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"Soulagement", "élan pour la suite": l'avocat de Théo Luhaka s'exprime après la condamnation des policiers

Un verdict sept ans plus tard. Vendredi, trois policiers ont été condamnés à des peines allant de 3 à 12 mois de prison avec sursis par la cour d'assises de Seine-Saint-Denis pour l'interpellation violente en 2017 de Théo Luhaka, jeune homme noir érigé en symbole des violences policières.

Ce samedi 20 janvier à l'antenne de BFMTV, Me Antoine Vey, avocat du jeune homme, souligne que celui-ci est "soulagé de voir la condamnation" des trois officiers.

"J’ai senti que d’entendre qu’il était une victime, de pouvoir laver tout ce débat sur la violence légitime, la raison de se faire interpeller qui a été tranché en sa faveur, ça lui a apporté un élan qui je l’espère va être positif pour la suite", détaille-t-il.

Selon l'homme de loi, la question est désormais pour le jeune Théo "de savoir ce qu’il va faire après cette parenthèse judiciaire."

"Avec cette infirmité qui est la sienne, ce parcours judiciaire qui a été le sien, il va falloir qu’il construise une vie hors de l’arène judiciaire. C’est cet élan-là que j’espère que la décision d’hier va lui donner pour faire parler de lui autrement aussi", dit-il.

Cependant, selon Me Antoine Vey, le jeune homme va avoir bien du mal à se défaire de l'image symbolique qui est désormais la sienne. "Il est le symbole de ce qu’est une victime : quelqu’un qui a été remis en cause, dont on a dit pis que pendre alors que la cour d’assises a vraiment vu que c’était un jeune super dynamique, positif", dit l'avocat.

"Il restera le symbole de quelque chose de fort, le symbole de quelqu’un qui a été abusé par trois policiers, et qui est allé jusqu’au bout de son combat pour le faire reconnaître", ajoute-t-il.

En ce qui concerne la famille Luhaka, celle-ci ne souhaite "pas de récupération politique." "Ça n’a jamais été leur combat de faire de la politique ou d’attaquer la police", insiste-t-il.

9h de délibéré

Ce verdict était très attendu alors que la question de l'usage de la force par les policiers ne cesse de ressurgir, en particulier depuis la mort de Nahel, 17 ans, tué à bout portant par un fonctionnaire lors d'un contrôle routier en juin.

Après plus de neuf heures de délibéré, le gardien de la paix Marc-Antoine C. a été reconnu coupable du coup de matraque qui a grièvement blessé Théo Luhaka, alors âgé de 22 ans, dans la cité des 3.000 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le 2 février 2017.

Ce policier a été condamné à 12 mois de prison avec sursis et une interdiction d'exercer sur la voie publique et de détenir une arme pendant cinq ans.

Des peines de trois mois de prison avec sursis ont été prononcées à l'encontre de ses collègues Jérémie D. et Tony H. pour violences volontaires. Ils ne pourront pas intervenir sur le terrain ni détenir une arme pendant deux ans.

Article original publié sur BFMTV.com