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Rugby: la FFR pourrait finalement perdre de l'argent avec la Coupe du Monde

Le tableau dressé en décembre dernier par Florian Grill n'était déjà pas reluisant. Le président de la FFR expliquait alors que le programme d'hospitalités (les prestations VIP) de la Coupe du monde n'avait pas rapporté autant d'argent qu'escompté. Le problème vient selon lui du prix auquel Claude Atcher, alors directeur de la candidature française pour l'organisation de la compétition (ensuite révoqué du GIP France 2023 pour faute grave), a promis de racheter ce programme d'hospitalités à World Rugby.

"Ces hospitalités ont été acquises au prix de 82 millions d’euros", détaillait Florian Grill le 16 décembre en marge de l'Assemblée générale financière de la fédération. "C’est deux fois plus que ce que les autres nations candidates avaient mis sur la table! Ce n’est pas qu’on a mal vendu, mais que cela a été très, très mal acheté."

Au mieux, deux millions d'euros pour la FFR... au pire, sept millions de pertes

Après l'attribution de la Coupe du monde à la France en 2017, l'ex-président de la FFR Bernard Laporte annonçait qu'elle rapporterait 50 à 70 millions d'euros à l'instance. En décembre dernier, son successeur Florian Grill tirait déjà un bilan bien en-deçà avec 5 millions d'euros dans les caisses de la FFR. Il y a d'abord la redistribution des recettes aux autres parties prenantes (dont World Rugby, les villes hôtes et la Ligue nationale de rugby). Mais un scénario plus noir encore prend forme.

Une agence d'hospitalités partenaire a déposé le bilan

Désormais, la fédération table au mieux sur seulement 2 millions d'euros de résultat. Au pire: jusqu'à sept millions d'euros de pertes. Le nouveau pavé dans la mare de la fédération s'appelle Daimani, l'une des agences d'hospitalités de la Coupe du monde. La société était chargée d'organiser une partie des événements haut de gamme autour des matchs. Selon nos informations, elle a déposé le bilan en France.

Le scénario catastrophe se précise

L'agence Daimani pourrait donc ne pas avoir les actifs suffisants pour payer ce qu'elle doit au GIE, le Groupement d'intérêt économique qui gérait les hospitalités pour France 2023. Le GIE qui est détenu à 55%.... par la FFR et qui annonçait déjà une perte de 13 millions d'euros sur la Coupe du monde. La perte pourrait, avec ce dépôt de bilan, s'élever à 25 millions d'euros.

Cela représenterait donc un nouveau manque à gagner pour l'instance du rugby français. Ce qui explique les nouvelles prévisions à la baisse au sein de la FFR. Une très mauvaise nouvelle pour une fédération qui est dans le rouge financièrement avec un déficit d'exploitation de 40 millions d'euros sur les saisons 2022-2023 et 2023-2024. La Coupe du monde ne viendra pas combler ce déficit.

"Elle génère du profit pour tous les acteurs: World Rugby, la LNR, les villes hôtes, même l'Etat", constate-t-on froidement à la fédération. "Mais la FFR pourrait perdre de l'argent."

Une solution sur la table pour éviter le pire

Ces difficultés, Florian Grill les craignait et prévenait déjà en décembre. " La Fédération pourrait aller jusqu’à perdre de l’argent si l’agence agréée était défaillante", prévenait-il. Une option est sur la table pour essayer de limiter la casse: que la holding de Daimani en Suisse paye la dette de la société française.

Au sein de l'instance, c'est la consternation. "Depuis 2007, toutes les Coupes du Monde rapportent entre 30 et 60 millions d’euros à la Fédération organisatrice. Pour la FFR le risque est d’avoir des pertes. Quand on pense que Claude Atcher déclarait avant la candidature que le résultat global de la Coupe du Monde serait de 200 millions d’euros... On est loin du compte."

Article original publié sur RMC Sport