Le pape François à Bahreïn, le “royaume de la concorde” qui emprisonne ses opposants

PHOTO / HAMAD I MOHAMMED / REUTERS

“C’est une visite historique”, s’exclame le quotidien bahreïni Al-Bilad à la veille du “premier voyage de Sa Sainteté le pape François, du 3 au 6 novembre”, à Bahreïn. Le royaume sera le septième pays arabe visité par le souverain pontife, après la Jordanie et la Palestine en 2014, puis l’Égypte en 2017, les Émirats arabes unis en 2019, le Maroc également en 2019 et l’Irak en 2021.

“Dans quelques heures s’élancera de la terre du royaume bahreïni une nouvelle démarche pour l’humanité, qui engagera l’Orient et l’Occident dans des cycles de rencontres et des destins de fraternité”, promet un des commentateurs du même journal.

Il fait référence au Bahrain Forum for Dialogue : East and West for Human Coexistence (“Forum de Bahreïn pour le dialogue : Orient et Occident pour la coexistence humaine”), qui se tiendra pendant le voyage du pape François, avec “plus de deux cents personnalités religieuses du monde entier, représentant toutes les religions et confessions”, dont Ahmed Al-Tayeb, le chef de l’université égyptienne d’Al-Azhar, référence de l’islam sunnite, indique le site Al-Khaleej Online.

Le point culminant de la visite sera la célébration d’une messe, samedi 5 novembre, dans un stade de football de Manama, la capitale bahreïnie, où seront attendus notamment de nombreux travailleurs immigrés catholiques installés dans les autres pétromonarchies du Golfe.

Devenir le pays du dialogue interreligieux

Aussi cette visite a-t-elle “une grande importance pour Bahreïn”, qui cherche à se positionner comme un haut lieu de rencontres et de dialogue interreligieux, explique le site. “Depuis la signature des accords de normalisation de ses relations avec Israël [dits “accords d’Abraham”], en septembre 2020, Manama a également reçu des rabbins, notamment l’ancien grand rabbin d’Israël Shlomo Amar.”

Cette politique s’est également traduite par l’inauguration, à la fin de 2021, de la plus grande église catholique de la péninsule arabique, pouvant accueillir 2 300 personnes. Elle est essentiellement destinée aux quelque 80 000 chrétiens qui figurent parmi les travailleurs immigrés, notamment philippins. Peuplé d’environ un million et demi d’habitants, Bahreïn comptait déjà dix-huit églises, selon le révérend Hani Aziz, qui officie à Manama, cité par le quotidien bahreïni Akhbar Al-Khaleej.

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