La paralysie du sommeil, ce mal dont j’ignorais souffrir

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alamy Les terreurs nocturnes - Une terreur nocturne est un trouble spectaculaire du sommeil survenant en début de nuit et en phase de sommeil lent profond. La terreur nocturne commence par un cri de panique. L'enfant est souvent assis sur son lit, les yeux écarquillés et fixes; l'air terrifié, il hurle, et est insensible aux tentatives de ses parents pour le rassurer. Il ne garde aucun souvenir de la crise... qui laisse en général ses parents inquiets et désemparés. La terreur nocturne se rapproche du somnambulisme, mais est très différente du cauchemar qui survient plutôt en fin de nuit, et dont on garde le souvenir. Des terreurs nocturnes répétées sont observées chez 6% des enfants d'âge préscolaire, et sont encore plus fréquentes chez le très jeune enfant (mais elles seraient alors moins facilement identifiées). Moins d'1% des adultes en sont affectés. (Source: Wikipédia)

SOMMEIL - Toute ma vie, j’ai eu peur du noir. D’aussi loin que je me souvienne, il y a toujours eu une présence à mes côtés une fois la nuit tombée. Une présence intrusive et menaçante.

Une ombre noire, là, dans un coin de ma chambre, qui m’observe et m’approche, avec l’intention de me blesser, de me tuer, de m’emporter.

Depuis enfant

Quand j’étais enfant, elle venait me voir tous les soirs. Alors avant de dormir, je vérifiais sous mon lit ou derrière les armoires, pour m’assurer qu’elle ne serait pas là. Mais, sortie de nulle part, elle revenait et me terrifiait.

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Quand je la vois, je n’arrive pas à crier ou à bouger. J’essaye, de toutes mes forces mais pas un son ne sort, pas un mouvement ne se fait. Je suis paralysée.

Et chaque nuit, la même présence, la même ombre. Et la peur de mourir. Si intense, que j’ai appris à dormir en apnée, tous mes sens éveillés, pour repérer, la moindre apparition, le moindre bruit, le moindre mouvement qui m’indiquerait de sa présence.

Tétanie et silence

Très vite, mon subconscient tente de s’échapper, de se tirer hors du lit pour atteindre la lumière mais rien ne se passe et l’ombre se rapproche. Alors je recommence. Je tente d’ouvrir la porte, la fenêtre, de crier, n’importe quoi. Rien. Le silence et la présence. Lourde. Oppressante.

À force de persévérance, je finis par y arriver. Ça me demande un effort incommensurable, mais je finis par me réveiller. Mon corps se remet en mouvement et c’est terminé. L’ombre, volatilisée.

Car cette ombre n’est qu’une hallucination. Je souffre de paralysie du sommeil.

Esprit réveillé dans un corps ensommeillé

Et dans cet entre-deux, les ombres qui proviennent du royaume de Morphée.

J’ai découvert il y a peu, que c’était ce que je vivais. Que je n’étais pas juste une enfant apeurée, mais que je vivais quelque chose de scientifiquement expliqué.

Alors quand cette nuit, je me suis retrouvée paralysée à nouveau, j’ai su identifier tout de suite que c’était ce que je vivais. Je suis restée coincée, mais je n’ai rien lâché. J’ai tout donné « réveille toi corps ! Réveille-toi ! ». Et pour la première fois, l’ombre m’a paru moins menaçante que la dernière fois.

Ce témoignage, initialement publié sur le compte Instagram Rooting Seeds of Love, a été reproduit sur Le HuffPost avec l’accord de son autrice.

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