Marjane Satrapi et la révolte iranienne, “entre tristesse et joie”

Photo ANDREAS RENTZ Getty Images via AFP.

Le présent bouscule parfois le passé de manière inattendue. L’autrice franco-iranienne Marjane Satrapi, qui se défait d’une partie des manuscrits de Persepolis, est ainsi rattrapée par l’actualité iranienne. Son œuvre, une “bande dessinée autobiographique qui retrace l’histoire de l’installation de la République islamique à travers le prisme complexe de l’enfance”, a été mise aux enchères le mardi 25 octobre.

Quelques jours avant la vente, le site Internet du média américain CNN s’était entretenu avec l’artiste. “Cette série de ventes aux enchères intervient à un moment où le monde entier a les yeux rivés sur l’Iran, qui entre dans sa sixième semaine de manifestations et de troubles après la mort de Masha Amini”, écrit ainsi CNN, qui retrace aussi l’histoire de Satrapi, liée à celle de l’Iran.

Elle “avait 10 ans lorsque le port du voile est devenu obligatoire dans l’école francophone non confessionnelle qu’elle fréquentait à Téhéran”. Un événement qui résonne aujourd’hui avec force alors que des milliers d’Iraniennes protestent contre l’obligation du port du voile, dans un élan sans précédent.

“En fait, si Marjane Satrapi avait pu prévoir ce qui allait se passer, elle n’aurait jamais mis aux enchères [son manuscrit] maintenant”, souligne CNN, à qui l’autrice a confié : “Sinon, je serais quelqu’un de très cynique.” Ce qui n’empêche pas une forme de soulagement à l’idée de se séparer de cette œuvre autobiographique. “Elle pense que la vente du manuscrit – qui est resté bien emballé dans son armoire pendant toutes ces vingt dernières années – aura un effet cathartique.” Satrapi explique :

“J’avais l’impression d’avoir un monstre dans mon placard. Il fallait que ça parte !

Au sujet de la révolte iranienne actuelle, ses sentiments sont contradictoires. Pour Marjane Satrapi, les parallèles entre sa vie en Iran il y a plus de quarante ans et les événements tumultueux d’aujourd’hui ont un côté doux-amer.

“C’est un mélange de tristesse et de joie : de la tristesse, parce que, encore une fois, nous sommes en train de perdre des enfants, et de la joie, parce que la culture et les mentalités ont changé.”

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