Manif contre la réforme des retraites : ce qu’il faut retenir de la première journée de mobilisation

A protestor holds a placard which reads as 'retirement before arthritis' during a rally in Lyon, south-eastern France on January 19, 2023, as workers go on strike over the French President's plan to raise the legal retirement age from 62 to 64. - A day of strikes and protests kicked off in France on January 19, set to disrupt transport and schooling across the country in a trial for the government as workers oppose a deeply unpopular pensions overhaul. (Photo by OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)
OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP A protestor holds a placard which reads as 'retirement before arthritis' during a rally in Lyon, south-eastern France on January 19, 2023, as workers go on strike over the French President's plan to raise the legal retirement age from 62 to 64. - A day of strikes and protests kicked off in France on January 19, set to disrupt transport and schooling across the country in a trial for the government as workers oppose a deeply unpopular pensions overhaul. (Photo by OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP)

RETRAITES - Les Français dans la rue. Des centaines de milliers de personnes ont protesté ce jeudi 19 janvier contre la réforme des retraites souhaitée par Emmanuel Macron et Élisabeth Borne et qu’ils estiment « injuste ». Le Huffpost refait le point sur cette première journée de manifestations, alors qu’une deuxième a déjà été annoncée pour le 31 janvier.

- Une mobilisation entre 1 et 2 millions de personnes -

« La mobilisation est importante », a reconnu le ministre du Travail Olivier Dussopt sur RTL en fin de journée. Presque un euphémisme au vu des chiffres communiqués : d’après la CGT, plus de 2 millions de personnes ont manifesté dans toute la France, dont 800 000 à Paris. Selon le ministère de l’Intérieur, ils étaient plus d’un million (1,12 million) à s’être mobilisés, 80 000 à Paris.

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En région, les chiffres remontés par les autorités attestent aussi d’une mobilisation très importante : 36 000 personnes ont ainsi défilé à Toulouse, 26 000 à Marseille, 25 000 à Nantes, 19 000 à Clermont-Ferrand, 15 000 à Montpellier, 23 000 à Lyon. Au total plus de 200 manifestations ont eu lieu dans toute la France.

Ce niveau de mobilisation est supérieur à celui du 5 décembre 2019 : au démarrage de la contestation contre le précédent projet de réforme des retraites, la police avait dénombré 806 000 manifestants en France, la CGT 1,5 million.

- Quelques heurts mais des cortèges calmes -

Une fois n’est pas coutume, les manifestations se sont déroulées globalement dans le calme. Depuis plusieurs jours, le gouvernement insistait sur la nécessité d’une mobilisation « calme et sans débordements », alors que les heurts entre police et manifestants sont souvent légion.

Ce jeudi soir, la Première ministre Élisabeth Borne a salué les « bonnes conditions » dans lesquelles se sont déroulées les manifestations, et promet de continuer « à débattre et à convaincre ».

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Quelques affrontements, tensions ou dégradations ont été signalés à Paris, Lyon et Rennes. Dans la capitale, des heurts sporadiques ont éclaté entre forces de l’ordre et manifestants (dont des Black Blocs) aux abords de la place de la Bastille, avec jets de projectiles et usage de gaz lacrymogènes.

Les Black Blocs, portant des casques, cagoules et vêtements noirs, ont affronté les forces de l’ordre boulevard Beaumarchais après les avoir huées quand ils les apercevaient dans les rues adjacentes. « Tout le monde déteste la police ! », entonnaient-ils en chœur. Les incidents se sont concentrés sur cette place.

38 personnes ont été interpellées lors de cette journée de manifestation parisienne, avance la préfecture ce jeudi soir. Les interpellés l’ont été pour port d’armes prohibé, outrage et rébellion et jets de projectiles notamment. Les heurts se sont déroulés alors que les délégations syndicales se trouvaient loin derrière.

