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Ce que l'on sait de la manifestation de militants d'ultradroite à Paris samedi

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi à Paris à l'occasion du 29e anniversaire de la mort, en 1994, du militant d'extrême droite Sébastien Deyzieu. Ils avaient notamment des drapeaux avec des croix celtiques, symbole utilisé par des groupes néo-nazis et d'autres groupes d'extrême droite.

La plupart des manifestants avaient le visage dissimulé par des foulards, des cagoules ou des lunettes de soleil, selon les images filmées par une association allemande qui lutte contre les mouvements anti-démocratiques. Alors que certains dénoncent l'autorisation de ce rassemblement, la préfecture de Police s'est justifiée dans un communiqué.

• Le Comité du 9 mai derrière cette manifestation

La manifestation était organisée par le Comité du 9 mai afin de rendre hommage à Sébastien Deyzieu et à "tous les militants nationalistes français et européens assassinés", selon le canal Telegram du comité.

Sébastien Deyzieu est mort le 9 mai 1994. Deux jours auparavant, il avait participé à un rassemblement à Paris contre l'"impérialisme américain" à l'initiative de groupements d'extrême droite. La manifestation avait été interdite par la préfecture de police et Sébastien Deyzieu avait été grièvement blessé après avoir chuté d'un toit en essayant d'échapper à la police.

• Un acte condamné par la gauche et des membres de la majorité

Plusieurs élus de gauche et de la majorité ont dénoncé la tenue de cette manifestation. La gauche a critiqué son autorisation par la préfecture de police, tandis que des manifestations ont été interdites dans certaines localités à l'occasion de déplacements d'Emmanuel Macron.

"Dans la France de 2023, le bruit des bottes effraie moins que celui des casseroles... Honteux. Jean Moulin doit se retourner dans sa tombe", a ainsi jugé le député écologiste Aurélien Taché.

Même son de cloche du côté du parlementaire LFI Paul Vannier: "en macronie les casserolades c’est non. Les manifestations de néo-nazis c’est oui."

"Sous la cagoule ou le masque de respectabilité, l’extrême droite demeure l’extrême droite. Le seul changement, c’est la complicité tacite dont elle bénéficie de la part de ceux qui ont décidé d’affronter la gauche par priorité", a aussi écrit Olivier Faure, le patron du Parti socialiste, sur son compte Twitter.

Des accusations auxquelles le préfet de police de Paris Laurent Nuñez a répondu sur notre antenne. "Il est faux de dire que nous faisons preuve de clémence, de complicité face à l’ultradroite (...) Nous n'avons pas de leçon à recevoir", a-t-il lancé.

Des membres de la majorité présidentielle ont aussi fustigé la tenue du rassemblement. "Ces images de manifestations hier de néo-nazis masqués dans les rues de Paris sont aussi terrifiantes qu’elles sont scandaleuses", a avancé la députée de Paris Astrid Panosyan-Bouvet.

"Même légal, ce sordide défilé abîme la République et doit être dénoncé avec la plus grande vigueur!", a fait savoir de son côté le député Modem Bruno Millienne. • Pas de "risque avéré de troubles à l'ordre public" pour la préfecture

La préfecture de Police a publié un communiqué ce lundi afin de justifier l'autorisation de manifester accordée au Comité du 9 mai. Elle a rappelé qu'en France, "une manifestation ne peut être interdite qu'en cas de risque avéré de troubles à l'ordre public".

"Dans la mesure où cette manifestation n'avait occasionné, les années précédentes, aucun débordement ou trouble à l'ordre public, le préfet de police n'était pas fondé à prendre un arrêté d'interdiction à son encontre", a-t-elle affirmé.

La préfecture de Police de Paris a évalué à 550 le nombre de participants. Le Comité du 9 mai en revendique 700, contre plus de 400 en 2022. "Des militants qui sont probablement venus de toute la France", a commenté sur BFMTV le préfet de police de Paris.

Article original publié sur BFMTV.com