Ces milliardaires tout-puissants

COURRIER INTERNATIONAL

“Les magnats sont lâchés” : voilà ce qu’écrit The New York Times après le rachat de Twitter, pour 44 milliards de dollars, par Elon Musk. “Autrefois, lorsqu’un patron du secteur de la technologie voulait acheter quelque chose de gros, il lui fallait une entreprise pour le faire, explique le quotidien américain. Cette fois, c’est un homme seul qui s’offre personnellement ce que 240 millions de gens dans le monde utilisent régulièrement.” Et ça change tout.

Elon Musk n’est plus seulement l’homme le plus riche du monde, il jouit aussi d’un pouvoir démesuré qui commence sérieusement à inquiéter la presse étrangère (et nous avec). Le rachat agressif de Twitter (suivi, quelques jours plus tard, du licenciement brutal de la moitié des effectifs du réseau social) aura été la goutte d’eau qui fait déborder le vase, le révélateur de la toute-puissance de ces milliardaires de la tech qui se substituent de plus en plus aux États et qu’il va devenir de plus en plus difficile de contrecarrer.

“Nous sommes les jouets des milliardaires plutôt que des grandes entreprises qui incarnaient le XXe siècle, explique un historien au New York Times. Et ce sont les titans de la technologie qui mènent la danse.” Le même historien dénonce l’absence totale de contre-pouvoirs à ces nouveaux “maîtres du monde”.

Ils ont bâti leur fortune dans la Silicon Valley, mais leur influence s’étend aujourd’hui bien au-delà. On les retrouve dans les médias, dans les programmes spatiaux, à l’instar d’Elon Musk et de Jeff Bezos. Mais aussi en politique : Elon Musk, toujours, qui a pris fait et cause pour les républicains lors des élections de mi-mandat du 8 novembre ; Peter Thiel et la “mafia de PayPal”, comme les surnomme The New Republic, qui ont investi des millions de dollars dans le financement de la campagne de candidats de la droite extrémiste aux États-Unis. Mark Zuckerberg, lui, a voulu nous convaincre d’aller vivre dans un métavers (pari compromis, pour le moment). Bill Gates, le fondateur de Microsoft, et Warren Buffett restent, quant à eux, les fers de lance d’un mouvement, le philanthrocapitalisme, de plus en plus critiqué. Les deux milliardaires ont beau avoir investi massivement dans le caritatif, l’éducation, la santé…, ils sont, finalement, encore plus riches, disent leurs détracteurs, cités par le magazine Vox.

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