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Pour lutter contre l’inflation, le gouvernement japonais propose un vaste plan de relance

Photo Kiyoshi Ota/Pool/REUTERS

Dix-sept mille milliards de yens (107 milliards d’euros). Telle est la l’importante enveloppe que le Premier ministre, Fumio Kishida, a débloquée le 2 novembre pour stimuler l’économie, qui peine à décoller après la pandémie de Covid-19 du fait de l’inflation. Déjà validé par le gouvernement, il va présenter un plan d’amendement de budget à la Diète, le parlement du pays, dans les semaines à venir.

L’idée de cet arsenal de mesures, c’est de relancer la troisième économie mondiale, laminée par l’inflation, par l’augmentation du niveau des salaires. En dépit de la pression du gouvernement sur les entreprises, la hausse des rémunérations reste toujours en deçà de celle des prix, qui s’élevait à 2,8 % en septembre dernier. “Par l’effet combiné de la baisse de l’impôt sur le revenu et l’amélioration du niveau des salaires, nous allons certainement créer, d’ici à l’été prochain, une situation où la hausse des salaires dépasse celle des prix”, a lancé le Premier ministre, cité par le journal économique Nihon Keizai Shimbun.

Plus concrètement, ces mesures impliquent une baisse des impôts locaux et de l’impôt sur le revenu, un renforcement des dispositifs d’aide pour pousser les petites et moyennes entreprises à améliorer la rémunération de leurs employés, et une allocation destinée aux foyers défavorisés à hauteur de 430 euros.

Une tentative de survie

Cependant, à l’heure où la dette japonaise caracole à plus de 250 % du PIB, cette initiative, de nature à aggraver encore davantage le déficit public du pays, divise. “Ce dont le gouvernement a besoin, ce n’est pas d’une augmentation du budget à gogo mais d’une stratégie de répartition des fonds publics en fonction des effets et des priorités”, tranche Motohiro Sato, professeur à l’université Hitotsubashi, interrogé par la chaîne publique NHK.

De fait, beaucoup voient dans l’initiative de Kishida une tentative de survie d’un Premier ministre en chute libre dans les sondages d’opinion. Selon une enquête réalisée par le quotidien Nihon Keizai Shimbun en octobre, sa cote de popularité est de 33 %. “À l’heure où la vague de l’inflation déferle sur l’archipel, les critiques à l’égard du Premier ministre, qui tenait à accroître les impôts pour augmenter le budget de la défense, ont gagné en importance. Ne serait-ce que pour inverser la courbe de sa popularité, il fallait qu’il se défasse de l’image d’un politique qui ne fait qu’augmenter les impôts”, explique le journal Asahi Shimbun.

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