Marina Ovsiannikova, la journaliste russe à la pancarte anti-guerre, a été interpellée

La journaliste russe Marina Ovsiannikova brandissant une pancarte anti-guerre en Ukraine, sur le plateau d’une chaîne de télévision pro-Kremlin pendant le JT, le 15 mars 2022.
La journaliste russe Marina Ovsiannikova brandissant une pancarte anti-guerre en Ukraine, sur le plateau d’une chaîne de télévision pro-Kremlin pendant le JT, le 15 mars 2022.

La journaliste russe Marina Ovsiannikova brandissant une pancarte anti-guerre en Ukraine, sur le plateau d’une chaîne de télévision pro-Kremlin pendant le JT, le 15 mars 2022.

RUSSIE - La journaliste russe Marina Ovsiannikova, devenue célèbre après son irruption en direct à la télévision avec une pancarte critiquant l’offensive de Moscou en Ukraine, a été interpellée ce dimanche 17 juillet en Russie, ont indiqué son entourage et son avocat.

Elle a indiqué avoir été relâchée quelques heures après. “Je suis à la maison. Tout va bien”, a-t-elle déclaré sur Facebook dans la nuit. “Désormais, je sais qu’il vaut mieux quitter la maison avec mon passeport et un sac”, a-t-elle ajouté.

Selon son avocat Dmitri Zakhvatov, Mme Ovsiannikova a été interpellée car elle est soupçonnée d’avoir “discrédité” l’armée lors d’une prise de parole devant un tribunal de Moscou où elle s’était rendue la semaine dernière pour soutenir un opposant, Ilia Iachine, écroué pour avoir critiqué l’offensive russe en Ukraine.

Ce chef d’accusation, introduit après le lancement de l’intervention militaire en Ukraine, est passible d’une lourde peine d’emprisonnement. Pour l’heure, les autorités n’ont pas annoncé l’ouverture d’une enquête pénale contre la journaliste.

Cette interpellation intervient quelques jours après que Marina Ovsiannikova a manifesté seule près du Kremlin en brandissant une pancarte critiquant l’intervention militaire en Ukraine et le président Vladimir Poutine.

Vendredi, Marina Ovsiannikova a en effet publié sur Telegram des images d’elle brandissant près du Kremlin une pancarte évoquant la mort d’enfants ukrainiens et qualifiant Vladimir Poutine de “tueur”.

Devenue mondialement célèbre à la mi-mars

De telles déclarations pourraient en théorie l’exposer à des poursuites pénales pour publication de “fausses informations” et “dénigrement” de l’armée, des chefs d’accusation passibles de lourdes peines d’emprisonnement.

Marina Ovsiannikova est devenue mondialement célèbre mi-mars après avoir surgi, en plein journal du soir, sur le plateau d’une chaîne de télévision pro-Kremlin pour laquelle elle travaillait alors avec une pancarte critiquant l’offensive en Ukraine et la “propagande” des médias contrôlés par le pouvoir.

Brièvement détenue dans la foulée, elle avait été relâchée avec une amende à payer.

Les images de son geste ont fait le tour du monde, de nombreuses personnes saluant le courage de la journaliste, dans un contexte de répression de toute voix critique en Russie.

Exemple parmi d’autres du climat répressif, le célèbre opposant russe Ilia Iachine a été placé mercredi en détention provisoire dans l’attente de son procès pour avoir critiqué l’opération en Ukraine.

Marina Ovsiannikova ne fait toutefois pas l’unanimité au sein de l’opposition russe, certains continuant de lui reprocher les années passées à travailler pour la chaîne Pervy Kanal, porte-voix du Kremlin.

Après avoir travaillé pendant plusieurs mois à l’étranger, notamment pour le journal allemand Die Welt, la journaliste avait annoncé début juillet être rentrée en Russie pour régler un contentieux lié à la garde de ses deux enfants.

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