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Coupe du monde U17: que sont devenus les joueurs de l'équipe de France titrés en 2001?

22 ans après son seul et unique titre, la France va tenter de remporter la Coupe du monde des moins de 17 ans. Victorieux du Mali (2-1) en demi-finale, les Bleuets défieront l’Allemagne samedi à Surakarta (Indonésie). 22 ans après, la génération emmenée par Saïmon Bouabré, Ismail Bouneb ou le capitaine Joachim Kayi Sanda va vouloir prendre sa revanche sur l’équipe qui l’a battue en finale de l’Euro au mois de juin. 22 ans après, le groupe dirigé par Jean-Luc Vannuchi peut offrir à la France son deuxième sacre dans cette catégorie d’âge et imiter les espoirs tricolores titrés en 2001. Faire aussi bien que leurs prédécesseurs à ce stade de la compétition puis surtout exploser au top niveau et faire une belle carrière… ce que la première bande tricolore sacrée n’a pas su faire.

>> Revivez le match France-Mali (2-1)

Les cousins Sinama-Pongolle et Le Tallec se ratent à Liverpool

Quand on pense aux champions du monde U17 de 2001, on pense logiquement au meilleur joueur du tournoi: Florent Sinama-Pongolle. Buteur sur cinq des six matchs de la France, l’attaquant formé au Havre a fini le Mondial avec neuf buts. À ses côtés en attaque, son compère, cousin par alliance et grand ami du HAC, Anthony Le Tallec. Étincelants pendant tous les matchs des Bleuets, les deux espoirs tricolores ont impressionné par leur facilité à mettre à mal les défenses adverses.

À l’affût d’un joli coup, Liverpool signe les deux talents français puis les prête au Havre pendant deux ans pour les laisser éclore patiemment. À leur arrivée sur les bords de la Mersey, Florent Sinama-Pongolle et Anthony Le Tallec ne vont jamais s’y installer durablement. Certes, ils vont tous les deux y remporter la Ligue des champions en 2005 mais ne vont pas y laisser un immense souvenir.

Premier à s’en aller définitivement dès 2006, Florent Sinama-Pongolle a bien rebondi en Liga au Recreativo Huelva et découvre même l’équipe de France pour sa seule et unique sélection en mars 2008. Des prestations qui poussent l’Atlético de Madrid à le recruter pendant l’été mais là encore, le buteur ne va pas s’éterniser. Recruté par le Sporting Portugal en 2009, il enchaînera les prêts et les aventures dans des championnats "exotiques" (Russie, MLS, Suisse, Thaïlande, Ecosse) avant de finir sa carrière sur une dernière pige dans le club de ses débuts à la Réunion en 2019. Florent Sinama-Pongolle est désormais consultant.

Après son passage raté à Liverpool (32 apparitions au total), Anthony Le Tallec va se relancer via des prêts en France à Sochaux et au Mans. C’est justement dans la Sarthe que l’attaquant va rebondir après son départ des Reds en 2008.

Le Mans puis plusieurs saisons à Auxerre et Valenciennes avant de retenter sa chance à l’étranger en Grèce et en Roumanie. Deux expériences moyennement réussies qui aboutiront à son retour en France à l’US Orléans en 2018-2019 puis à une dernière aventure avant de raccrocher à Annecy en 2021.

Meghni, le premier des "nouveaux Zidane"

Un peu à l’image de Camel Meriem, Samir Nasri et Marvin Martin, très (trop) vite catalogués comme le "nouveau Zidane", Mourad Meghni a vu sa carrière chamboulée par la comparaison avec le meneur de jeu de France 98 et a même été le premier joueur affublé de ce surnom.

Très doué techniquement et en vue lors de la Coupe du monde U17, Mourad Meghni n’a finalement jamais atteint le niveau de "Zizou" et ne portera même pas le maillot des Bleus mais choisira l’Algérie qu’il défendra à neuf reprises.

L’ancien pensionnaire de Clairefontaine a rapidement choisi de tenter sa chance en Italie pour y boucler sa formation. Lancé chez les pros à Bologne où il évolue déjà lors du Mondial U17 remporté en 2001, Mourad Meghni a ensuite continué son périple à la Lazio puis au Qatar pendant près de sept ans.

