Nous réclamons une commission d’enquête au Sénat sur le Monkeypox

Un rapport de la Commission d'enquête du Sénat a mis en lumière les recours très nombreux à ces cabinets privés pendant le quinquennat d'Emmanuel Macron et les pratiques d'optimisation de la société McKinsey. Le PNF a ouvert une enquête le  31 mars.
ALAIN JOCARD via AFP Un rapport de la Commission d'enquête du Sénat a mis en lumière les recours très nombreux à ces cabinets privés pendant le quinquennat d'Emmanuel Macron et les pratiques d'optimisation de la société McKinsey. Le PNF a ouvert une enquête le 31 mars.

ALAIN JOCARD via AFP

Monsieur le Président du Sénat,

Mesdames les Sénatrices,

Messieurs les Sénateurs,

Considérant que le premier cas confirmé de variole simienne en France est en date du 20 mai 2022, et qu’en l’espace de quelques semaines la circulation du virus et le nombre de cas n’ont cessé d’augmenter pour atteindre plus de 1 800 cas, et deux décès en Espagne.

Considérant l’avis de la Haute Autorité de Santé publié le 7 juillet 2022, la vaccination antivariolique est ouverte en pré-exposition pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HsH), les hommes gays, bi et multipartenaires, les personnes trans rapportant des partenaires sexuels multiples, les travailleurs et travailleuses du sexe, les professionnels des lieux de consommation sexuelle (quel que soit le statut de ces lieux), mais que les créneaux disponibles restent en nombre trop insuffisants partout sur le territoire national,

Dès le début juillet 2022, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelait à une action urgente en Europe pour endiguer la circulation de la variole simienne et considérant que le samedi 23 juillet 2022, l’OMS a déclenché son plus haut niveau d’alerte, qualifiant la situation « d’urgence de santé publique de portée internationale »,

Considérant la lenteur extrême de mise en route d’une campagne d’information et de vaccination, et le sous-dimensionnement de celle-ci, alors même que nous disposons aujourd’hui – du fait notamment des années qui ont vu naître la lutte contre le sida jusqu’à celles de la crise COVID – de toutes les expertises, connaissances et volontés humaines de terrain nécessaires pour répondre rapidement et efficacement à ces situations d’urgence sanitaire,

Considérant que l’absence d’information transparente par le gouvernement sur le nombre de vaccins disponibles ou a minima qui seront mises à disposition, sur les commandes à venir, leur date de disponibilité, sur la méthodologie et l’ampleur de la campagne vaccinale et d’information – en particulier l’évaluation des besoins – témoigne d’un mépris et d’une faute à l’égard de l’ensemble des personnes concernées, des acteurs et actrices de terrain, des parlementaires, des élu·es des collectivités et des citoyennes et citoyens,

L’action du gouvernement et de ses autorités sanitaires nationales et déconcentrées est totalement insuffisante face à l’ampleur de la situation, stigmatise les malades et les personnes LGBTi+ et met ainsi en danger la santé des personnes.

Nous, élu•es de la République, professionnelles et professionnels du médico-social, représentantes et représentants associatifs, citoyennes et citoyens, élu.es locaux et locales demandons l’ouverture d’une commission d’enquête sénatoriale sur la gestion gouvernementale de la crise sanitaire de la variole simienne, dite « Monkeypox ».

Nous la demandons pour défendre le principe de démocratie sanitaire et sa vivacité par la coopération avec l’ensemble des acteurs, de mettre fin au secret sur la stratégie gouvernementale et exigeons toute la transparence d’information, pour évaluer la qualité de cette stratégie semaine après semaine depuis la constatation du premier cas en France. »

Les pouvoirs des commissions d’enquête

« Les obligations sont assorties de sanctions pénales : la personne qui refuse de comparaître, de prêter serment, de déposer ou de communiquer les documents demandés, est passible d’un emprisonnement de deux ans et d’une amende de 7 500 €, et, le cas échéant, de l’interdiction de l’exercice des droits civiques pour une durée de deux ans. »

Source : senat.fr

Parmi les premières et premiers signataires du texte (liste complète à consulter à cette adresse) :

  • Théo Challande Névoret, Adjoint au Maire de Marseille, en charge de la démocratie locale et de la lutte contre les discriminations

  • Camille Spire, Présidente de AIDES

  • Antoine Chassagnoux, Président d’Act-Up Paris

  • Anne Souyris, Adjointe à la Maire de Paris, en charge de la santé publique

  • Dr. Michèle Rubirola, Première Adjointe de Marseille, de la santé publique

  • Matthieu Gatipon-Bachette, Porte-parole de l’Inter-LGBT, Président du Centre LGBTQl+ de Lorraine

  • Florence Rigal, Présidente de Médecin du Monde

  • Antoine Alexandre, Directeur national de l’ENIPSE

  • Nadège Abomangoli, Députée de la Seine-Saint-Denis

  • Eric Arassus, Président de la Fédération Sportive LGBT+

  • David Belliard, Adjoint à la Maire de Paris

  • Daniel Breuiller, Sénateur du Val-de-Marne

  • Jean-Luc Romero, Adjoint à la Maire de Paris, en charge des droits humains, de l’intégration et de la lutte contre les discriminations

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