Statue taguée, station de métro débaptisée... Pourquoi la figure du général Gallieni est contestée par les antiracistes ?

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La statue du maréchal Gallieni, place Vauban à Paris

Si le général Gallieni est entré dans l’Histoire pour son rôle durant la Première Guerre mondiale, ses méthodes brutales à Madagascar durant la colonisation sont pointées du doigt par les militants antiracistes.

“Déboulonnons le récit officiel”, “Dans un musée”, “État responsable”, la statue du général Gallieni, qui trône place Vauban à Paris, à deux pas des Invalides, a été recouverte d’inscriptions, le 16 juin.

Le lendemain, c’est la station de métro Gallieni, à Bagnolet (Seine-Saint-Denis) qui était brièvement débaptisée par des militants communistes et écologistes, et renommée Josette et Maurice Audin, figures communistes et militants anticoloniaux, originaires de Bagnolet. Le changement de nom n’a duré quelques minutes, jusqu’à l’intervention des agents RATP qui ont restauré le nom de la station.

À l’instar d’autres figures historiques à l’étranger comme Christophe Colomb aux États-Unis, Léopold II en Belgique ou Edward Colston au Royaume-Uni, la figure du général Joseph Gallieni est de plus en plus contestée, dans le contexte des manifestations antiracistes depuis la mort de George Floyd aux États-Unis.

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Il a organisé des massacres à Madagascar

Le général Joseph Gallieni est décrié pour son action comme gouverneur général de Madagascar, entre 1896 et 1905, en pleine colonisation de l’île. Envoyé pour lutter contre l’opposition anti-coloniale, il est notamment accusé d’avoir mené une répression sanglante à la fin du XIXe siècle contre des Malgaches indépendantistes. Une répression qui a entraîné des dizaines de milliers de morts.

À son arrivée, il fait notamment condamner à mort le prince Ratsimamanga et le ministre de l’Intérieur pour rébellion. Il est aussi à l’origine du massacre de Menalamba à Madagascar, qui a eu pour conséquence de maintenir l'esclavage sur l'île.

Il sauve Paris durant la Première Guerre mondiale

De retour en France en 1905, le général Gallieni prend sa retraite en avril 1914, avant d’être rappelé et d’être un acteur de premier plan de la Première Guerre mondiale. Fort de son expérience, il a alors 65 ans, il est nommé gouverneur militaire de Paris. Alors que le gouvernement fuit à Bordeaux face à l’arrivée des soldats de l’Empire allemand près de Paris, Gallieni est chargé de défendre la capitale.

Il organise la défense de la capitale, réquisitionne les taxis de Paris pour acheminer les soldats au front, ce qui ralentit l’avancée des soldats de l’Empire Allemand, qui n’arriveront pas jusqu’à Paris.

Des funérailles nationales

Salué pour ce coup d’éclat plus symbolique qu’efficace d’un point de vue militaire, Gallieni est nommé ministre de la Guerre en octobre 1915. Il démissionnera en mars 1916 après avoir pointé du doigt les erreurs de la bataille de Verdun, et meurt le 27 mai 1916. Des funérailles nationales sont organisées, Joseph Gallieni est nommé Maréchal de France à titre posthume.

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À Paris, la statue Gallieni a été érigée “à la suite d’une souscription publique organisée par la ligue maritime et coloniale française”, lancée en 1920. Inaugurée en 1920 sur l'esplanade des Invalides, elle est vandalisée en 1927 par des anticolonialistes avant d'être déplacée en 1937 sur la place Vauban, où elle trône actuellement.

Aujourd’hui, des rues et des établissements scolaires portent son nom dans plusieurs villes de France. À Madagascar, un des lycées de la capitale porte le nom du général, le lycée Gallieni d'Andohalo.

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