: victoire niçoise 2-3), c’était vraiment un grand match! Ils sont en forme et je pense qu’ils donnent du plaisir aux gens. Les supporters et la ville sont derrières le club. On veut voir parfois un peu plus de jeu mais c'est déjà très bien", se contente Cobos.

Une défense pour retrouver l’Europe

Quarts de finalistes de la Conference League en avril dernier, les Niçois n’oublient pas leur traumatisante élimination contre le FC Bâle mais sont en droit de rêver à nouveau de nuits européennes. Pour José Cobos, l’objectif est clair: "La Champions League! Il y a la possibilité. Quand on compare à d'autres clubs pour qui c'est difficile en ce moment, Nice a sa place en Champions League l'année prochaine."

Rolland Courbis n’est pas loin de partager la même idée: "Je serai déçu de ne pas les voir dans les cinq premiers. Et pas obligatoirement cinquième ! Leur solidité défensive, sauf blessure, ils vont la garder."

Le directeur sportif Florent Ghisolfi avait lui déjà fixé le cap avant même la reprise du championnat: "Il va y avoir 7 places européennes cette saison (quatre en Ligue des champions, un en Ligue Europa, un en Conference League et le vainqueur de la Coupe de France). L'objectif c'est d'être européen et de l'être chaque saison."

"On va essayer de leur en planter 6", ironise Still

Dimanche à 13 heures, c’est le Stade de Reims qui s’attaquera à la forteresse niçoise. "On va essayer de leur en planter six! Non je rigole… On va essayer de les mettre en difficulté même si la grandeur de la tâche va être assez importante," reconnaissait Will Still après la victoire rémoise contre Strasbourg (2-1).

En effet ce ne sera pas une mince affaire. Nice n’a plus perdu à domicile en Ligue 1 depuis 11 matchs, c’était en avril 2023 contre Clermont. Le gardien Yehvann Diouf sait à quoi s’attendre: "Chaque équipe qui affronte Nice a envie de casser leur série. Nous on va là-bas pour gagner forcément, mais on sait qu'ils sont très solides et arrivent à marquer et gagner les matchs parfois 1-0."

C’est exact. Sur les huit succès obtenus cette saison par le Gym, six l’ont été par un seul but d’écart, dont cinq sur le score de 1-0.

Article original publié sur RMC Sport