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Monique Olivier, l'ex-femme de Michel Fourniret, condamnée à la prison à vie assortie de 20 ans de sûreté

Monique Olivier a écopé de la peine maximum, soit la réclusion criminelle à perpétuité, assortie de vingt ans de sûreté.

Après 11 heures de délibéré, le verdict est tombé. Monique Olivier a été condamnée, ce mardi 19 décembre au soir, à la réclusion criminelle à perpétuité assortie de 20 ans de sûreté, la peine maximum. L'ancienne compagne de Michel Fourniret était jugée depuis le 28 novembre par la cour d'assises des Hauts-de-Seine pour sa complicité dans les enlèvements, viols et tentatives de viol et séquestrations suivies de mort de Marie-Angèle Domèce, Joanna Parrish et Estelle Mouzin.

Après trois semaines de procès, les jurés ont choisi de ne pas suivre les réquisitions du parquet. Ce mardi matin, Monique Olivier a consacré ses derniers mots à "demander pardon" aux familles des victimes, affirmant "regretter tout" ce qu'elle a fait.

"C'est impardonnable ce que j'ai fait", a-t-elle déclaré lors de sa dernière prise de parole.

Des meurtres "à quatre mains"

Deux ans et demi après le décès de Michel Fourniret, Monique Olivier comparaissait donc seule dans le box pour répondre de son rôle dans ces trois crimes vieux de 35, 33 et 20 ans. Elle a donc été reconnue complice des enlèvements, viol ou tentative de viol, et des meurtres de Marie-Angèle Domèce, 18 ans en 1988, et de Joanna Parrish, 20 ans en 1990, mais également de l'enlèvement, de la séquestration et de la mort d'Estelle Mouzin, 9 ans, disparue en janvier 2003.

Marie-Angèle Domèce, la troisième victime connue du couple, a disparu le 8 juillet 1988. Ce jour-là, la jeune femme de 18 ans, quitte à pied son foyer pour handicapés de Fougerolles d'Auxerre (Yonne). Elle y a été placée par la Ddass alors qu'elle n'avait que quinze jours. Alors qu’elle se rend à la gare d’Auxerre pour passer le week-end dans sa famille d’accueil, elle se volatilise. Son corps ne sera jamais retrouvé.

Deux ans plus tard, le duo fait sa septième victime. Le 17 mai 1990, le corps de Joanna Parrish, une Britannique de 20 ans, est retrouvé dans un cours d'eau de Monéteau, près d’Auxerre. L'autopsie avait révélé qu'elle avait été droguée, étranglée, ligotée, violée et battue. Estelle Mouzin, la dernière victime connue, disparaît treize ans plus tard, le 9 janvier 2003, à l'âge de 9 ans, sur le chemin du retour de l'école à Guermantes (Seine-et-Marne).

Si les trois victimes ont été tuées de la main de Michel Fourniret, la cour d'assises a estimé que ces meurtres ont été rendus possibles avec l'aide Monique Olivier. D'une part, elle a mis en confiance Marie-Angèle Domèce et Joanna Parrish en sachant qu'elles allaient droit à la mort et, d'autre part, elle a choisi de se taire pendant 16 ans sur la disparition d'Estelle Mouzin.

"Ce sont des meurtres à quatre mains: elle est là, elle soutient, elle fait le gué, elle donne l'alibi, elle participe", avait déclaré Didier Seban, avocat des familles Parrish et Mouzin, dans sa plaidoirie.

Des moments de tensions

Néanmoins, le procès de Monique Olivier se termine comme il a débuté, avec de nombreuses questions en suspens: celle de la localisation des corps de Marie-Angèle Domèce et d'Estelle Mouzin, l'ancienne femme de Michel Fourniret assurant ne pas savoir où ils se trouvent, mais également la manière dont les trois victimes ont été enlevées et le calvaire précis qu'elles ont subi.

Car tout au long du procès, Monique Olivier a joué la carte de la mémoire ou de l'ignorance. "Je ne sais pas", "je ne me souviens plus", a-t-elle répété, s'emportant parfois. "À l’âge que j’ai, je vais bientôt crever, ça me servirait à quoi de le cacher ?", a-t-elle notamment répondu. Pourtant, les expertises n'ont pas relevé de troubles neurologiques ou de problème de mémoire.

Pendant trois semaines, l'audience a été émaillée de moments de tension, notamment quand le président Didier Safar a malmené certains témoins ou refusé de faire réagir l'accusée à chaud, à des moments qui paraissaient pourtant cruciaux, ce qui lui a été vivement reproché par les avocats des parties civiles.

En 2008, Monique Olivier avait déjà été condamnée à la perpétuité par la cour d'assises des Ardennes, assortie d'une période de sûreté de vingt-huit ans, pour complicité dans quatre enlèvements et meurtres de son mari. En 2018, elle avait également écopé de vingt ans de réclusion à Versailles, toujours pour complicité, dans un meurtre crapuleux cette fois-ci. Monique Olivier sera libérable en 2035. Elle aura alors 87 ans.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Que retenir du procès de Monique Olivier ?