Pour réguler les influenceurs, Bruno Le Maire lance une consultation publique

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire s’est glissé dans la peau d’un influenceur pour demander aux Français de participer à une consultation publique pour mieux encadrer le métier d’influenceur.

Dans une vidéo YouTube reprenant certains codes de la plateforme, Bruno Le Maire explique vouloir mieux réguler le métier d’influenceur.

INTERNET - Mieux encadrer pour mieux influencer. Dans le cadre de l’ouverture d’une consultation publique sur les influenceurs et les créateurs de contenus, le ministre de l’Économie s’est glissé dans la peau de l’un d’entre eux ce dimanche 8 janvier.

« J’ai besoin de vous », demande même le ministre dans une vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux pour annoncer l’ouverture de cette consultation publique, qui durera jusqu’à fin du mois de janvier. « Vous êtes des millions à consulter leurs avis, leurs recommandations dans le domaine de la mode, du sport, de la beauté, des voyages. Ils jouent donc un rôle dans notre vie quotidienne. Ça leur donne une responsabilité particulière », ajoute Bruno Le Maire.

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Derrière cette vidéo reprenant les codes d’Internet, un objectif : mettre en place un « code de bonne conduite » pour les influenceurs, afin de les empêcher de duper leurs fans sur les produits qu’ils promeuvent. Voilà comment le gouvernement veut réguler et accompagner les influenceurs. D’où la mise en place de cette consultation publique, qui doit permettre aux Français de s’exprimer librement pour mieux réguler le secteur.

Une démarche étroitement liée aux polémiques, parfois suivies d’amendes, qui éclatent régulièrement sur les pratiques des influenceurs qui ne révèlent pas toujours les relations qui les lient à certaines marques. L’influenceuse Nabilla Benattia-Vergara a par exemple payé 20 000 euros d’amende pour avoir fait en 2018 la promotion de services boursiers sur Snapchat sans mentionner qu’elle était rémunérée pour cela.

Le ministère de l’Économie avait annoncé le 9 décembre le principe de cette consultation publique, à l’issue d’une table ronde avec des représentants de ce secteur en plein boom, qui plaide de son côté pour l’autorégulation.

11 mesures réparties en quatre thématiques

« L’immense majorité d’entre eux respecte évidemment les règles. Mais il y a aussi certaines arnaques ou parfois tout simplement certains oublis. On oublie de dire qu’on a été payé pour recommander tel produit, tel site ou tel voyage », juge le ministre.

« Ce sont ces écarts, ces manquements, parfois ces tricheries que nous voulons corriger avec la régulation de ce secteur », a-t-il poursuivi. La consultation, accessible jusqu’au 31 janvier sur concertation-influenceurs.make.org, « permettra à tous les Français qui le souhaitent de s’exprimer sur 11 mesures réparties en quatre thématiques », a-t-il précisé.

Parmi ces quatre thématiques, on retrouve ainsi : « les droits et obligations des influenceurs, la propriété intellectuelle, la protection des consommateurs et la gouvernance du secteur ». En outre, le ministère de l’Économie précise que depuis janvier et jusqu’en février, huit groupes de travail ont été mis en place avec des acteurs du monde des influenceurs. L’objectif étant le même, autour des quatre thématiques précédemment évoquées.

Début décembre, Magali Berdah, dirigeante de l’agence d’influenceurs Shauna Events et surnommée la « papesse des influenceurs et de la téléréalité » avait déjà plaidé pour donner un cadre officiel au métier d’influenceur, qu’elle considère encore mal défini par les autorités. Elle prônait alors un modèle similaire à celui des médecins ou des avocats.

VIDÉO-Bruno Lemaire justifie la politique économique de la France