Publicité

Partira, partira pas? Entre Benzema et l'Arabie saoudite, chronologie d'une étrange guerre de communication

Avant de virer à la guerre de communication, l’aventure de Karim Benzema (36 ans) avait débuté par un idéal à la fois sportif et religieux. Après 14 ans au Real Madrid, l’attaquant a cédé aux sirènes du richissime état pétrolier, désireux de développer son championnat à coups de gigantesques investissements. Après Cristiano Ronaldo l’hiver précédent, l’international français (97 sélections, 37 buts) a été érigé parmi les têtes de gondoles de ce recrutement fastueux comme Neymar, Sadio Mané ou Riyad Mahrez, également recrutés l’été dernier.

L’appât d’un fructueux contrat à 200 millions d’euros jusqu’en 2026 y a largement contribué. L’ancien Lyonnais avait lui plutôt justifié son départ pour y vivre pleinement sa foi religieuse dans le pays de La Mecque.

"Quand tu voyages là-bas, tu es dans le vrai", expliquait-il sur le site du championnat saoudien.

"Pour un musulman, tu es dans le vrai. C'est ce qu'il faut faire, tu te sens bien et pur. C'est exceptionnel. Je le souhaite à tous les musulmans d'y aller un jour, parce que c'est là-bas où il y a la vérité."

Des performances critiquées

Au sein d’un effectif composé de quelques stars (N’Golo Kanté ou Fabinho) et de joueurs locaux, le capitaine Benzema affiche des stats correctes (12 buts en 20 matchs) mais l’équipe patine. Elle ne pointe qu’à la 7e place du championnat, très loin du leader Al-Hilal et des autres équipes détenus à 75% par le fonds d’investissement souverain (le PIF), Al-Ahli et Al-Nassr FC. Cela fait tâche pour Al-Ittihad, également propriété du PIF qui a remplacé l’entraîneur Nuno Espirito par Marcelo Gallardo en novembre. Benzema, star de l’équipe, s’est vite retrouvé ciblé par les critiques et les insultes des supporteurs de l’équipe au point de désactiver son compte Instagram fin décembre. Les fans lui reprochent un manque d’enthousiasme et de combativité sur le terrain.

Un retard qui rend le club furieux

Les choses s'enveniment le 2 janvier, date fixée pour la reprise par Marcelo Gallardo. Karim Benzema ne répond pas à la convocation ce jour-là, ni les suivants. Selon ses proches, le joueur est bloqué sur l’île Maurice en raison du cyclone Belal qui balaye l’océan Indien. Il rallie finalement Djeddah avec… 17 jours de retard. Une source proche du dossier fait alors état de la colère du club "furieux de ce qui s'est passé", n'ayant pas réussi à le joindre "pendant dix jours". Une réunion est alors prévue avec Marcelo Gallardo.

Écarté du groupe pour le stage de reprise

Si le contenu de cet entretien ne filtre pas, ce retard débouche sur une décision radicale: Benzema n’est pas convoqué pour participer au stage de mi-saison de l’équipe aux Émirats arabes unis, avant la reprise des compétitions avec le quart de finale de Kings Cup contre Al-Faisaly, le 4 février prochain. Depuis, l'ancien Lyonnais s’entraîne tout seul dans les installations du club à Djeddah, et ce au moins jusqu’à la semaine prochaine, date de la fin du stage.

Une source assure qu’il a demandé à partir

Nouveau rebondissement mardi avec une information de l’AFP selon laquelle le joueur aurait demandé à quitter temporairement le club. L’info émane d’une source proche du club balançant que le joueur est "incapable de donner le meilleur de lui-même à Al-Ittihad à cause de la pression". Des propos forts qui ressemblent à une étonnante manœuvre en direction du joueur.

Benzema dément ses envies de départ

Une information rapidement démentie par ses proches mais aussi par l’attaquant lui-même. Habitué à communiquer par phrases mystérieuses sur les réseaux sociaux, "KB9" a utilisé un autre biais puisqu’il a supprimé son compte Instagram. Dans un message transmis à L’Équipe, il s’est offusqué de ces bruits le concernant. "C'est totalement faux! ", a-t-il lancé. "Les médias ne savent plus quoi inventer. Plus c'est gros, mieux c'est."

OL, Premier League… Un avenir loin de l’Arabie saoudite?

Tous les bruits ne font qu’agiter les spéculations sur l’avenir de Benzema, dont le salaire le rend inaccessible à l’exception de quelques clubs. Seule la Premier League (Manchester United, Chelsea) semble en mesure de lui offrir une porte de sortie. L’idée d'un retour à l'OL, son club formateur, est séduisante à de nombreux égards mais le dossier est très complexe financièrement. Ces dernières semaines, ces proches assuraient qu’un départ d’Arabie saoudite cet hiver n’était pas à l’étude.

Article original publié sur RMC Sport