L'Ukraine réitère sa demande de chars et demande à ses alliés de "cesser de trembler devant Poutine"

Un char de combat principal Leopard 2 A7 des forces armées allemandes Bundeswehr lors d'un exercice de l'Otan, en Allemagne, en 2019. - PATRIK STOLLARZ / AFP
Un char de combat principal Leopard 2 A7 des forces armées allemandes Bundeswehr lors d'un exercice de l'Otan, en Allemagne, en 2019. - PATRIK STOLLARZ / AFP

L'Ukraine a réitéré ce jeudi ses appels à ses alliés occidentaux pour lui fournir des chars et "cesser de trembler" devant le président russe Vladimir Poutine, malgré la réticence de certains dirigeants qui craignent une escalade avec Moscou.

"Il n'y a pas de tabous. De Washington à Londres, de Paris à Varsovie, on dit une chose: l'Ukraine a besoin de chars; c'est la clé pour mettre fin à la guerre", a lancé sur Twitter Mykhaïlo Podoliak, conseiller à la présidence ukrainienne.

"Il est temps de cesser de trembler devant (Vladimir) Poutine et de franchir la dernière étape", a-t-il encore exhorté.

"Nous lançons un appel à tous les États partenaires qui ont déjà fourni ou envisagent de fournir une aide militaire, en les appelant à renforcer considérablement leur contribution", ont encore souligné dans un communiqué commun les ministres ukrainiens de la Défense et des Affaires étrangères, Oleksiï Reznikov et Dmytro Kouleba.

La réunion de Ramstein

Ce message semble s'adresser à Berlin qui tarde à envoyer des chars Leopard 2 et à autoriser la Pologne et la Finlande à en fournir à Kiev. Il est lancé à la veille d'une réunion des ministres occidentaux de la Défense ce vendredi à la base aérienne américaine de Ramstein en Allemagne.

Le chancelier Olaf Scholz est incité à aider l'Ukraine en prévision d'une éventuelle offensive au printemps. L'envoi des Leopard 2 est étudié par Berlin qui attend un accord avec les États-Unis.

"Nous ne faisons jamais quelque chose seuls, mais avec d'autres, en particulier les États-Unis, qui sont très importants dans cette tâche commune de défense de l'indépendance et de la souveraineté ukrainiennes", a-t-il expliqué.

S'exprimant par visio-conférence en marge du Forum économique de Davos en Suisse, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a brocardé jeudi, dans une référence claire à l'Allemagne, ceux qui disent "je livrerai des chars si quelqu'un d'autre le fait". Contre des milliers de chars de la Russie (...) le courage de notre armée et la motivation du peuple ukrainien ne suffisent pas", a martelé M. Zelensky, recevant à Kiev le président du Conseil européen Charles Michel.

Des demandes pour d'autres armes

Les Leopard de fabrication allemande font partie des chars lourds modernes et de conception occidentale qui, selon des experts, sont cruciaux dans les batailles en cours et à venir dans l'Est et le Sud de l'Ukraine. Les autorités ukrainiennes disent également avoir besoin de systèmes de missiles d'une portée de plus de 100 km pour pouvoir frapper la chaîne logistique russe, notamment les dépôts de munitions.

Mais les Occidentaux craignent, malgré les assurances ukrainiennes, que Kiev puisse provoquer une escalade en usant de ces armes pour frapper en profondeur le territoire russe et les bases aériennes et navales de Crimée, péninsule annexée en 2014 par la Russie.

Le Kremlin a d'ailleurs adressé jeudi un avertissement clair: la livraison d'armes de plus longue portée "signifierait que le conflit atteindrait un nouveau palier" et cela ne promet "rien de bon pour la sécurité européenne".

Néanmoins, selon le quotidien New York Times, l'administration de Joe Biden commence à réfléchir à la possibilité de donner à l'Ukraine les moyens d'attaquer la Crimée, car il s'agit d'une base-arrière clé pour l'effort de guerre russe. Le président Zelensky a réitéré vouloir reprendre l'ensemble des territoires ukrainiens sous occupation, y compris la péninsule.

Article original publié sur BFMTV.com