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Les secrets de la folle montée en puissance de Cyprien Sarrazin, entré dans la légende du ski français

"Qu'est-ce que tu m'as fait mon Cyp, qu'est-ce que tu m'as fait ?" Même Laurent Sarrazin n'en revenait pas, époustouflé par la performance de son fils Cyprien, double vainqueur de la descente à Kitzbühel ce week-end. Le natif de Gap est passé de l'anonymat ou presque au statut de superstar du ski. Invités de l'Intégrale Sport sur RMC, Cyprien et Laurent Sarrazin sont revenus sur cette ascension rapide, après beaucoup de galères.

Un déclic intervenu au début de saison

Avant même son succès à Bormio (première victoire en Coupe du monde de descente de sa carrière), le nom de Cyprien Sarrazin était sur les lèvres de nombreux observateurs. "J’ai senti que quelque chose s’était passé en moi, je suis enfin moi-même, si j’ai un truc à dire c’est que je suis enfin moi-même, je me suis retrouvé moi-même et je me fais enfin plaisir sur les skis. J’exprime tout ce que j’ai à exprimer et c’est ça le mieux au-delà des victoires, au-delà de tout ce qui se passe, c’est toutes ses sensations qui sont incroyables."

Ces sensations, Cyprien Sarrazin ne les ressentait pas auparavant, peut-être à cause de ce fameux "syndrome de l'imposteur" auquel il était confronté. "J’ai réussi à faire une bonne course en 2016 à Alta Badia (victoire sur le slalom géant parallèle), là tout le monde me disait 'on savait que tu pouvais aller vite', moi je disais oui mais je ne le savais pas. Ok j’ai pu aller vite aujourd’hui mais pas sûr que ce soit le cas demain, je n’osais pas me le dire, me dire que j’avais cette place-là, que je pouvais avoir cette place", raconte-t-il.

"J’ai galéré un peu toutes ces années avec plusieurs blessures. Ce n'était pas simple de m'en remettre mais j’ai rien lâché et ça j’en suis très fier. Grâce à toute ma famille, les gens qui m’entourent, les sponsors, j’ai réussi à continuer malgré des années difficiles."

Si le physique l'a longtemps embêté, le mental n'était pas non plus sa plus grande force il y a encore quelques mois. "J’ai travaillé mentalement depuis le printemps dernier, j’ai pris conscience que mes lacunes étaient mentales et j’ai vraiment bossé à bloc la dessus. Cela a été un travail très difficile mais tellement riche, je me suis découvert et maintenant je suis moi-même c’est top."

Une fierté pour son papa et tout le village natal

Le skieur de SuperDévoluy, dans les Hautes-Alpes, fait vibrer tout le monde chez lui comme l'explique son père, Laurent Sarrazin. "Je pense que tout le monde est en apnée, que du bonheur le soir, le matin, on se réveille pour les jours de course et on sait que ça va être la fête, une dinguerie comme dit Cyprien."

Avant ce bonheur, Laurent Sarrazin était aussi au plus près de son fils dans les moments compliqués: "C’est un déclic qui est passé par des moments difficiles. Il renaît de ses cendres et c’est magique. J’adore quand les gens le regardent skier parce qu’ils disent 'C’est notre Tchoupi qui était petit, qui dévalait les pistes à fond' et voilà on le revoit lui-meme, un chat, un puma sur les pistes, c’est son naturel qui revient. Il s’était un peu perdu pendant quelques temps et c’était comme ça."

Article original publié sur RMC Sport