"S'apprécier à 9 ans pour ne pas s'entretuer à 14", la solution de ce maire contre les rixes entre bandes

Romain Colas, maire de Boussy-Saint-Antoine, sur BFMTV Le 28 novembre 2022 - BFMTV
Romain Colas, maire de Boussy-Saint-Antoine, sur BFMTV Le 28 novembre 2022 - BFMTV

Comment éviter de nouveaux drames comme celui survenu à Coignières, dans la nuit de samedi à dimanche? C'est dans cette petite ville des Yvelines qu'un adolescent de 14 ans a été tué lors d'une rixe. Dimanche après-midi, un jeune de 16 ans s'est présenté au commissariat d'Argenteuil (Val-d'Oise) où il a déclaré être l'auteur du meurtre. Le suspect, originaire de Coignières, a été placé en garde à vue.

En 2020, le ministère de l'Intérieur a recensé 357 affrontements entre des bandes (contre 288 en 2019). 84% de ces affrontements ont eu lieu en Île-de-France. Ces confrontations, dont les participants sont souvent très jeunes, peuvent donner lieu à des morts. En février 2021, à Boussy-Saint-Antoine, dans l'Essonne, un garçon de 14 ans est ainsi mort poignardé lors d'une rixe.

Le maire PS de la ville Romain Colas estime ce lundi sur BFMTV qu'il faut tenter de "briser cette culture de confrontation", qui se reproduit "de génération en génération". Pour ce faire, Boussy et les proches communes mélangent désormais les enfants dans leurs centres de loisirs.

Un système d'alerte

"Les enfants dans nos centres de loisirs, quand ils ont 7, 8, 9 ou 10 ans, sont les enfants qu'on retrouve souvent dans la rue le mercredi, le soir ou le week-end à l'adolescence, parce qu'on ne les capte plus dans les structures municipales", explique Romain Colas.

"Depuis maintenant plusieurs mois, nous faisons en sorte que les enfants des trois villes concernées passent des mercredis, des vacances ensemble", ajoute-t-il.

L'enjeu pour le maire est le suivant: "si ces mômes se côtoient, se connaissent et s'apprécient à 8 ou 9 ans, nous avons une chance, peut-être, qu'ils n'aient pas envie de se taper dessus à 12 et de s'entre-tuer à 14".

"On fait le pari de la génération qui vient", dit-il.

La commune de Romain Colas a également mis en place un système de veille et d'alerte pour savoir lorsqu'une montée de tensions risque de survenir, comme il l'expliquait dans un entretien au Monde en 2021. Ce système prend la forme d'une "boucle de mails entre les associations, la police, les services jeunesses, les établissements scolaires, les élus", détaillait-il alors.

Sur BFMTV lundi, il estime qu'"une cinquantaine" d'affrontements de groupes ont été évités depuis février 2021 grâce à cette méthode.

Article original publié sur BFMTV.com