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Ce que l'on sait du groupuscule d'ultradroite la "Division Martel", que Darmanin veut dissoudre

Le ministre de l'Intérieur a annoncé ce mardi qu'il allait proposer la dissolution de groupuscules d'ultradroite, dont la Division Martel. Les membres de ce groupe formé en 2022 auraient participé à plusieurs actions violentes de l'ultradroite ces derniers mois.

"Rien que le nom nous fait peur". Ce mardi 28 novembre, sur France Inter, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé qu'il allait "proposer la fin de divers groupuscules" d'ultradroite, dont "un groupe qui s'appelle la Division Martel", après les manifestations violentes de militants à Romans-sur-Isère (Drôme), qui ont donné lieu à une trentaine d'interpellations.

Des dizaines de militants de l'"ultra-droite nationaliste", cagoulés et venus de toute la France, se sont retrouvés samedi soir à Romans-sur-Isère "afin de s'en prendre aux habitants issus de l'immigration, désignés par ces militants comme les responsables de l'insécurité", selon une note du renseignement territorial de ce lundi que BFMTV a pu consulter. Ils ont été bloqués par les forces de l'ordre, avec lesquelles ils se sont longuement affrontés.

Une vingtaine de très jeunes membres

Ce rassemblement, ainsi que d'autres organisés par l'ultradroite à travers la France ces derniers jours, font suite à la mort de Thomas, adolescent tué en marge d'une fête de village dans la Drôme.

Selon le média StreetPress, des membres de la Division Martel étaient présents au violent rassemblement de Romans-sur-Isère. StreetPress a consacré une enquête à la Division Martel. Le média explique que le groupe, formé en 2022, officie principalement en Île-de-France, mais peut aussi être vu à Rouen. Il rassemblerait "une vingtaine de mineurs ou très jeunes majeurs".

"Cela faisait plusieurs mois que les services travaillent sur ce groupement de fait qui vise à promouvoir le recours à la violence pour favoriser l'avènement d'une suprématie nationaliste et xénophobe", a indiqué le ministère de l'Intérieur à l'AFP.

Présents à Saint-Brévin, devant le lycée Victor Hugo à Paris...

Selon Libération et StreetPress, des membres de la Division Martel ont participé à l'agression raciste de personnes devant le lycée Victor Hugo à Paris en avril. Selon Le Parisien, les agresseurs ont frappé des personnes devant le lycée en criant des insultes racistes.

Certains auraient également été présents à Saint-Brévin (Loire-Atlantique), où une manifestation contre un centre d'accueil pour demandeurs d'asile avait provoqué des heurts avec des militants antifascistes et des membres des forces de l'ordre, selon Libération. Le maire de la commune, cible de menaces et dont la voiture avait été incendiée à son domicile, avait démissionné au mois de mai.

Au moins un membre de la Division Martel aurait aussi été interpellé le soir du match de la coupe du monde de football opposant la France et le Maroc en décembre 2022, avec d'autres militants d'ultradroite soupçonnés d'avoir tenté de s'en prendre à des supporters marocains, selon StreetPress.

Des drapeaux nazis retrouvés chez un membre

Chez ce membre de la Division Martel interpellé le soir du match France-Maroc, les enquêteurs ont trouvé des livres des jeunesses hitlériennes et des drapeaux et brassards présentant des croix gammées, selon le site d'informations.

Le nom du groupuscule est, lui, inspiré de Charles Martel, dont les troupes ont arrêté en 732 l'avancée des soldats arabes près de Poitiers. "Jusqu’à la fin du 19e siècle, la victoire de Poitiers est utilisée pour illustrer l’idée d’unité nationale et de résistance contre les armées étrangères, et pour exalter les valeurs chrétiennes de la France", explique la Bibliothèque nationale de France sur son site.

Proximité avec le GUD

Des membres de la Division Martel et du GUD s'entraînent ensemble aux sports de combat et participent parfois aux mêmes actions, comme celle du Comité du 9 mai, selon StreetPress. Le 6 mai dernier, plusieurs centaines de militants ont défilé à Paris à l'occasion du 29e anniversaire de la mort, en 1994, du militant d'extrême droite Sébastien Deyzieu. La plupart des manifestants étaient habillés en noir, souvent cagoulés ou masqués. Ils portaient des drapeaux noirs marqués de symboles utilisés par l'extrême droite comme la croix celtique.

Le Groupe Union Défense (GUD) est une organisation née en 1968 à l'université parisienne d'Assas connue pour ses actions violentes. Jamais dissous, mais en sommeil depuis 2017, le GUD avait annoncé son retour fin 2022. Très actif depuis, il fait le liant entre les mouvements d'ultradroite, à l'image d'un "week-end sportif" organisé au printemps au parc de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), réunissant des dizaines de militants.

Des groupuscules dissous depuis, tels le Bastion social (2017-2019) ou les Zouaves Paris (2018-2022), ont été créés par des militants du GUD. Parmi eux, Marc de Caqueray-Valmenier, chef présumé des Zouaves, condamné et incarcéré ces dernières années.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Le gouvernement appelle à ne pas céder à la violence après la mort de Thomas