Qatar : l’effet boomerang

Courrier international

La Coupe du monde qui débute dimanche 20 novembre au Qatar s’annonce déjà comme l’une des plus contestées de l’histoire, après celle organisée dans l’Argentine des dictateurs en 1978 (lire l’article du Temps que nous reprenons en page Histoire sur le sujet). Au sein même de la rédaction, les débats ont parfois été houleux autour de la couverture à accorder à l’événement. Il nous semblait pourtant difficile de ne pas y consacrer la une de l’hebdomadaire cette semaine.

Organisée tous les quatre ans, la Coupe du monde de football est sans doute l’événement phare du sport mondial, bien plus qu’un rendez-vous sportif. Accueillir une Coupe du monde a toujours été un acte politique, explique très bien un chroniqueur britannique dans un article d’Unherd à retrouver dimanche sur notre site. C’est surtout “l’un des rares événements véritablement mondiaux”, écrit-il, où se croisent et s’affrontent des nations qui ont peu l’habitude de se retrouver sur une même “scène” en évoquant les équipes qui joueront dans le groupe du Qatar, à savoir l’Équateur, les Pays-Bas et le Sénégal.

Rarement pourtant, récemment, les polémiques auront été aussi virulentes autour de l’organisation d’une telle compétition. Ni la Coupe du monde en Russie, en 2018 (malgré l’annexion de la Crimée quatre ans plus tôt), ni les jeux Olympiques d’hiver à Pékin (malgré les camps de travail au Xinjiang et la répression contre les Ouïgours) n’avaient suscité pareil tollé.

En décrochant l’organisation de la Coupe du monde en 2010, le petit émirat du Golfe avait espéré une consécration internationale, la reconnaissance de son rôle et de son influence grandissante dans le monde. Douze ans plus tard, c’est le retour de bâton. Entre les soupçons de corruption, le sort des travailleurs migrants – dont plusieurs milliers seraient morts sur les chantiers des stades de la Coupe du monde –, les critiques sur la question environnementale (notamment la climatisation des stades) et les droits des personnes LGBTQI, le Qatar affronte une avalanche de critiques.

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