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NBA: pourquoi le Martin Luther King Day est une soirée à part sur les parquets américains

À chaque début de saison, la date est cochée dans le calendrier de tous les fans NBA. Au même titre que le début des playoffs, le Christmas Day ou le All Star Game. Ce lundi soir, seulement quatre jours après le Paris Game organisé à l’Accor Arena, le traditionnel Martin Luther King Day est célébré sur les parquets de la plus grande ligue de basket au monde, avec un marathon de rencontres (11 au total).

Le programme du Martin Luther King Day sur les parquets NBA

  • 19h: Philadelphie-Houston

  • 20h30: Dallas-Nouvelle-Orléans

  • 21h: Washington-Détroit

  • 21h: New York-Orlando

  • 21h30: Atlanta-San Antonio

  • 00h: Memphis-Golden State

  • 1h: Cleveland-Chicago

  • 1h30: Brooklyn-Miami

  • 1h30: Toronto-Boston

  • 3h: Utah-Indiana

  • 4h30: Lakers-Oklahoma City

Chaque année, ce "MLK Day" est l’occasion pour les amoureux de NBA de profiter d’une orgie de matchs, avec le petit bonus de rencontres à des horaires "européens". Mais derrière cette soirée évènement se cache une journée très spéciale et extrêmement symbolique de l’autre côté de l’Atlantique.

Tous les ans depuis presque quatre décennies, le troisième lundi du mois de janvier est un jour férié aux Etats-Unis. L’objectif: honorer la mémoire de Martin Luther King, pasteur et militant afro-américain pour les droits civiques, notamment célèbre pour son "I Have a dream" prononcé le 28 août 1963 devant le Lincoln Memorial à Washington. En 1986, soit 18 ans après son assassinat à Memphis, un jour de congé est officiellement décrété pour l’ensemble du pays.

Avant-gardisme sur les questions sociales

Et la NBA, dans tout ça? Depuis sa création, la ligue nord-américaine a pris l’habitude de se distinguer par son activisme dans le sport. Premiers boycotts de matchs, premiers joueurs noirs rassemblés dans une seule et même équipe pro, premiers entraîneurs noirs… Dans le sillage de figures de la lutte contre les discriminations raciales, Bill Russell en tête, la NBA s’est toujours montrée avant-gardiste. Et ce loin devant ses cousines du foot américain (NFL), du baseball (MLB) et du hockey (NHL).

"Ses joueurs sont majoritairement noirs et, culturellement, le basket est reconnu comme un sport de noirs, contrairement aux autres sports américains, appuie Todd Boyd, professeur à l’Université de South California (USC), dans des propos rapportés par l’AFP. Le basket, associé aux grandes villes, est plus cosmopolite. Et la NBA embrasse les valeurs du Dr King comme aucune autre ligue ne le fera jamais." Depuis les années 1980, "la NBA s’est efforcée d’être à la pointe du changement social, du mieux qu’une ligue diversifiée puisse le faire", complète Eric Pincus, journaliste à Bleacher Report.

"Mobilisation très forte" chez les joueurs

Pas étonnant, donc, de voir la NBA marquer le coup lors de ce troisième lundi de janvier. Dès son arrivée, David Stern, patron de la NBA entre 1984 et 2014, s’efforce de construire la ligue la plus inclusive et la plus active possible sur les questions sociétales. Avec une idée claire en tête: faire en sorte d’institutionnaliser le Martin Luther King Day comme une date importante de la saison de NBA. Si Thanksgiving (quatrième jeudi de novembre) est dédié au foot US et la fête nationale (le 4 juillet) au baseball, le MLK Day doit être la fête du basket. Business oblige, cette journée engendre aussi de nombreuses opérations commerciales fructueuses, avec des maillots spécialement créés.

Pendant toute une soirée, la NBA souhaite se servir de la plateforme médiatique offerte par les matchs pour véhiculer des messages d’inclusion dans tout le pays. "Le sport là-bas est hyper politisé, contrairement à ce qu'on voit en France, détaille auprès de franceinfo Rémi Reverchon, journaliste à beIN Sports ayant vécu quelque temps aux Etats-Unis. On sait que la NFL est une ligue ultra-républicaine. La NBA se met à défaut de ça et se veut hyper progressiste, démocrate. D'autant plus après ce qui s'est passé récemment à Minneapolis avec la mort de George Floyd et avec Jacob Blake à Kenosha. La NBA met donc plus que jamais l'emphase sur cette date-là." Et la ligue de basket se montre inflexible avec ceux qui s’opposent à ses convictions. En 1986, quand le gouverneur de l’Arizona s’oppose au jour de congé instauré à l’occasion de ce Martin Luther King Day, David Stern décide d’annuler tous les évènements qui devaient avoir lieu à Phoenix (hors matchs de saison régulière et de playoffs) jusqu’en 1992.

Ce lundi soir, cette édition 2024 du MLK Day va de nouveau être l’occasion pour la NBA d’organiser de nombreuses actions. "Du côté des joueurs, la mobilisation est aussi très forte pour favoriser l’inclusion et l’éducation", complète Eric Pincus de Bleacher Report. Ce lundi soir, la plupart auront à cœur de continuer de faire vivre les idées de Martin Luther King, un peu plus de 60 ans après le fameux "I have a dream".

Article original publié sur RMC Sport