« #MeToo chez les médecins », le documentaire qui lève le voile sur les violences dans le milieu médical

Women from the collective NousToutes organized a nationwide march in France against feminicides, sexual violence and patriarchy. They demand more meanings to the French government to protect women beaten by their partner. They say that 65% of killed women came to the police to make a complaint but police classified the complaints. They also ask police to have a better training to pay attention to these complaints. A French governmental body said that 1bn per year is necessary to tackle violence against women. Toulouse. France.November 19th 2022. (Photo by Alain Pitton/NurPhoto via Getty Images)
NurPhoto / NurPhoto via Getty Images Women from the collective NousToutes organized a nationwide march in France against feminicides, sexual violence and patriarchy. They demand more meanings to the French government to protect women beaten by their partner. They say that 65% of killed women came to the police to make a complaint but police classified the complaints. They also ask police to have a better training to pay attention to these complaints. A French governmental body said that 1bn per year is necessary to tackle violence against women. Toulouse. France.November 19th 2022. (Photo by Alain Pitton/NurPhoto via Getty Images)

DOCUMENTAIRE - « Violer n’est pas soigner. » Cette phrase, qui ouvre le documentaire, a été collée sur les murs de Paris. Elle pointe du doigt les violeurs en blouse blanche et ceux qui les protègent. Pendant longtemps, personne n’a jamais rien su des médecins qui violent ou agressent sexuellement leurs patientes dans le huis clos des cabinets. C’est ce que met en lumière #MeToo chez les médecins, diffusé sur LCP ce mercredi 11 janvier.

Dans ce dernier, nous suivons trois femmes. Toutes disent avoir été violées par celui auprès duquel elles pensaient être en sécurité. Jackie a commencé à consulter un psychiatre lorsqu’elle est tombée en dépression à la suite des agressions sexuelles qu’elle a subie durant l’enfance. Elle l’accuse de l’avoir violée plusieurs fois. « On se met à nu devant un médecin psychiatre. Il connaît vos failles, vos fragilités et… Il a joué dessus », expose-t-elle.

Deuxième témoignage, celui d’Anne qui voit son psychiatre depuis qu’elle a 14 ans pour l’aider à surmonter le suicide de son grand frère. Elle raconte ce jour où, particulièrement fragile, elle se rend à son cabinet. Alors qu’elle est en larmes, il l’approche vers lui et l’embrasse sur la bouche. « Il me disait qu’il voulait être le premier à me faire l’amour, comme ça, il s’assurait que je le ferais avec quelqu’un qui m’aimait », décrit-elle. Au final, elles seront cinq à porter plainte contre ce médecin.

Enfin, la prole est donnée à Cécile qui, dans l’espoir d’avoir un enfant, consulte un docteur réputé pour être le spécialiste de la fécondation in vitro. C’est au cours d’une consultation qu’il l’a abusée sexuellement. Pour éviter un non-lieu devant la justice, elle et son mari ont dû trouver par eux-mêmes d’autres victimes. Au final, une quarantaine de témoignages ont été récoltés débouchant sur la condamnation en 2014 du docteur André Hazout à 8 ans de prison. Il renoncera à faire appel.

Le conseil de l’ordre des médecins en difficulté

Le documentaire, signé Xavier Deleu et Julie Pichot, souligne l’inaction de la justice et, surtout, du conseil de l’ordre des médecins ; un conseil où siègent uniquement des médecins et qui avait reçu sans réagir des plaintes contre le docteur Hazout dès les années 90. Richard, le mari de Cécile, en a aussi fait les frais. Lui-même médecin, il a été puni d’un blâme (sanction qui précède la radiation) pour diffamation après avoir dénoncé le viol de sa femme auprès du conseil.

Dans le cas d’Anne, elle était la troisième patiente à mettre en cause le psychiatre pour ses agissements. Il aura fallu qu’une cinquième accusatrice fasse entendre sa voix pour qui lui soit interdit de recevoir des patientes mineures dans son cabinet. Et cela, 38 ans après la première plainte.

« #MeToo chez les médecins » revient également sur l’affaire Bernard Henric, gynécologue que 70 femmes accusent d’agressions sexuelles et de viols. Mis en examen, il a interdiction de pratiquer la gynécologie mais la justice l’autorise à pratiquer une autre de ses spécialités, l’endocrinologie. En tant qu’endocrinologue, il fait l’objet d’une nouvelle plainte pour viol.

L’ensemble de ces éléments viennent appuyer le chiffre effrayant que rappelle le documentaire : en France, 99 % des agresseurs présumés ne sont pas condamnés par la justice. Aujourd’hui, le mur du silence se fissure. Après le cinéma, la politique, l’audiovisuel, le sport, la parole des femmes se fait entendre de plus en plus fort pour dénoncer ces médecins violeurs.

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