Pourquoi ces piscines ont brusquement fermé ce lundi

This picture taken on June 20, 2019 shows an interior view of the Butte aux Cailles swimming pool during the launch of a national campaign against drowning risks
THOMAS SAMSON / AFP This picture taken on June 20, 2019 shows an interior view of the Butte aux Cailles swimming pool during the launch of a national campaign against drowning risks "#VigilanceNoyade", in the 13th district of Paris. - The government, the world of sports and firefighters launched the VigilanceNoyade campaign on June 20 to stop the sharp rise in drowning in recent years at the beginning of the summer, during which these accidents killed last year more than 400 people in France. (Photo by Thomas SAMSON / AFP)

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Une photo de la piscine de la Butte aux Cailles, à Paris, le 20 juin 2019 (image d’illustration) (Photo by Thomas SAMSON / AFP)

INFLATION - Une trentaine de piscines publiques, à Limoges, Granville (Manche) ou Versailles notamment, ont fermé leurs portes ce lundi 5 septembre, car la société exploitante Vert Marine ne peut plus faire face à l’augmentation des prix de l’énergie, a indiqué la société dans un communiqué transmis à l’AFP.

Environ 10% des 4 000 piscines publiques françaises sont gérées via une délégation de service public et non directement par la collectivité où elle est implantée. Souvent chauffées au gaz, les piscines sont des équipements très énergivores et subissent de plein fouet la hausse des prix.

La société Vert Marine a dû fermer « pour une durée temporaire » un tiers de ses établissements et a placé « les personnels en chômage partiel », a-t-elle indiqué dans un communiqué transmis à l’AFP. Parmi les autres communes concernées par ces fermetures surprises, la presse régionale se fait l’écho des villes de Nîmes, de Saint-Dizier, ou encore de Saint-Cyr-l’École.

Une facture multipliée par trois

La facture énergétique de ce délégataire de service public est passée de « 15 à 100 millions d’euros », soit « la totalité du chiffre d’affaires annuel de l’entreprise ». La société, qui a des discussions avec les collectivités depuis juin n’a pas pu trouver de solution à ce stade, a-t-elle précisé à l’AFP. Elle affirme ne pas vouloir procéder à une multiplication des tarifs par trois.

Elle en appelle ainsi « aux instances locales et gouvernementales afin de prendre les décisions nécessaires et inédites pour revenir à des coûts supportables de l’énergie et permettre d’assumer les obligations de service public, et en premier lieu l’apprentissage de la natation notamment en milieu scolaire », explique cette société qui compte 2 000 salariés.

Sur les 90 piscines et patinoires qu’elle gère, certains contrats de délégation ne comprennent pas le coût de l’énergie.

Pour les collectivités, cela a parfois été la surprise. « Nous avons appris cette fermeture totalement imprévue, vendredi soir, par un mail de la direction nationale de Vert Marine, le personnel local n’étant même pas au courant », déplore auprès de nos confrères d’Actu.fr, le maire de Versailles, François de Mazières. Même son de cloche à Nîmes, où l’élu délégué à la gestion des bâtiments communautaires assure qu’il n’était pas informé. « On n’était même a pas au courant, on est mis devant le fait accompli », dit-il auprès de Midi-Libre.

Préserver l’activité sportive et économique

Depuis cet été, plusieurs collectivités françaises ont décidé de réduire les amplitudes horaires de leur piscine, voire ont abaissé la température de l’eau pour essayer de faire diminuer une facture qui explose. La tendance pourrait se poursuivre compte tenu de la crise énergétique.

Selon l’association France Urbaine, qui regroupe métropoles et grandes villes, environ 10% de leurs adhérents envisagent des fermetures de piscines cet hiver. Cette question des piscines et des patinoires est au menu du groupe de travail gouvernemental sport sur la sobriété énergétique.

« S’agissant des piscines et des patinoires, un travail est notamment mené avec les représentants de ces acteurs (dont l’Union Sport et Cycle) et les collectivités pour trouver des solutions afin de réduire la consommation tout en préservant l’activité sportive et économique », avait précisé de concert les ministres des Sports et de la Transition énergétique la semaine dernière. « Des mesures complémentaires seront étudiées en cas de fortes tensions sur les réseaux », avaient-elles ajouté.

À voir également sur Le HuffPost : En banlieue de Paris, une piscine fermée pour faire des économies d’énergie

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