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Couvre-feu numérique, brigades, questionnaires... Ce que doit contenir le plan contre le harcèlement scolaire

Couvre-feu numérique, brigades, questionnaires... Ce que doit contenir le plan contre le harcèlement scolaire

C'est peu dire que le gouvernement est attendu au tournant sur ce sujet. Ce mercredi, à 16h30, la Première ministre Élisabeth Borne présente le plan interministériel de lutte contre le harcèlement. Un sujet érigé en "priorité absolue" par le ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal qui a travaillé sur la mouture de l'exécutif, tout comme ses collègues de l'Intérieur, de la Justice, du Numérique et de la Santé.

"Je ne reculerai devant rien", a clamé le nouveau patron de la rue de Grenelle ce mardi à l'Assemblée nationale lors des questions au gouvernement. Il répondait alors à une députée Renaissance qui venait de l'alerter sur le harcèlement en témoignant de son vécu. À l'école, ce phénomène toucherait environ un élève sur dix en France.

Mise en place d'un couvre-feu numérique

Annoncé en juin par Élisabeth Borne en marge du suicide de Lindsay, le plan du gouvernement intervient également quelques semaines après le suicide de Nicolas à Poissy, dans les Yvelines. Gabriel Attal avait ensuite appelé à un "électrochoc" et dénoncé le "courrier de la honte" envoyé par le rectorat de Versailles aux parents de l'adolescent.

Sur le pont depuis des semaines déjà, le gouvernement avait annoncé la possibilité de changer d'école les élèves harceleurs plutôt que les élèves harcelés. Une mesure qui a fait l'objet d'une circulaire publiée cet été. Pour le plan, plusieurs pistes sont sur la table. D'abord, la mise en place de questionnaires d'auto-évaluation à destination des élèves. Objectif: signaler plus discrètement un mal-être de l'enfant et permettre aux équipes éducatives de le repérer.

Ensuite, le gouvernement envisage d'instaurer un couvre-feu numérique pour les élèves harceleurs, dans une période de la journée qui reste à définir. Cette disposition pourrait aller jusqu'à la confiscation du téléphone portable pour les élèves concernés. Néanmoins les contours sont à préciser, d'autant qu'une telle mesure ne réglerait pas tout. Il serait toujours possible pour un harceleur d'emprunter un autre téléphone.

Brigades anti-harcèlement

Autre piste mise en avant: la possibilité de bannir les élèves harceleurs des réseaux sociaux. Là encore, le gouvernement devra donner des précisions et notamment sur le contrôle des nouveaux comptes que pourraient se créer les personnes mises en cause. Pour mieux encadrer les élèves, il s'agira aussi de renforcer le contrôles parental des mineurs sur les réseaux sociaux. En ce sens, Gabriel Attal a proposé de passer par le portail de l'Éducation nationale où les âges des enfants sont référencés.

Au sein des établissements, des "brigades" anti-harcèlement pourraient voir le jour, avec des référents professeurs mais aussi des élèves ambassadeurs. L'exécutif réfléchit également à une meilleure prise en charge de la parole des enfants par les forces de l'ordre. Reste à voir cependant comment cela se traduirait. S'agira-t-il de formations? d'assistants psychologues pour les enfants, quel budget sera alloué à cette mesure? Du côté de la justice, le gouvernement veut instaurer une meilleure transmission des dossiers pour une intervention rapide. Si le harcèlement scolaire est puni par la loi depuis 2022, seuls quatre élèves ont depuis été condamnés.

D'autres dispositions sont encore en question: Gabriel Attal prolongera-t-il l'audit lancé dans les académies? Quels cas de signalements des parents n'ont pas été pris en charge? Et quid du soin psychologique des jeunes qui ont été ou sont toujours victimes de harcèlement?

Article original publié sur BFMTV.com