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Redoublement des élèves: Attal annonce que "les professeurs auront désormais le dernier mot"

Dans un courrier envoyé aux professeurs et membres de la communauté éducative que BFMTV a pu consulter, le ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal a annoncé ce mardi 5 novembre que "les professeurs auront désormais le dernier mot s'agissant du redoublement".

"Dès le premier trimestre de l’année 2024, je publierai un décret qui rendra à l’équipe pédagogique - et non plus aux familles - le dernier mot s’agissant du redoublement de l’élève", a-t-il précisé.

L'OCDE a publié ce mardi son étude internationale Pisa 2022, pointant en France une baisse "historique" du niveau des élèves en mathématiques, quelques heures avant que Gabriel Attal ne dévoile des "mesures fortes" pour relever le niveau des élèves, notamment au collège.

"Lutter contre l'échec forcé"

"Je veux lutter contre l'échec forcé, auquel peuvent être condamnés des élèves que l'on veut faire passer à tout prix en classe supérieure", a expliqué le ministre lors d'une conférence de presse plus tard dans la journée.

"Pour ces élèves, deux choix s'offriront aux professeurs en fin d'année: un passage sous condition, avec de la remédiation, comme des APC (activités pédagogiques complémentaires, NDLR), du tutorat, des stages de réussite durant leurs vacances scolaires" ou "le redoublement en cas de grande difficulté", a-t-il déclaré.

Maxime Reppert, vice-président du  Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur (SNALC), a jugé "très bien" ce dernier mot donné aux enseignants, affirmant sur BFMTV que cette mesure "participe à la reprofessionnalisation du métier", même si le redoublement "n'est pas la panacée".

Une mesure qui ne fait pas l'unanimité

La mesure du redoublement ne fait pas l'unanimité au sein de la communauté éducative. Selon le Centre national d'étude des systèmes scolaires, une instance indépendante, "dans la majorité des études, le redoublement n'a pas d’effet sur les performances scolaires à long terme". Il a "en revanche, toujours un effet négatif sur les trajectoires scolaires et demeure le meilleur déterminant du décrochage".

Fin novembre, lors du congrès de l'Association des maires des France, Gabriel Attal avait déjà dit son envie de "revoir" la "question du tabou du redoublement".

Guislaine David, secrétaire générale de la FSU-SNUipp, principal syndicat du primaire, lui avait répondu sur RTL qu'un tel "tabou" n'existe pas, pointant le "consensus de la recherche pédagogique" sur ce sujet: "ce qu'on préconise plutôt, c'est de prévenir les difficultés des élèves" en primaire.

Selon le rapport de l'Éducation nationale sur les statiques du système éducatif français en 2022, le redoublement a très fortement baissé depuis le début des années 2000, et ce à tous les niveaux de formation, mais se stabilise depuis 2016.

Article original publié sur BFMTV.com