Meurthe-et-Moselle : ils volent un crabe vivant dans un supermarché pour le relâcher dans l'océan

Un crabe de supermarché "rendu" à la mer dans des circonstances rocambolesques (Photo : Getty Images/EyeEm) (Getty Images/EyeEm)

Un collectif d'artistes originaires de Lorraine a mené à bien une action hautement symbolique pour protester contre l'exposition d'animaux vivants.

Au terme d'un improbable périple, ils ont réussi à le libérer. Un collectif d'artistes lorrains a récemment fait parler de lui en réussissant un étonnant défi, consistant à "kidnapper" un crabe vivant dans une poissonnerie, puis à le ramener dans son milieu naturel et sauvage.

Il plonge le bras dans le bassin du rayon poissonnerie et sort un crabe

Comme le relate Lorraine Actu, cette action a été imaginée et réalisée en partie par un dénommé Gilbert Coqalane, membre éminent du Centre Documentation Recherche Application des Offensives (CDRAO). Ce dernier a ainsi commencé par se rendre dans un hypermarché E. Leclerc situé à Vandœuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle), ce samedi 29 octobre, avec une idée bien précise en tête.

Arrivé au rayon poissonnerie, l'artiste n'a ainsi pas hésité à plonger la main dans le bassin où sont conservés plusieurs animaux vivants mis en vente par le magasin. "J’avais la chemise mouillée, j’ai libéré le crabe, raconte-t-il, cité par Lorraine Actu. Il y en avait d’autres mais pour garantir un transport adapté je n’en ai pris qu’un seul."

"Un soin avec de l’eau iodée et de la glace tous les quarts d’heure"

Le crustacé a ensuite été confié à deux autres membres du CDRAO, qui se sont chargés de l'amener jusqu'à Brest (Finistère) en autostop. Au cours de ce long voyage vers l'ouest de la Bretagne, le crabe, une femelle surnommée "Michelle", a été particulièrement bichonné. Après avoir ôté les liens qui entravaient ses pinces et l'avoir placée dans un contenant en polystyrène, ses ravisseurs lui ont en effet donné "un soin avec de l’eau iodée et de la glace tous les quarts d’heure".

Le surprenant équipage a fini par arriver à bon port le lendemain, dans la soirée du dimanche 30 octobre et "Michelle' a été relâchée vers 23h30, dans les eaux de l'océan Atlantique. Abondamment relayée sur la page Instagram du collectif, l'offensive "il va mourir" venait d'être menée à bien par les trublions du CDRAO.

"Imaginez une vache chez Leclerc..."

"Nous ne voulons pas arrêter la commercialisation des crabes mais stopper l’exposition de crabes vivants, précise Gilbert Coqalane pour expliquer le sens de son action. Un crabe n’est pas dans son habitat normal lorsqu’il est placé vivant dans un magasin. Imaginez une vache chez Leclerc… Si la vache est stockée vivante plusieurs jours en supermarché, la qualité du produit sera moins bonne à cause du stress de l’animal."

Dans une lettre adressée à Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, pour le convaincre de rejoindre sa cause, l'artiste a par ailleurs affirmé que cette action avait été inspirée par "l'interrogation d'un enfant devant un vivier dans un supermarché, se demandant pourquoi les crustacés étaient les seuls animaux à être vendus vivants".

Des offensives artistiques pour perturber les consciences

Très médiatisée, la libération de Michelle le crabe a aussi permis au CDRAO de mettre le projecteur sur le mouvement artistique qu'il entend créer, baptisé "Perturbationisme". Comme l'indique la définition proposée sur le site du collectif, son but est de regrouper "les artistes exerçant la perturbation comme pratique, l’exécutant jusqu’à l’exercice de l’offensive".

L'opération "il va mourir" aura donc servi à donner un exemple très concret de ce que peuvent être ces "offensives artistiques". "Il n’y a rien de tangible, rien qui reste dans un musée, c’est juste ce qu’il se passe dans l’espace public, c’est notre façon de créer et de s’exprimer, résume Gilbert Coqalane. Maintenant, on va s’activer avec d’autres façons de faire pour sauver et libérer les autres crabes de cette expo complètement inutile."

VIDÉO - Le crabe ermite est fascinant