Macron mis en cause dans les Uber files: Roussel dénonce son "choix du monde des affaires"

Fabien Roussel le 11 juillet 2022 sur BFMTV - BFMTV
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L'entreprise Uber est mise en cause dans une enquête d'un consortium de journalistes, dont Le Monde, accusant l'entreprise d'avoir "enfreint la loi" et utilisé des méthodes brutales pour s'imposer malgré les réticences des politiques et des compagnies de taxis. Le groupe, installé en France depuis 2011, aurait été discrètement aidé par Emmanuel Macron quand il était ministre de l'Économie entre 2014 et 2016.

"On a un président de la République qui veut imposer un modèle américain (...). À chaque fois, il fait le choix du monde des affaires au lieu de la protection des Français, la protection du travail. Je veux protéger les salariés d'Uber. Or, ce ne sont pas des salariés. Ils ont un statut d'auto-entrepreneur", avance le député communiste Fabien Roussel sur BFMTV-RMC ce lundi matin.

"C'est la start-up nation"

Le Monde cite des réunions dans le bureau du ministre alors à Bercy, des appels, des échanges de SMS entre les équipes d'Uber France et le futur locataire de l'Élysée ou ses conseillers, en citant notamment des comptes-rendus de réunions rédigés par le lobbyiste Mark MacGann. Ce dernier défendait alors les intérêts de l'entreprise américaine en Europe, avant d'en devenir un temps l'un de ses principaux dirigeants.

L'enquête dénonce également certaines pratiques destinées à aider Uber à consolider ses positions en France face à la forte opposition des taxis à cette époque. L'entreprise aurait ainsi transmis des amendements déjà écrits à des députés - une pratique classique du lobbying.

"C'est la start-up nation et on a vu comment il a osé trafiquer dans le dos du gouvernement de l'époque et de son Premier ministre et on voit comment il a reçu en coulisse le PDG d'Uber et ses adjoints", dénonce encore le patron du parti communiste sur notre antenne.

Vers une commission d'enquête?

De nombreux élus à gauche se sont élevés contre ces révélations à l'instar d'Alexis Corbière, le député France insoumise qui a expliqué ce lundi matin vouloir "réfléchir à une commission d'enquête" sur Public Sénat.

L’Élysée a pour sa part indiqué à l'AFP qu'Emmanuel Macron, comme ministre de l'Économie, était "naturellement amené à échanger avec de nombreuses entreprises engagées dans la mutation profonde des services advenue au cours des années évoquées, qu’il convenait de faciliter en dénouant certains verrous administratifs ou réglementaires".

Article original publié sur BFMTV.com

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