Oscars 2023 : Aucune femme nommée dans la catégorie meilleure réalisation

NEW YORK - FEBRUARY 25:  Overview of Oscar statues on display at
Andrew H. Walker / Getty Images NEW YORK - FEBRUARY 25: Overview of Oscar statues on display at "Meet the Oscars" at the Time Warner Center on February 25, 2010 in New York City. (Photo by Andrew H. Walker/Getty Images)

CINÉMA - Qui pour succéder à Jane Campion, cette année, à l’Oscar de la meilleure réalisation ? Certainement pas une femme. D’après la liste complète des nominations pour la 95e édition de la cérémonie de remise de prix hollywoodienne, aucune réalisatrice n’a été appelée à concourir dans la catégorie reine, ce mardi 24 janvier.

Que des hommes : Martin McDonagh (Les Banshees d’Inisherin), Daniel Scheinert et Daniel Kwan (Everything Everywhere All at Once), Steven Spielberg (The Fabelmans), Todd Field (Tar), ou encore Ruben Östlund (Sans Filtre), récompensé au printemps dernier de la Palme d’or.

Ailleurs, comme dans la catégorie du meilleur film, les réalisatrices ne se bousculent pas beaucoup plus. Sur les dix longs-métrages en compétition, seul Women Talking, un drame avec Rooney Mara et Claire Foy, est réalisé par une femme : la cinéaste canadienne Sarah Polley. Charlotte Wells, déjà auréolée du Prix de la Semaine de la critique à Cannes et du Grand Prix au dernier Festival de Deauville pour Aftersun, est en revanche absente. C’est Paul Mescal, son interprète principal, qui va tente de briguer le titre du meilleur acteur.

Un an après le sacre de Jane Campion, la réalisatrice de The Power of The Dog, et deux ans après celui de Chloé Zaho (Nomadland, en 2021), c’est regrettable.

Un prix, trois femmes

Les chiffres parlent pour eux. Depuis la création des Oscars, sur les 463 nominations pour le prix du meilleur réalisateur, seules huit femmes ont été nommées (dont Jane Campion deux fois). Au total, depuis 1929, le trophée a été remis à 74 personnes différentes, 18 réalisateurs l’ayant eu deux reprises. Ensuite sur ces 74 cinéastes, seules trois femmes l’ont décroché. Kathryn Bigelow est la première, en 2010, avec Démineurs.

Or, les réalisatrices ne manquent pas. Maria Schrader et son film She Said sur l’enquête des journalistes du NY Times sur Harvey Weinstein peuvent en témoigner. Olivia Newman (Là où chantent les écrevisses), Olivia Wilde (Don’t Worry Darling) et Gina Prince-Bythewood (The Woman King), aussi.

Et pourtant, les Oscars restent à la traîne. « Vous pourriez croire qu’ils auraient mis au moins le nom d’une réalisatrice pour nous fermer le clapet, mais non », a ironisé sur Twitter la journaliste américaine Sophie Vershbow. La « pyramide patriarcale » des remises de prix, pour reprendre une expression de Cate Blanchett aux derniers Critics Choice Awards, n’est pas encore démontée.

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