La position de Mélenchon sur la Chine et Taïwan n’est pas partagée par toute la NUPES

Julien Bayou et plusieurs leaders de la Nupes critiquent la dernière prise de position de Mélenchon vis-à-vis de la Chine
SARAH MEYSSONNIER / REUTERS Julien Bayou et plusieurs leaders de la Nupes critiquent la dernière prise de position de Mélenchon vis-à-vis de la Chine

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Julien Bayou et plusieurs leaders de la Nupes critiquent la dernière prise de position de Mélenchon vis-à-vis de la Chine

POLITIQUE - « Pas en mon nom. » Jean-Luc Mélenchon est loin de faire l’unanimité au sein de la NUPES, l’alliance des gauches à l’Assemblée nationale, avec ses dernières déclarations. Le troisième homme de l’élection présidentielle a qualifié, mercredi, de « provocation » le déplacement la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, à Taïwan.

Sur son blog, le chef de file de la France insoumise affirme également qu’il « n’y a qu’une seule Chine » en référence au territoire continental et que « Taïwan est une composante à part entière de la Chine », reprenant ainsi un vocable défendu par le régime de Pékin mais refusé par les autorités de Taïpei.

Dans la foulée, l’ambassade de Chine en France l’a remercié dans un tweet « pour son soutien constant à la politique d’une seule Chine ». De quoi entraîner les nombreuses critiques de la majorité présidentielle… Mais pas seulement. « On a les alliés qu’on mérite », a par exemple ironisé la députée européenne LREM Nathalie Loiseau ce vendredi 6 août sur les réseaux sociaux, tandis que plusieurs personnalités de gauche n’hésitent pas à se démarquer de cette prise de position controversée.

Bayou répond à Mélenchon

C’est en particulier chez les écolos et les socialistes que les réactions sont les plus vives. « Mélenchon parlait de « provocation » quand l’Ukraine démocrate se défendait au Donbass face à la Russie autoritaire. Et parle de « provocation » de Taïwan quand… Ce pays agit librement face à la Chine », déplore par exemple le patron d’EELV Julien Bayou, également chef des députés écologistes à l’Assemblée nationale, sur les réseaux sociaux.

Invité de BFMTV en fin de journée, il n’a pas hésité à dénoncer le « cynisme » de Jean-Luc Mélenchon sur la scène internationale. « Si on est attaché à la démocratie on l’est partout, tout le temps et en tout point », a-t-il ainsi lancé en fustigeant la vision « datée » de l’Insoumis, comme vous pouvez le voir ci-dessous. « Tout ce qui est hostile aux États-Unis est bien, par principe… c’est daté et ça relève d’un comportement non-aligné, mais ça date de 1955, en pleine guerre froide, on en est très loin », a-t-il ainsi estimé, à l’unisson de plusieurs responsables écolos.

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Parmi eux, Yannick Jadot souhaite lui aussi faire entendre sa voix. Sans le nommer, le dernier candidat écolo à la présidentielle, reprend l’expression utilisée par Jean-Luc Mélenchon sur son blog. « ’Une seule Chine’, c’est d’abord ’une seule dictature’ », écrit l’eurodéputé sur les réseaux sociaux, pour qui « le nationalisme chinois est un outil de propagande pour justifier la barbarie.  »

Dans le même esprit, EELV publie un communiqué, ce vendredi, pour entre autres, « réaffirmer sa position », et tenter de se démarquer de celle défendue par les Insoumis et leur chef de file.

« Le narratif ’d’une seule Chine’ nourrit la propagande du régime autoritaire et antidémocratique chinois », explique le parti, toujours en référence à la sortie de Jean-Luc Mélenchon. « La Chine est une dictature. Ce régime organise le génocide des Ouïghours et la répression d’autres peuples comme les Tibétains met à mal quotidiennement les droits humains sur son sol et menace illégitimement Taïwan et sa démocratie. »

Le socialiste Faure plus mesuré

Dans ce contexte, les écolos sont rejoints dans leur mouvement par certains cadres du Parti socialiste. Olivier Faure, le chef des roses juge ainsi que « l’opportunité de la visite de Nancy Pelosi à Taïwan est discutable », mais que « la volonté des Taïwanais de vivre en démocratie ne l’est pas ». Une réaction sans doute plus mesurée sur la forme mais tout aussi critique, sur le fond, des propos de l’ancien candidat insoumis à la présidentielle.

D’autres parlementaires socialistes, à l’image du député de l’Eure Philippe Brun ou du sénateur de Paris David Assouline, répliquent à leur tour. « Et c’est la visite d’une parlementaire américaine à Taïwan la ’provocation’ ? », fait mine de s’interroger le second, en commentant les manœuvres militaires déclenchées par Pékin depuis le déplacement de Nancy Pelosi.

Dans ce contexte, une voix, au sein de la NUPES se distingue par sa singularité. Celle de Sandrine Rousseau. La députée écolo de Paris publie un message ce vendredi sur les réseaux sociaux qui ne reprend pas les grandes lignes du communiqué de sa formation et semble plutôt apporter de l’eau au moulin des insoumis.

« Il y a de multiples manières de soutenir Taïwan, sa démocratie et son peuple », écrit-elle d’abord, sur Twitter, en prenant soin de préciser ensuite : « La surenchère ne sera jamais la bonne. » Une façon de critiquer, en creux, la visite de la dirigeante américaine à Taïpei ? L’élue parisienne ne précise pas et appelle à « permettre la stabilité et la paix dans la région ». Sur ce dernier point, tout le monde sera d’accord.

À voir également sur Le HuffPost : A l’Assemblée, cette allusion à Mélenchon a énervé les députés Renaissance

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