Prince héritier saoudien à Paris: pas de remise en cause de "l'engagement en faveur des droits de l'Homme", selon Borne

La Première ministre Élisabeth Borne a défendu la visite officielle du prince héritier saoudien à Paris. - Thomas COEX / POOL / AFP
La Première ministre Élisabeth Borne a défendu la visite officielle du prince héritier saoudien à Paris. - Thomas COEX / POOL / AFP

La visite jeudi à l'Elysée du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane, la première en Europe depuis l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, ne revient pas "à remettre en cause notre engagement en faveur des droits de l'Homme", a insisté la Première ministre Élisabeth Borne.

"Il ne s'agit évidemment pas de mettre de côté nos principes, il ne s'agit pas de remettre en cause notre engagement en faveur des droits de l'Homme. Le président de la République aura certainement l'occasion d'en parler avec M. Mohammed Ben Salmane", a déclaré Élisabeth Borne lors d'un déplacement à Châtenois, dans les Vosges.

Emmanuel Macron reçoit jeudi soir "MBS" à dîner, une visite qui suscite l'ire des défenseurs des droits de l'Homme.

Un "pays producteur d'énergie"

"Je pense que les Français ne comprendraient pas, dans un contexte où l'on sait que la Russie coupe, menace de couper et recoupe l'approvisionnement en gaz, où on a des tensions sur les prix de l'énergie, qu'on ne discute pas avec les pays qui sont précisément producteurs d'énergie", a poursuivi Élisabeth Borne.

"Ceci ne remet pas en cause, évidemment, les attentes qui pourront être exprimées sur le respect des droits de l'Homme" auprès de Mohammed Ben Salmane, a-t-elle ajouté.

La rencontre entre le chef de l'État français et le prince héritier saoudien, qui intervient après celle d'Emmanuel Macron à Jeddah en décembre, signe un peu plus la "réhabilitation" du dirigeant de facto du royaume, moins de deux semaines après la visite du président américain Joe Biden en Arabie Saoudite, qui a définitivement consacré le retour de "MBS" sur la scène internationale.

Mis à l'écart depuis 2018

MBS avait en effet été banni par les pays occidentaux après le meurtre en 2018 du journaliste saoudien critique Jamal Khashoggi au consulat de son pays à Istanbul.

Chroniqueur du Washington Post, critique du pouvoir saoudien, le journaliste avait été tué et démembré le 2 octobre 2018 dans les locaux du consulat saoudien à Istanbul alors qu'il venait chercher des papiers nécessaires à son mariage.

La fiancée de Jamal Khashoggi, Hatice Cengiz, s'est dite "scandalisée" qu'Emmanuel Macron reçoive le prince héritier saoudien.

Cette visite se déroule dans le contexte de la guerre en Ukraine et de l'envolée des prix de l'énergie, incitant les pays occidentaux à revoir leurs relations avec l'Arabie Saoudite, premier exportateur mondial de brut, qu'ils cherchent à convaincre d'ouvrir les vannes afin de soulager les marchés.

Article original publié sur BFMTV.com

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