Le Royaume-Uni divisé sur l'arrêt des soins d'Archie, 12 ans, dans le coma après un challenge TikTok

Le jeune Archie Battersbee sur son lit d'hôpital - Capture d'écran BFMTV
Le jeune Archie Battersbee sur son lit d'hôpital - Capture d'écran BFMTV

Le 7 avril dernier, le jeune Archie Battersbee, 12 ans, était retrouvé inconscient au domicile de ses parents situé au Royaume-Uni. Une gravissime lésion cérébrale est détectée. En cause, un dangereux et stupide défi TikTok, comme l'affirme depuis sa mère, Hollie Dance. L'enfant aurait tenté de réaliser le "blackout challenge", populaire sur la plateforme, qui consiste à retenir son souffle jusqu'à l'évanouissement.

Depuis cette date, Archie a été placé dans le coma et est maintenu artificiellement en vie dans un hôpital londonien. Les médecins affirment que son état n'est pas appelé à s'améliorer, et ont demandé l'arrêt des soins. Une décision impensable pour les parents d'Archie. Sa mère Hollie et son père Paul Battersbee ont multiplié les recours en justice, tenant en haleine les médias outre-Manche et déclenchant un vif débat sur la fin de vie dans le pays.

"S'il y avait la moindre possibilité que le traitement permette une amélioration, cela pourrait être proportionné et utile. Mais vu qu'ici le soin est futile, cela met à mal la dignité d'Archie, le prive de son autonomie et est à l'opposé de son bien-être", a indiqué la justice fin-mai.

Rejet de tous les recours

Une à une, les différentes instances saisies ont débouté les parents. Mercredi, une ultime décision de la Cour suprême britannique a ordonné l'arrêt des soins à la mi-journée. C'était sans compter sur la détermination de la famille Battersbee, qui a décidé de saisir la Cour européenne des droits de l'homme. En vain. L'institution basée à Strasbourg a jugé la demande irrecevable. Archie Battersbee devrait donc très prochainement être débranché.

"C'est tellement injuste. Le fait qu'en tant que parent, nous n'ayons aucun droit pour nos enfants. C'est dégoûtant. Je lui ai promis de me battre jusqu'au bout, et c'est exactement ce que j'ai fait", a déclaré sa mère Hollie Dance face aux caméras. Depuis le début du bras de fer judiciaire qu'elle a entrepris, elle prend très régulièrement la parole face aux médias.

Elle assure, aux côtés de son mari, qu'Archie présente encore des signes de vie, notamment au niveau des yeux et avec la pression de ses doigts. Soutenue par une organisation chrétienne, les parents ajoutent que les convictions religieuses de l'enfant doivent être prises en compte. Fan de sport, Archie serait devenu croyant en regardant des sportifs prier avant les compétitions.

Des arguments irrecevables d'un point de vue médical. "Son organisme, ses organes et son cœur sont en train de s'éteindre", a souligné ce lundi le juge Andrew McFarlane de la Cour d'appel, cité par l'Agence France-Presse (AFP).

Au moins sept enfants morts dans le monde

Au Royaume-Uni, à l'image de l'affaire Vincent Lambert en France, le cas d'Archie a déclenché un vif débat sur la fin de vie. Certains jugent l'acharnement thérapeutique des parents regrettables. Les propos d'Hollie Dance, qui a estimé que le NHS - la sécurité sociale outre-Manche - commettait une "exécution chorégraphiée" contre son fils, ont suscité la controverse.

Le drame a également mis la lumière sur le "blackout challenge" présent sur TikTok, à l'origine de l'état d'Archie. Après la mort de deux jeunes filles de 8 et 9 ans aux États-Unis alors qu'elles tentaient de réaliser ce défi, leurs familles ont saisi la justice américaine début juillet. Ils reprochent à TikTok de ne pas assez réguler le contenu qu'il diffuse, incriminant son algorithme.

"TikTok savait de façon incontestable que le défi mortel du 'Blackout' se propageait sur l'application, et que son algorithme le proposait à des enfants, dont celles qui ont perdu la vie", peut-on lire dans la plainte.

Selon le média The Verge qui s'est procuré la plainte, les parents des deux fillettes assurent que cinq autres enfants sont morts dans le monde en lien avec ce challenge, portant le nombre de victimes à sept. Parmi les drames cités, le cas d'une fillette de 10 ans. Elle était morte à Palerme en Sicile, après s'être filmée se mettant une ceinture autour du cou.

Article original publié sur BFMTV.com

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