"Silence pour la France!": le RN Jean-Philippe Tanguy s'époumone à l'Assemblée et fait rire jusque dans ses rangs

Entre cris, pleurs de rire et petites blagues, le député de la Somme a offert une prise de parole farfelue, dans une ambiance électrique. Une séquence venue en clôture de cinq jours de débats harassants pour les députés.

"Silence pour la France!". Tandis que le RN, comme il l'avait annoncé, a voté en faveur du projet de loi sur les mesures visant à augmenter le pouvoir d'achat, c'est Jean-Philippe Tanguy qui a pris place à la tribune pour expliquer les raisons de son vote. Après huit heures de débats, cette prise de parole du député de la Somme a pris des envolées lyriques au milieu du chahut et des rappels à l'ordre.

Il a livré une allocution tirant vers les aigüs, alternant explications sérieuses, hommages et moqueries. Jusqu'à faire pleurer de rire au sein de son camp.

Cris et rires

"Les Français ont obtenu un peu d'argent, même si ce n'est pas tout l'argent que nous aurions voulu", a déclaré le député RN en préambule pour expliquer l'adhésion du RN au projet de la majorité.

"Marine Le Pen a été la première dans cet hémicycle à lever la question du pouvoir d'achat", a-t-il salué en faisant un geste d'hommage à sa collègue, tel un metteur en scène, sous les applaudissements de ses collègues qui se sont levés pour l'occasion.

Bientôt entravé dans sa prise de parole par des députés de la Nupes qui ont réagi à cet auto-congratulation du parti, il s'est soudainement écrié: "Silence!" Repris par la présidente de séance, il s'est époumoné, les poings serrés:

"Oh ce cri du cœur! Ce cri du cœur qui a je pense inspiré beaucoup de gens parmi nous!"

"Monsieur Tanguy, monsieur Tanguy", a tenté de tempérer la présidente Naïma Moutchou (Horizons) au perchoir. À droite de la droite, les élus RN pleuraient quasiment de rire - et de fatigue certainement, l'horloge affichant presque 6 heures du matin) - face à la situation.

"Silence pour la France!", a vociféré à nouveau le député du Rassemblement national pour couvrir le tapage des élus de la Nupes.

Petite blague

"Un deuxième round va s'ouvrir", a-t-il annoncé d'un ton plus calme en référence aux futurs débats de ce vendredi sur l'examen en première lecture du projet de loi de finances rectificative pour 2022.

"Un deuxième tour... Ah! Ça devrait vous plaire! Voilà le 7ème tour!", s'est-il écrié en s'adressant à la Nupes qui avait vu dans les législatives un "troisième tour" de la présidentielle.

"Vous en avez voulu un premier et vous l'avez perdu!", s'est exclamé Jean-Philippe Tanguy au micro de l'Assemblée. "Vous en avez voulu un deuxième, vous leur avez offert!", a-t-il ajouté en pointant les rangs de la majorité. "Un troisième, vous nous l'avez donné!" a-t-il continué avant de s'embrouiller dans ses comptes, sous les rires de ses collègues du RN.

"Faut un peu rigoler! Un peu de légèreté après cette nuit", a alors renchéri l'élu à la tribune évoquant "des heures" de débat "un peu difficiles".

Après avoir fait applaudir les agents de la séance et le personnel de l'Assemblée pour leurs efforts, il a fini par rendre un hommage inattendu à ses adversaires:

"Et vous aussi les gens de gauche, tiens!", a salué le député RN de 36 ans, "Parce que même si vous êtes très pénibles, vous nous permettez d'être drôles".

À cet instant précis, Marine Le Pen, hilare, a dû se cacher le visage dans ses mains. "C'est sketch!", s'est-on alors écrié du côté de la Nupes. La prise de parole de Jean-Philippe Tanguy s'est achevée sous un décompte bruyant des Insoumis: "6, 5, 4, 3..." Jusqu'à écoulement total de son temps de parole.

Apothéose d'un examen mouvementé

La prise de parole remarquée du député de la Somme a clos des heures de débats qui duraient depuis lundi. Pendant ces quatre jours, l'élu du Rassemblement national s'est fait remarquer à plusieurs reprises. Invectives, moqueries, insultes parfois même, la réthorique de Jean-Philippe Tanguy a souvent ulcéré la Nupes, la majorité et les LR.

Lors de cette dernière séance sur le pouvoir d'achat, il a qualifié les Verts d'"escrologistes" et de "nullités énergétiques". Quelques jours plus tôt, c'était les compétences de la rapporteuse du texte, Charlotte Parmentier Lecoq, qu'il remettait en cause. "Vous êtes les bouffons rouges du roi Macron!", avait-il tancé la Nupes dès les premières heures de l'examen de la loi, lundi.

Ces débats auront été l'occasion pour l'élu, fraîchement entré au Palais Bourbon il y a quelques semaines, d'être désormais considéré comme l'un des orateurs incontournables de son groupe parlementaire.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Loi pouvoir d'achat : les députés RN et LR votent avec la majorité

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