Au total à Paris, pour prévenir les incidents ou les endiguer, 39 unités de forces mobiles ont été déployées soit 3 500 policiers et gendarmes selon le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. 10 000 policiers étaient mobilisés dans toute la France.

- Mobilisation « réussie » pour les syndicats -

Les leaders de syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires, FSU), rassemblés derrière la banderole « Réforme des retraites : travailler plus longtemps, c’est non » à Paris, se sont réjouis de l’ampleur de la mobilisation.

« Depuis ce matin, y compris dans les plus petites communes il y a des chiffres énormes de manifestants. C’est la démonstration que les travailleurs et travailleuses, et plus largement les citoyens, ne veulent pas de ce report de l’âge légal à 64 ans », a jugé Laurent Bergé, le numéro 1 de la CFDT.

« Cette mobilisation est réussie », s’est pour sa part enthousiasmé Philippe Martinez, de la CGT, saluant « une union des syndicats, gage de confiance pour les salariés ». De son côté, Frédéric Souillot (FO) a salué une journée « très réussie » avec une « mobilisation très massive ». « Mais on n’est pas là pour se compter, on est là pour peser et (...) faire reculer » le gouvernement, a-t-il ajouté.

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« La mobilisation est très forte et ce n’est pas un hasard, c’est parce que dans leur immense majorité les gens rejettent ce projet très injuste et pas justifié », a renchéri François Hommeril (CFE-CGC).

« On a des chiffres de manifestants en province qui sont considérables, des moyennes qu’on n’a jamais atteintes. On annonçait peut-être un million, on y sera, et bien au-delà aujourd’hui, et il y aura d’autres journées de mobilisation », a ajouté Laurent Escure (Unsa).

- Emmanuel Macron et la majorité rassurés -

L’exécutif surveillait de près ce jeudi, bien qu’une partie des ministres et qu’Emmanuel Macron étaient en déplacement en Espagne. Depuis Barcelone, le chef de l’État a défendu pour la première fois son projet qui a, selon lui, déjà été « démocratiquement validé ». « Il est bon et légitime que toutes les opinions, puissent s’exprimer », a-t-il aussi affirmé.

Jugeant « normal » qu’une réforme des retraites « suscite des inquiétudes », le ministre du Travail Olivier Dussopt a ajouté sur RTL qu’il fallait y « répondre » et « écouter les messages ».

Enfin, comme Élisabeth Borne, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ont salué le bon déroulement des manifestations. « Manifester est un droit fondamental. C’est l’honneur des policiers et des gendarmes d’avoir permis partout en France que ce droit s’exerce dans les meilleures conditions », a par exemple souligné le ministre de l’Intérieur sur Twitter.

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- La gauche crie déjà victoire -

Pour la gauche, cette première journée de mobilisation est un vrai succès. À Marseille, le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon avait estimé que « déjà il y a une bataille qui est perdue par le gouvernement (...), celle d’avoir convaincu les gens ». « Cette réforme n’a pas de sens » et Emmanuel Macron « ne tiendra pas », a-t-il estimé au début de la manifestation.

À Abbeville, l’Insoumis François Ruffin s’est dit convaincu que « la bataille de l’opinion est déjà gagnée, 9 actifs sur 10 sont contre. On doit passer de ’on a raison’ à ’on peut gagner, battre Macron sur cette réforme à 64 ans’ ». « C’est un élan qui doit être donné sur cette première journée, qui donne confiance », a-t-il affirmé.

Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV, a félicité « une journée historique de mobilisation contre la réforme des retraites et plus largement pour relever ensemble la tête face aux humiliations que l’on veut nous faire subir. Fierté, dignité, joie, espoir. Ce n’est qu’un début, continuons le combat ! »

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L’eurodéputé Les Verts Yannick Jadot a aussi souligné « immense succès ». « Le président Emmanuel Macron⁩ doit entendre l’opposition massive des Français à son projet profondément injuste et y renoncer ! », a-t-il écrit sur Twitter.

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