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"Je me sens tout seul": le témoignage de Damien, 12 ans, victime de harcèlement scolaire depuis septembre

Les parents du jeune garçon refusent l'option des autorités: scolariser leur enfant dans un autre établissement. En parallèle, ils ont décidé de déposer plainte contre le harceleur principal.

Un énième exemple de harcèlement scolaire et de l'inaction qui l'entoure. Scolarisé en 4ème dans un établissement d'Île-de-France, Damien*, 12 ans, vit un enfer quotidien depuis la dernière rentrée scolaire. Ces derniers mois, l'adolescent se plaint du harcèlement de l'un de ses camarades de classe, renforcé par un effet de groupe.

En plus d'insultes et de menaces le visant lui et sa famille, le jeune garçon est également la cible d'injures racistes.

"Il (le camarade de classe, NDLR) a commencé à me traiter de noms, à m’humilier. Vu que les gens rigolaient, ça l’a poussé à le faire encore plus. C’était quasiment tous les jours. [...] On m’a dit que j’étais un rôti de poulet à cause de ma couleur de peau, on m’a aussi dit un jour que quelqu’un allait ramener son cousin pour qu’il me bastonne", dit-il à BFMTV.

"C'est injuste"

La situation a empiré au fil des jours malgré les plaintes de l'adolescent auprès du corps enseignant. Début février, une nouvelle fois harcelé, Damien est puni par son professeur d'EPS.

"Lundi quand j’ai dit au prof de sport, il m’a quand même puni. Ça fait mal, je me sens tout seul, je trouve que c’est injuste", pointe-t-il.

L'incident de trop pour les parents de Damien, qui prennent la décision de porter plainte contre le harceleur principal, mais également de retirer leur fils de l'établissement scolaire. Contacté, le rectorat a proposé un changement d'établissement pour l'adolescent, une option que ses parents refusent.

"Ce n’est pas au harcelé de partir de l’établissement, mais c’est le harceleur qui devrait partir. Moi il me dit ‘maman tu as déjà tout fait, mais tu n’arrives pas à m’aider'", nous confie sa mère.

Actuellement, Damien profite des vacances scolaires pour se reposer. En revanche, il ne sait toujours pas où il va être scolarisé à la prochaine rentrée. De son côté, le rectorat nous assure suivre la situation de près.

Nouvelles mesures

Ce nouveau témoignage fort intervient au lendemain à la publication des résultats d'un premier dépouillement des 7,5 millions de questionnaires d'auto-évaluation distribués à tous les élèves du CE2 à la terminale, qui devaient permettre de détecter les cas de harcèlement scolaire.

Selon le ministère de l'Éducation nationale, il est possible de dire qu'en moyenne, le harcèlement touche plus d'un élève par classe. Dans le détail, le harcèlement touche 5% des écoliers du CE2 au CM2, 6% des collégiens et 4% des lycéens.

En réponse, lors de son premier déplacement en tant que nouvelle ministre de l'Éducation nationale, Nicole Belloubet a annoncé de nouvelles mesures de lutte contre le harcèlement scolaire.

* le prénom a été changé

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Harcèlement scolaire: "19% des jeunes sont jugés à risques", affirme Nicole Belloubet