"One Piece": Eiichiro Oda continue de voir son travail comme un "passe-temps"

"One Piece: Stampede", sorti en 2019

MANGAS - Il a créé l’un des mangas les plus célèbres au monde, mais malgré sa notoriété et un rythme de travail effréné, Eiichiro Oda, l’auteur de One Piece, aime cultiver une part d’insouciance à l’image du héros de son oeuvre.

Alors que le manga fête ses 25 ans ce vendredi 22 juillet, l’artiste de 47 ans refuse qu’on l’appelle “sensei” (maître). Ce titre est généralement accolé au nom des mangakas, et a la réputation de se présenter dans des restaurants ou des hôtels chics en bermuda et sandales, la tenue du pirate Monkey D. Luffy, personnage principal de One Piece.

“Je veux que les enfants qui lisent One Piece me considèrent comme leur frère”, a confié l’auteur dans un rare entretien accordé à un magazine en 2017 à l’occasion du vingtième anniversaire de la série. Mais “je sais que j’ai plutôt l’âge d’être leur oncle... donc peut-être un oncle drôle et sympa”.

Un dessein bien modeste pour l’homme dont l’œuvre la plus connue, racontant les aventures de Luffy, qui rêve de devenir le roi des pirates, et de son équipage hétéroclite, lui a valu d’entrer au Guinness des records pour “le plus grand nombre d’exemplaires en circulation de la même série de BD par un même auteur”.

“Comme s’il était Luffy”

Ce phénomène culturel vendu à près de 500 millions d’exemplaires dans le monde a été publié pour la première fois en 1997, dans l’hebdomadaire nippon Shonen Jump.

L’arc final de cette histoire fleuve, qui compte à ce jour 102 tomes sortis en librairie au Japon, doit être publié à partir de la semaine prochaine dans le magazine.

Espiègle, intrépide et plus malin qu’il ne le laisse paraître, Luffy, le pirate au chapeau de paille à la recherche du trésor légendaire One Piece, incarne le public cible du manga selon Oda: les adolescents.

“Chaque semaine, je me pose la question de savoir si à 15 ans j’aurais apprécié” cet épisode, a déclaré Oda en 2009. “Le but n’est pas de faire réfléchir le lecteur”, assurait-il, présentant clairement son œuvre comme un pur “divertissement”.

Luffy est plus intéressé par l’aventure que par les affaires de cœur, car Oda pense que celles-ci ne passionneraient pas ses fans. “Je sais qu’il y a beaucoup de lecteurs adultes maintenant, mais si je m’aligne trop sur leurs goûts, j’ai l’impression que ‘One Piece’ perdrait de sa valeur”, a-t-il déclaré.

Le mangaka lui-même a conservé une âme d’enfant, transformant sa maison en véritable parc d’attractions, avec petit train et machines attrape-peluches, sans oublier une impressionnante collection de figurines et dioramas.

“C’est comme s’il était lui-même Luffy”, a déclaré un proche collaborateur d’Oda dans une émission de télévision japonaise.

Bourreau de travail

Oda, lui, dit voir Luffy comme son “enfant idéal”. “J’aimerais que les enfants soient comme lui. Il dit parfois quelque chose qui inspire tout le monde, mais j’aimerais qu’il reste toujours un enfant”, a-t-il déclaré au quotidien Yomiuri.

Luffy “garde une part de mystère pour moi”, reconnaissait-il. “C’est très bien comme ça. Si je savais tout de lui, les lecteurs s’ennuieraient”.

Originaire du département de Kumamoto, dans le sud du Japon, Oda entre de plain-pied dans l’univers ultra-compétitif du manga à 17 ans, quand sa première œuvre “Wanted!” remporte un prix du magazine Shonen Jump.

Sa carrière a ensuite connu des vents contraires et plusieurs échecs. Mais Oda n’a que 22 ans quand commence la publication de One Piece, inspiré en partie par sa fascination, enfant, pour le dessin animé germano-austro-japonais “Vic le Viking”.

A cet âge, “j’étais trop passionné par les mangas. J’étais même prêt à ne pas aller à l’enterrement de mes parents s’ils mouraient alors que j’avais” un manuscrit à rendre, a-t-il confié un jour.

Bourreau de travail, connu pour dormir quelques heures seulement par nuit, Oda s’appuie peu sur ses assistants et dessine presque tous les personnages et les objets par lui-même. Et s’il s’est détendu au fil du temps, sa passion est restée intacte.

“Pour moi, dessiner des mangas est un passe-temps”, expliquait-il en 2017.“Cela ne me stresse pas, donc je suis sûr que je ne me tuerai jamais au travail”.

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