Pourquoi l’expression « quand on veut, on peut » est dangereuse

15. Burnout - En anglais, \
Getty Stock 15. Burnout - En anglais, \"burn-out\" qualifiait les voitures hors d'usage, au moteur usé jusqu'à la corde. Aujourd'hui, il désigne un trouble professionnel psychique lié à la surcharge de travail. Le burnout est une maladie induite par l'exposition à un stress permanent prolongé. En termes médicaux, on parle de \"syndrome d'épuisement\". Dans les conversations courantes, on évoque facilement le \"burnout\" pour désigner un simple coup de fatigue. L'ancêtre du burnout est l'acédie, une maladie de l'âme qui touchait les moines les plus fervents au Moyen-Âge. À force d'ascèse de privation de consolation sensibles comme de réprimandes, certains moines perdaient leur entrain, abandonnaient leurs offices et sombraient dans la léthargie, l'ennui, pire l'indifférence à Dieu. On les disait alors frappés d'acédie, une maladie de l'esprit assimilé à la paresse, péché capital aux yeux de l'Église. En réalité comme l'acédie, le burnout est une crise de surinvestissement. Ce terme a été créé par Graham Greene dans son roman, A Burn-out Case (1960), récit du parcours d'un architecte lassé des femmes et de son travail et qui retrouve un sens à la vie en visitant une léproserie congolaise. Les lépreux défigurés par les poussées de la maladie ne sont plus contagieux, ils sont dits physiquement \"burn-out\". Le héros de Graham Greene, lui, est brûlé mentalement. Tout comme la dépression se décrit physiquement par un effondrement de soi, une chute, le burnout est une consumation psychologique. Le psychiatre Freudenberger identifie cliarement les premiers cas de \"burn-out syndrome\" dans son article Staff Burn-out (sur l'état de l'épuisement de son personnel en 1974). Om observe qu'au bout d'un an de travail dans sa clinique bénévole, les professionnels de santé perdent systématiquement toute motivation. Suractivité permanente, manque d'effectifs, exposition aux souffrances des patients, ils sont épuisés. Fatigue, rhumes persistants, troubles gastriques, insomnies, tels sont les symptômes du burnout. Aujourd'hui, le burnout s'observe dans tous les secteurs d'activité. La répétition des stimuli, les nouvelles formes d'organisation du travail, l'urgence permanente, tout cela favorise le burnout. Attaque panique, malaises vagaux, les symptômes du stress se généralisent. Un matin, une personne \"burnoutée\" se révèle incapable de bouger, privée de toute énergie. Une interiorisation de la souffrance, un incendie nerveux consume l'être et le paralyse. Au Japon, on ne décrit que les cas létaux de bournout, que l'on nomme Karoshi (mort par épuisement). Les philosophes contemporains voient dans le burnout une perte de foi dans le système, à l'image de ces moines qui sombraient dans l'acédie : un \"burnout\" global (Global Burn-Out, Pascal Chabot, 2013). Adjectif : • \"Burnouté\" : épuisé. \"Je vais profiter de ce week-end pour repousser encore un peu les limites du burnout\" @franck , Twitter Ce week-end, je me donne à fond dans mon travail.

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renons l’exemple d’un examen que vous avez raté parce que vous n’avez pas travaillé. Mais sait-on pourquoi vous n’aviez pas travaillé ? Peux être vouliez vous travailler mais vous n’en aviez pas le temps, la force, la capacité, la possibilité …

PSYCHOLOGIE - Qui n’a jamais entendu la célèbre phrase prononcée par Napoléon Bonaparte : « Quand on veut on peut, quand on peut, on doit. »

Alors autant vous dire tout de suite que je m’inscris contre cette phrase.

En effet, cette dernière sous-entend que nos actions et notre réussite seraient une simple question de volonté… Et que lorsqu’on s’en donne les moyens la réussite est toujours à la clé.

Ceux qui réussissent seraient donc méritants car volontaires. En revanche, nos échecs seraient dus au fait qu’on ne s’en est pas donné les moyens, qu’on n’a pas voulu réussir.

Il est possible que parfois ce soit le cas mais pas aussi souvent que cela…

Prenons l’exemple d’un examen que vous avez raté parce que vous n’avez pas travaillé. Mais sait-on pourquoi vous n’aviez pas travaillé ? Peut-être vouliez vous travailler mais vous n’en aviez pas le temps, la force, la capacité, la possibilité… Il ne s’agirait donc pas d’un manque de volonté ? Ou alors peux être que vous ne vouliez pas travailler mais dans ce cas-là est ce réellement à proprement parler un échec si l’examen n’a pas été investi dès le départ comme quelque chose qu’il est souhaitable de réussir ?

Certes, la volonté est importante mais elle n’est pas la seule à entrer en scène !

En effet, vos réussites dépendent de différents facteurs internes tels que vos compétences, vos besoins, vos capacités, votre motivation et externes tels que votre environnement social et conjoncturel.

Ainsi il apparaît donc qu’il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir.

La motivation

La motivation, c’est la probabilité qu’un individu adhère, s’engage et poursuivre une démarche spécifique. La motivation naît donc d’une combinaison de plusieurs éléments :

  • Disposition au changement : être prêt à changer, capacité de l’organisme, besoin actuel

  • Importance du changement : désir de changement et estimation de la récompense

  • Confiance pour y parvenir : capacités perçues de changement, estimation de nos efforts

Motivation versus volonté

La volonté, c’est ce que l’on aimerait faire. C’est un concept cognitif. On a plus de chance de faire si on le veut mais si on a trop de difficultés à faire, en retour cela aura épuisé notre volonté à vouloir cette chose.

La motivation, à la différence de la volonté, c’est un concept fondamentalement comportemental. La motivation s’appuie sur nos capacités, nos besoins et parle de nos actions, pas seulement de ce que l’on veut.

La volonté nécessite la motivation pour fonctionner et la motivation se base sur nos dispositions personnelles et environnementales (nos émotions, nos besoins, nos valeurs, nos compétences, nos moyens humains...)

C’est la raison pour laquelle non, quand on veut on ne peut pas toujours !

Pourquoi la motivation est-elle si importante en thérapie ?

Les troubles de la motivation sont au cœur de nombreuses pathologies. Par exemple :

Dans les addictions : la motivation d’une personne à la prise de drogues plus importante que la motivation à d’autres comportements protecteurs (santé ou emploi)

Dans la dépression : la motivation est réduite par la pathologie

Dans l’anorexie mentale : le déni présent dans la maladie peut gêner la motivation au changement.

Il va donc falloir l’initier car sans motivation, une thérapie aura peu de chances de porter ses fruits.

La motivation en thérapie

Il est donc primordial, lorsqu’on engage une thérapie, de travailler sur sa motivation.

Il peut, en clinique y avoir différents cas de figure.

Parfois volonté et motivation seront au rendez-vous et quelquefois, en revanche, il y aura une volonté et néanmoins des troubles de la motivation ou encore absence de volonté et de motivation mais un état de danger vital nécessitant une prise en charge.

L’analyse de la motivation fait partie d’une analyse globale à prendre en compte dans toute situation clinique.

L’analyse de la motivation, des émotions, des comportements et des cognitions est un préalable à la mise en œuvre d’une thérapie.

Cette tribune, initialement publiée sur le compte Instagram Un zeste de psychologie, a été reproduite sur Le HuffPost avec l’accord de son autrice.

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