À l’image de Mourad Meghni qui connaîtra ses plus belles années à l’étranger, Hassan Yebda quittera la France pour le Benfica Lisbonne en 2008 avant de poursuivre sa carrière en Premier League, à Naples en Serie A ou même du côté de Grenade en Liga. Comme son coéquipier champion du monde U17, le milieu formé à Auxerre optera pour l’Algérie et vivra 26 capes avec les Fennecs.

Piètre, le seul titi titré

Unique titi parisien dans le groupe de Jean-Luc Vannuchi lors du Mondial U17 en Indonésie, Yoram Zague peut imiter Samuel Piètre, lui aussi unique représentant de la formation parisienne lors du sacre de 2001. Il y a 22 ans, le jeune espoir avait réalisé une belle compétition et avait même marqué le dernier but des Bleuets en finale.

Deuxième meilleur buteur tricolore, à égalité avec Anthony Le Tallec grâce à ses trois réalisations, l’ailier attendra finalement la saison 2006-2007 pour avoir sa chance à Paris quelques mois seulement avant de partir définitivement.

"Quand j’ai soulevé la Coupe du monde, j’étais sur une autre planète. J’étais si fier, surtout que j’étais le seul Parisien parmi les Bleuets", a noté Samuel Piètre dans un entretien accordé en février 2023 pour le site du PSG. "Autant mon rêve était de devenir footballeur pro et de porter le maillot de Paris, mais ce titre n’était pas programmé. Nous avions une équipe exceptionnelle, avec les Faty, Faé, Le Tallec, Sinama-Pongolle, Meghni, Berthod, Yebda, Glombard… Que des gars qui ont ensuite joué au plus haut niveau."

Au total Samuel Piètre se contentera de deux apparitions avec son club formateur avant de tenter sa chance en Grèce puis à Créteil. Arrivé à l’AS Poissy en 2011, dix ans après le titre mondial où il s‘est illustré, l’ailier y fera bonne figure mais en National 2 et National 3.

Des carrières sérieuses en L1 et L2

Parmi les joueurs qui ont eu une carrière très respectable, mais peut-être pas celle qui leur était promise, on retiendra aussi volontiers Jacques Faty. Valeur sûre à Rennes, où il a effectué sa formation, le défenseur a ensuite disputé près de 150 matchs avec le club breton. En fin de contrat durant l’été 2007, il a tenté sa chance à l’OM mais n’est resté qu’une saison avant de rebondir à Sochaux puis de s’exiler en Turquie ou encore en Chine et Australie. Après avoir brillé chez les jeunes tricolores, Jacques Faty portera finalement le maillot du Sénégal chez les A (13 sélections).

Partenaire de Faty dans l’arrière-garde des Bleuets titrés en 2001, Jérémy Berthod est peut-être celui qui eu la plus belle carrière derrière Sinama-Pongolle. Et pour cause, avec Lyon son club formateur, il va remporter quatre titres de champion de France entre 2004 et 2007 puis poursuivra sa carrière dans l’élite à Monaco et Auxerre avant de raccrocher en 2014 après deux saisons en Norvège. L'ex-défenseur des Gones a ensuite été consultant pour la chaîne OLTV.

Parmi les autres joueurs de cette génération 1984 victorieuse de la Coupe du monde des moins de 17 ans en 2001, Emerse Faé (Nantes et Nice) ou encore Chaouki Ben Saada (Bastia, Nice, Lens, Troyes) et Luigi Glombard ont connu des carrières plus qu’honorables en L1 et L2.

La case prison pour Colombo

Pour accompagner le duo Faty-Berthod dans la défense tricolore, le sélectionneur de l’époque, Jean-François Jodar (qui dirigera ensuite les équipes des Emirats arabes unis et le Mali) s’appuyait sur Stephen Drouin et Julio Colombo.

Si le premier évoluera principalement entre la Ligue 2 et le bas de tableau L1 avec Troyes, le second disputera toute sa carrière pro à Montpellier et participera à une centaine de matchs en première et deuxième divisions.

Mais c’est surtout pour son après-carrière que le défenseur héraultais a fait parler de lui. Condamné à six ans de prison ferme en juin 2015 pour sa participation à un trafic de drogue au niveau mondial, Julio Colombo est finalement sorti après deux années derrière les barreaux. Une destinée bien éloignée de celle que lui promettait son Mondial U17 en 2001.

Article original publié sur RMC Sport